Dominique Dyens « Cet autre amour »

Quatrième de couverture 

Tu crois que c’est normal d’être amoureuse de son psy ? 
« L’histoire que je m’apprête à raconter est une histoire d’amour. Une vraie, une incroyable histoire d’amour, qui m’a saisie par surprise et à laquelle il m’a été impossible de résister. Pendant deux longues années, peut-être davantage, j’ai mené une double vie. Je parlerais plutôt d’une vie double, c’est-à-dire fragmentée, divisée entre une vie conjugale heureuse, ouverte au regard des autres, et une vie intime, secrète, qui a puisé son inspiration dans les profondeurs de mon inconscient. »

Quel est ce lien d’« amour » unique qui unit un(e) patient(e) à son (sa) psychanalyste ? C’est donc ça, le transfert? Telle est la question que tente de cerner la narratrice de Cet autre amour lorsque, amenée à entreprendre une thérapie à la suite d’un choc émotionnel violent, elle tombe amoureuse de son analyste. Ce récit à la fois pudique et cru d’un amour hors du commun rend un vibrant hommage à la fascinante aventure affective et intellectuelle qu’est la psychanalyse.

Mon avis 

Après un choc émotionnel, la narratrice entame une psychanalyse et cette expérience bouleversera sa vie. Un amour « hors du commun » naît, elle tombe amoureuse de son psychanalyste… Ce livre intime, est profond et passionnant. Il aborde non seulement le sujet de l' »amour » d’une patiente pour son psychanalyste, mais également le désir d’un écrivain d’écrire quelque chose de plus autobiographique et les questionnements qui en découlent. Un livre à lire !!!

Extraits 

– J’inventais des décors pour des romans que je n’écrirais jamais.

– À force d’inventer des vies, je ne suis plus capable de penser la mienne. Je peux m’immiscer dans la tête de mes personnages, les faire parler, pleurer, rire, mais des qu’il s’agit de moi, j’éprouve une sensation de vide.

– C’est une carte que j’insère dans ce jeu de patience qu’est la découverte de moi. Je ne suis pas certaine encore qu’elle soit à sa juste place, mais émettre cette possibilité, c’est combler un vide et prendre de l’assurance. 

– L’écriture me sert d’exutoire et m’aide à classer et clarifier mes pensées.

– Commencer un nouveau roman à toujours été une épreuve pour moi. C’est un peu comme si j’avais à sauter du haut d’une falaise. Le vide dois mes pieds, la distance qu’il me reste avant d’atteindre le sol, la frayeur de ne pas m’en sortir vivante, tout cela est proprement vertigineux et me paralyse pendant une longue période.

– À ce moment-là, j’ai encore la naïveté de croire qu’il est possible de mener deux vies distinctes, une vie personnelle et une vie d’écrivain, et que jamais l’une n’interférera sur l’autre si tel n’est pas mon désir.

– … ces centaines de petits riens qui signifient tant puisqu’ils composent mon univers.

– Au fond, un romancier « ruse » quand il écrit une histoire.

– J’admets que ma personnalité transparaît dans mes livres, je concède m’inspirer de certains lieux, mais sur le reste, je persiste et signe: mes personnages ? Mes scénarios, ne sont que pur produit de mon imaginaire, je n’y ai transposé aucun élément de ma vie.

– … certains écrivent leurs vies. Moi je raconte des histoires. 

– On ne sait jamais n’est-ce-pas, comment et pourquoi les idées naissent dans notre esprit!

– Quelle forme dans ce cas pourrait prendre ce livre que je ne veux pas écrire, si toutefois je devais l’écrire?

– En réalité, toutes les questions que je me pose sont autant de résistance que je place et déplace comme des pions sur l’échiquier de mon désir, composant ainsi une stratégie tantôt de repli tantôt d’assaut… Y penser est bien évidemment déjà le signe qu’une ligne de départ est en train de se mettre en place et qu’un autre livrées t’en marché et se construit. 

– Que serait la vie si notre champ d’émotions était un puzzle sans aspérités, dont jamais aucune pièce ne se désemboîterait, rompant ainsi l’harmonie de l’ensemble ? On s’y ennuierait beaucoup. Il suffit, et on l’a tous éprouvé, qu’une émotion ne soit pas rangée à sa place, qu’une tranche de vie doit délogée de son tiroir, qu’un sentiment ait été transféré à une place qui n’aurait pas dû être la sienne, qu’une pulsion, un fantasme, un désir surgissent, bref qu’un désordre émotionnel fasse irruption pour que notre équilibre affectif soit fragilisé, voire bouleversé, mais que ce faisant, cependant, nous nous sentions incroyablement vivants.

Note: 4,5/5 💙
Robert Laffont, 2017, 231p.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s