Valérie Toranian « L’étrangère »

Quatrième de couverture

« Elle tricote. Je sors mon carnet.
— Raconte-moi précisément ce qui s’est passé dans les convois…

— Plus tard… Je rêve de recueillir cette histoire qui est aussi la mienne et elle s’y oppose comme une gamine butée.

— Quand plus tard ?

— Quand tu auras eu ton bébé. »

Aravni garde farouchement le silence sur son passé. Sa petite-fille, Valérie, aimerait pourtant qu’elle lui raconte son histoire, l’Arménie, Alep, Constantinople et Marseille. Dans ce récit qui traverse le siècle, elle écrit le roman de la vie, ou plutôt des vies d’Aravni : de la toute jeune fille fuyant le génocide arménien en 1915 jusqu’à la grand-mère aussi aimante qu’intransigeante qu’elle est devenue, elle donne à son existence percutée par l’Histoire une dimension universelle et rend hommage à cette grand-mère « étrangère » de la plus belle façon qui soit.

Mon avis

Énorme coup de cœur pour ce roman familial, tendre, touchant et émouvant qui est comme une déclaration d’amour de l’auteur à sa grand-mère et à ses origines. Construit remarquablement en alternant l’histoire de sa grand-mère avec l’histoire familiale plus récente, le livre nous raconte le génocide arménien, les difficultés rencontrées après l’émigration en France et le quotidien d’une jeune fille prise entre deux cultures. Un bel hommage à une grand-mère au destin difficile et courageux. Un livre à recommander pour son intérêt historique et humain!

Citations

– Le passé est une cave obscure, peuplée de vermine et de fantômes.

– La lecture ne comble pas ma solitude, elle me bouleverse.

– Le tragique est beau, le malheur est noble.

– Désormais, mon univers sera scindé en deux. Le monde réel, celui des conventions et des faux-semblants. Et le monde des livres, qui recèle la vérité des êtres.

– Toute saga familiale possède ses scènes primitives qui soudent le clan autour d’une destinée commune.

– Lorsqu’on n’a plus rien, on est seulement riche de sa respectabilité et de son honneur. On peut revenir de l’enfer, de la mort, de la faim qu’on trompe en mangeant de l’herbe accroupie comme une bête , on peut revenir de la malaria, du typhus, on ne se remet pas d’être une mauvaise femme.

Note: 5/5

J’ai lu, 2016, 256p.

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