Un automne avec Madame de Sévigné (33)

Quel jour, ma fille, que celui qui ouvre l’absence ! comment vous a-t-il paru? Pour moi, je l’ai senti avec toute l’amertume et toute la douleur que j’avais imaginées, et que j’avais appréhendées depuis si longtemps. Quel moment que celui ou nous nous séparâmes ! quel adieu et quelle tristesse d’aller chacune de son côté, quand on se trouve si bien ensemble! Je ne veux point vous en parler davantage, ni célébrer, comme vous dites, toutes les pensées qui me pressent le cœur: je veux me représenter votre courage, et tout ce que vous m’avez dit sur ce sujet, qui fait que je vous admire. Il me parut pourtant que vous étiez un peu touchée en m’embrassant. Madame de Sévigné « Lettre à Madame de Grignan » du 27 mai 1675 (Pléiade, tome 1, lettre 386, p.716)

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