Un automne avec Madame de Sévigné (17)

Enfin, ma fille, me voilà prête à monter dans ma caléche ; voilà qui est fait, je vous dis adieu : jamais je ne vous dirai cette parole sans une douleur sensible. Ce départ me fait souvenir du vôtre. C’est une pensée que je ne soutiens point toute entière que l’air de la veille et du jour que je vous quittai. Ce que je souffrais est une chose à part dans ma vie, qui ne reçoit nulle comparaison. Ce qui s’appelle déchirer, couper, déplacer, arracher le cœur d’une pauvre créature, c’est ce qu’on me fit ce jour-là; je vous le dis sans exagération. Je n’ose penser que légèrement à cet endroit et à toutes ces suites; je n’ai pas la force de l’approfondir. Mais revenons. Madame de Sévigné « Lettre à Madame de Grignan » du 17-18 mai 1671 (Pléiade, lettre 167, p.255)

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