Claudia Piñeiro «Une chance minuscule»

Quatrième de couverture 

Marilé Lauría, trentenaire blonde aux yeux clairs, vit dans une banlieue huppée de Buenos Aires. Elle a épousé un chirurgien, habite une résidence cossue au perron garni de rosiers, et fréquente les parents qui, comme elle, confient leur progéniture au sélect collège privé de la ville. Jusqu’au drame qui rebat les cartes de cette existence morne et futile et fait basculer sa vie. La voilà condamnée à fuir comme une voleuse afin de délivrer de sa présence l’être qu’elle aime plus que tout au monde. Quelque vingt ans plus tard, Mary Lohan, une quinquagénaire rousse aux yeux de jais qui réside à Boston, prend l’avion pour l’Argentine, où l’appelle une mission professionnelle. Au terme du voyage : une petite ville qu’elle ne connaît que trop bien, le souvenir cuisant d’une faute jugée impardonnable qui l’a poussée à tout abandonner et un homme qu’elle craint par-dessus tout de rencontrer. Probablement aussi la chance majuscule de pouvoir enfin “réparer” la femme rompue. Cette poignante comédie dramatique explore les liens du sang, la culpabilité et les épouvantables ou merveilleuses facéties du hasard.

Mon avis 

Il y a bien longtemps que je n’avais pas pleuré à la lecture d’un roman. Et ce fut le cas pour celui, j’ai terminé la lecture en larmes. 

Ce récit du destin d’une femme dont la vie va être bouleversée par un événement tragique est poignant!

Un roman triste, douloureux, une histoire qui se dévoile peu à peu ! Une très belle écriture! Un coup de cœur!

Extraits

– … on devrait écrire dans la langue dans laquelle on pense, dans laquelle on rêve. Dans laquelle on crée des silences. 

– Pourtant, beaucoup de mots sont nécessaires pour narrer quelques minutes, quelques secondes, quelques instants, des laps de temps presque imperceptibles. – De la même façon qu’inversement, des années peuvent être nécessaires pour effacer ce qui a mis un instant à arriver et tous les mots qu’il a fallu pour le raconter. Il arrive même parfois qu’on ne parvienne jamais à les effacer. Un instant qui nous accompagne à chaque moment de notre vie, un moment revécu à travers les mots mille et mille fois, comme une impitoyable sentence. Le temps condensé et le récit de ce temps qui le rallonge pour le rendre compréhensible. 

– Je pense aux instants que l’on raconte en trop de mots et à ceux qui durent toutes la vie, sans qu’importe le nombre de mots nécessaires à les raconter. 

– J’écris – ou j’écrirai, quand je serai prête – pour un lecteur anonyme, pour n’importe quel lecteur. D’ailleurs, un écrivain sait-il pour qui il écrit?

Le temps nous apprend qu’il existe plusieurs définitions de l’amour. 

– Quand on vide une maison, qu’il s’agisse de la nôtre ou de celle de quelqu’un d’autre, on a de fortes chances de réveiller de vrais fantômes, de découvrir des secrets qui n’étaient pas si bien gardés, d’être bouleversé par une révélation, ébranlé par un objet qui prend soudain une signification différente. 

– C’est l’apanage des grands personnages de la littérature, nous trouvons toujours un trait, une facette, un geste qui nous invite à nous reconnaître en eux. Ou du moins, à nous mettre à leur place. 

– C’est dans le décodage du discours de l’autre que nous commettons les pires erreurs, lorsque nous comblons les vides en cherchant à interpréter ce qu’a voulu dire celui qui en fait n’a rien dit du tout.

– C’est peut-être cela, le bonheur, un instant où l’on est là, tout simplement, un moment quelconque où les mots sont de trop car il en faudrait trop pour le raconter. Oser le saisir dans toute sa plénitude sans permettre que ces mots, dans leur intention de le narrer, lui fassent perdre son intensité. 

– Le bonheur, une image à contempler en silence. Et une rencontre. 

Note : 5/5 💙

Titre original : «Une suerte pequeña»

Actes Sud, 2017, 263p.

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