Un automne avec Madame de Sévigné (40)

Quelque goût que vous ayez pour mes lettres, elles ne peuvent jamais vous être ce que les vôtres me sont.  et puisque Dieu veut qu’elles soient présentement ma seule consolation, je suis heureuse d’y être très sensible. Mais en vérité, ma très chère, il est douloureux d’en recevoir si longtemps, et cependant la vie se passe sans voir et sans jouir d’une présence qui m’est si chère. Je ne puis m’accoutumer à cette dureté. Toutes mes pensées et toutes mes rêveries en sont noircies; il me faudrait un courage que je n’ai pas pour m’accoutumer à cette extraordinaire destinée. J’ai regret à tous mes jours qui s’en vont, et qui m’entraînent sans que j’aie le temps d’être avec vous. Madame de Sévigné «Lettre à Madame de Grignan» du 13 novembre 1675 (Pléiade, tome 2, lettre 448, p.157)

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