Un été avec la poésie (36)

Mignonne, allons voir si la rose 

Qui ce matin avoit desclose 

Sa robe de pourpre au Soleil, 

A point perdu ceste vesprée 

Les plis de sa robe pourprée, 

Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d’espace, 

Mignonne, elle a dessus la place 

Las ! las ses beautez laissé cheoir ! 

Ô vrayment marastre Nature, 

Puis qu’une telle fleur ne dure 

Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne, 

Tandis que vostre âge fleuronne 

En sa plus verte nouveauté, 

Cueillez, cueillez vostre jeunesse : 

Comme à ceste fleur la vieillesse 

Fera ternir vostre beauté.

PIERRE DE RONSARD

(1524 – 1585)

« Les Odes »

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