Sophie Lemp «Leur séparation»

Quatrième de couverture

« Ce samedi matin de janvier, ma mère m’attend à la sortie de l’école. Comme les autres jours, nous remon- tons la rue des Boulangers mais, au lieu de nous arrêter au carrefour, nous prenons à gauche dans la rue Monge. Je me retourne et aperçois un camion de déménagement garé en bas de notre immeuble. Ma mère serre ma main dans la sienne. Je n’ai pas envie de parler, je pense au camion, aux cartons, au salon qui demain sera à moitié vide. Je pense à mon père. Désormais, j’irai chez lui tous les mercredis soir et un week-end sur deux. Ma mère s’est organisée pour que je passe l’après-midi et la nuit chez une amie. Avant de partir, elle me dit Profite bien de ta journée, amuse-toi, essaye de penser à autre chose. Je hoche la tête mais je sais que jamais plus je ne penserai à autre chose. »

Sophie Lemp fête ses dix ans quand ses parents divorcent. Trente ans plus tard, c’est avec le regard d’une petite fille devenue adulte qu’elle revit cette séparation. Pourquoi cette blessure, commune à tant d’enfants, est-elle si difficile à cicatriser ?

Mon avis

La séparation de ses parents à été la première douleur de sa vie. Elle la raconte avec pudeur, à travers les choses simples du quotidien. Elle parle de cette enfant à l’affût du moindre petit lien qui pourrait rester entre eux, malgré la séparation puis le divorce; elle appréhende l’altération du lien qui exista. Et rêve d’un retour au temps à trois, mais idéalise-t-elle ce temps d’avant. Un joli texte tout en nuance, une écriture tout en douceur.

Extraits

– Un adulte malheureux peut recommencer sa vie ailleurs. Un enfant malheureux ne peut pas avoir cette pensée. Il se sent malheureux mais il ne peut même pas mettre un nom sur son malheur.

– J’aime qu’ils aient lu le même livre, qu’ils envisagent le même voyage, qu’ils aient la même réaction face à un événement, qu’ils utilisent la même expression.

– Depuis que j’ai commencé ce livre, tout devient matière à écrire.

– Écrire fait revenir les souvenirs (ou me rend plus attentive. À la faveur d’une conversation ou d’un événement, je me souviens.

Note: 4/5

Allary Editions, 2017, 106p.

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