Un été avec la poésie (47)

Lassitude



Je dormirai ce soir d’un large et doux sommeil…

Fermez bien les rideaux, tenez les portes closes.

Surtout, ne laissez pas pénétrer le soleil.

Mettez autour de moi le soir trempé de roses.

.

Posez, sur la blancheur d’un oreiller profond,

De ces fleurs sans éclat et dont l’odeur obsède.

Posez-les dans mes mains, sur mon cœur, sur mon front,

Les fleurs pâles au souffle amoureusement tiède.

.

Et je dirai très bas : « Rien de moi n’est resté…

Mon âme enfin repose… ayez donc pitié d’elle.

Qu’elle puisse dormir toute une éternité. »

Je dormirai, ce soir, de la mort la plus belle.

.

Que s’effeuillent les fleurs, tubéreuses et lys,

Et que meure et s’éteigne, au seuil des portes closes,

L’écho triste et lointain des sanglots de jadis.

Ah ! le soir infini ! le soir trempé de roses !

RENÉE VIVIEN

« Cendres et Poussières » (1902)

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