Marc Meganck « Après nous les nuages »

Quatrième de couverture 

Un homme, dont on ne dit pas le nom, entretient un long monologue intérieur en s’adressant à celle qu’il attend. Elle vit à Paris, lui à Bruxelles. Cependant, tout a changé depuis les attentats survenus dans la « ville de toutes les lumières  » et dans « la petite capitale désenchantée ». Le regard qu’il porte sur la ville et sur la vie ressemble étrangement à une désillusion de tous les sens. La vision qu’il a des choses est désormais vécue à travers le prisme déformant des atrocités. Rien ne sera plus comme avant. C’est ce qu’il lui dit avec acuité, ce qu’il ressent au plus profond de lui. Il y aura néanmoins des moments d’espoir à partager dans les gestes lumineux de son quotidien, des instants qui sauvent. L’homme sait, désormais, que la seule chose qui lui manque, c’est elle. Dans ce roman, Marc Meganck évoque implicitement la vie dans les deux capitales et les conséquences apportées par ceux qui ont commis l’irréparable. À travers le personnage sans nom, l’auteur s’adresse à nous tous.  Sans exception, car nous portons en nous les mêmes angoisses et les mêmes interrogations face au monde d’aujourd’hui.

Mon avis 

Gros, gros coup de cœur pour ce texte bouleversant. Entre Paris et Bruxelles liés par un destin commun: celui de l’après-attentats, un homme déambule dans la ville et s’adresse à celle qu’il aime.  Ce roman nous touche par l’émotion qu’il dégage et par sa vision juste, lucide et désenchantée de notre monde actuel.

Extraits

▪️ J’ai pensé à tout ça. Toi dans la ville de toutes les lumières. Moi dans la petite capitale désenchantée. J’ai pensé à toi et moi séparés. Et, juste après, à toi et moi réunis.

▪️J’ai peur qu’on ne soit abonnés à ces mauvaises nouvelles pour une petite éternité

▪️Ils connaissent la chanson de l’existence.

▪️Il faut de la lumière, même quand il pleut, même quand le ciel est incendié.

▪️On s’accommode de tout, on cultive notre jardin, on maintient le cap malgré les coups que la vie nous assène.

▪️Où est l’intelligence? Où est la culture ? Sur les rives, de chaque côté, il y a des herbes folles. Elles pourraient devenir des fleurs. Elles pourraient diffuser un parfum agréable. Mais on les arrose de pesticides. Elles grandissent torturées, elles campent sur leurs positions. Quelle tristesse…

▪️C’est la gloire des prophètes de garder pour eux le sens intime de leurs inepties.

▪️… la vie bascule parfois pour pas grand-chose.

▪️On s’est installé à la terrasse d’une brasserie. On a refait le monde, on a rêvé nos vies. Le temps s’est enfui sur des rails invisibles.

▪️On en lit des choses sur les motivations des uns et des autres. On fabrique des existences avec des petits bouts de papier. On écrit des phrases qui vivent une existence précaire dans l’eau des fleuves. On balise nos itinéraires de souvenirs tendres. On apprécie les tournants déterminants, l’instant où on décide que notre route pourrait être agréable en marchant côte à côte.

On parlait de littérature, de voyage de liberté.

▪️N’est-ce pas comme ça que finissent les contes de fées. Quand tout va bien, quand tout scintille dans tes yeux..

Note: 5/5 💙

180 éditions, 2017, 125p.

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