Un été avec la poésie (34)

À DEUX BEAUX YEUX

Vous avez un regard singulier et charmant;

Comme la lune au fond du lac qui la reflète,

Votre prunelle, où brille une humide paillette,

Au coin de vos doux yeux roule languissamment;

Ils semblent avoir pris ses feux au diamant;

Ils sont de plus belle eau qu’une perle parfaite,

Et vos grands cils émus, de leur aile inquiète,

Ne voilent qu’à demi leur vif rayonnement.

Mille petits amours, à leur miroir de flamme,

Se viennent regarder et s’y trouvent plus beaux,

Et les désirs y vont rallumer leurs flambeaux.

Ils sont si transparents, qu’ils laissent voir votre âme,

Comme une fleur céleste au calice idéal

Que l’on apercevrait à travers un cristal.

THÉOPHILE GAUTIER

(Tarbes 1811 – Neuilly-sur-Seine 1872)

« La comédie de la mort »

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