Teresa Cremisi « La triomphante »

Quatrième de couverture 

« Longtemps je n’avais pas compris que le fait d’être une femme était comme on dit un handicap ; je ne m’étais nullement attardée sur l’évidence qu’il était difficile d’envisager un destin à la Lawrence d’Arabie en étant de sexe féminin. Je n’avais d’ailleurs eu aucune alerte à ce sujet. Mes parents ayant oublié de m’interdire quoi que ce soit, je n’avais jamais de ma vie entendu dire que je ne pouvais pas entreprendre quelque chose parce que j’étais une fille ». La Triomphante est l’histoire d’une enfant d’Orient rêvant à l’Europe, la cavalcade d’une étrangère dont la seule patrie est la littérature, l’humour, l’ironie. La Triomphante est le portrait d’une aventurière : l’odyssée, réussie ou ratée, ne compte que pour elle-même.

« Un sublime traité de survie » Olivia de Lamberterie

Mon avis

D’Alexandrie à Paris, en passant par Rome et Milan, le parcours d’une femme déracinée, sincère et touchant. Une femme qui regrettera toujours de n’avoir rien  » ajouté ou changé au destin du monde, malgré un parcours remarquable. Le tout baigné de littérature et porté par une très belle écriture. En un mot un livre à lire!

Citations

– … je compris que la poésie pouvait tout dire. L’art avait le devoir de tout se permettre.

– les règles, les codes, les habitudes : … un jeu que l’on pouvait accepter sans humiliation,. Il suffisait d’attendre pour manifester sa pensée… Pour survivre, il était conseillé de ne pas exprimer sa pensée. De se couler dans le moule.

– La langue d’usage influence le corps et les rêves.

– Quand on parle une nouvelle langue, toute la journée, l’existence peut prendre une autre direction et le caractère s’infléchir.

– chaque pas en avant, chaque étape réussie, resserrait l’éventail des possibles. Chaque fois que la cible était touchée, je renonçais a des milliers d’autres choses et m’éloignait de ce que j’avais cru être mon destin.

– … être une femme était comme on dit un handicap…

– … l’amour peut traverser des vies comme une rivière souterraine; les irriguer sans apparaître au jour.

– je sais que l’on ne comprend jamais les amours des autres.

– Certains livres ont été si importants dans mon existence ; je veux dire qu’ils étaient là dans les moments où la vie s’accélérait et prenait un tournant. Ils y ont joué un rôle déterminant. J’ai même cru entendre des voix fraternelles se lever des pages de Stendhal ou Conrad ou Proust et j’ai pris des décisions en tenant compte de ce qu’elles disaient.

– Disons que j’ai confiance dans les textes des auteurs que j’aime. Alors, quand je trouve quelque chose qui me correspond, j’approfondis pendant des années. Je creuse pour mieux comprendre, mieux en saisir le sens et la beauté.

– Les lieux que nous avons connus n’appartiennent pas qu’au monde de l’espace où nous les situons pour plus de facilité. Ils n’étaient qu’une mince tranche au milieu d’impressions contiguës qui formaient notre vied’alors; le souvenir d’une certaine image n’est que le regret d’un certain instant; et les maisons, les routes, les avenues, sont fugitives, hélas , comme les années. Marcel Proust  » Du côté de chez Swann »

– Minuit et demi. L’heure a passé vite, depuis qu’à neuf heures j’ai allumé la lampe, et suis venu m’assoir ici. Je suis resté sans lire, et sans parler. À qui aurais-je pu parler, moi qui vis seul dans cette maison… Minuit et demi. Comme l’heure a passé. Minuit et demi. Comme les années ont passé.  Constantin Cavafis  » Depuis neuf heures »

Note:4,5/5

Prix: Prix Méditerranée 2016

Folio, 2017, 221p.

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