Julia Kerninon « Une activité respectable »

Quatrième de couverture

Elevée par des parents dévoreurs de livres, Julia Kerninon reçut à cinq ans en cadeau une machine à écrire. Lire et écrire furent d’emblée données comme des activités respectables et hautement désirables. Dans une langue vive et imagée, cette jeune femme de trente ans, déjà prix Françoise Sagan pour son premier roman, Buvard, et prix de la Closerie des Lilas pour son deuxième, Le dernier amour d’Attila Kiss, rend un hommage vibrant à la littérature.

Mon avis

Le parcours d’un écrivain en devenir, qui s’est nourrie de livres depuis la plus tendre enfance. Un hommage à la lecture et à sa solitude.

Citations

– dans les livres les phrases étaient éternelles, noires sur blanc, solides, credibles- elles n’étaient pas en l’air, elles ne venaient pas de n’importe qui, elles avaient été polies, ordonnées, réfléchies, par des individus précis, attentifs, elles nous livraient le monde entier, le monde accéléré, perfectionné, lavé de ses scories, sans temps mort, un cours d’eau pur et bondissant, un monde dans lequel nous pouvions nous échapper chaque fois sur le monde réel cessait d’être intéressant…

– Comme des repères, les livres nous mènent à d’autres livres, ils nous font ricocher – nous lisons comme Dante se laissant guider par Virgile dans la forêt sauvage du pêché. Dans les bibliothèques, dans les librairies, les voir tous côte-à-côte, si nets, comme des compartiments dans un colombarium, chacun renferment une voix, une aria, je ne connais rien de mieux. Je reviens toujours là. C’est tout.

– Ma vie je la passe à lire des livres pour remettre les choses en place, pour me déplier, et c’est comme chanter tout bas à ma propre oreille pour me réveiller.

– Mettre des mots sur les choses, encastrer les événements passés dans des phrases…

– Les histoires ne sont pas que des histoires, elles permettent une respiration mais elles ne réparent rien, elles dont ce sinon peut fabriquer avec les petits débris retrouvés après les catastrophes, elles ne sont pas une seconde chance, simplement les louanges du mort chuchotées à l’oreille des survivants, aussi éloquentes qu’elles sont vaines.

– J’écris à cause de Jo March mangeant des pommes et lisant perchée dans un arbre loin de ses sœurs. J’écris des livres parce que c’est une bonne discipline, parce sue j’aime les phrases et que j’aime ordonner les choses sur un document Word, j’aime compter les mots tous les soirs, et j’aime finir ce que je commence. J’écris des livres parce que, les miens ou ceux des autres, ils sont ce qui m’intéresse le plus.

– les livres sont comme des boîtes closes, aux étiquettes terriblement sybillines et excitantes, et je suis quelqu’un de curieux, bien que peut-être exclusivement dans ce domaine, je veux savoir ce qu’ils renferment, je ne sais pas m’arrêter.

Note
4/5

La brune au rouergue, 2017, 60p.

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