Un automne avec Madame de Sévigné (18)

Enfin, ma fille, me voici dans ces pauvres Rochers. Quel moyen de revoir ces allées, ces devises, ce petit cabinet, ces livres, cette chambre, sans mourir de tristesse? Il y a des souvenirs agréables, mais il y en a de si vifs et de si tendres, qu’on a peine à les supporter; ceux que j’ai de vous sont de ce nombre. Ne comprenez- vous point bien l’effet que cela peut faire dans un cœur comme le mien? …

… c’est une chose étrange que les grands voyages: si l’on était toujours dans le sentiment qu’on a quand on arrive, on ne sortirait jamais du lieu où l’on est; mais la Providence fait qu’on oublie; c’est la même qui sert aux femmes qui sont accouchées: Dieu permet cet oubli, afin que le monde ne finisse pas, et que l’on fasse des voyages en Provence. 

Madame de Sévigné « Lettre à Madame de Grignan » du 31 mai 1671 (Pléiade, lettre 170, p.261-262)

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