Gaëlle Josse « Une longue impatience »

Quatrième de couverture

Ce soir-là, Louis, seize ans, n’est pas rentré à la maison. Anne, sa mère, dans ce village de Bretagne, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, voit sa vie dévorée par l’attente, par l’absence qui questionne la vie du couple et redessine celle de toute la famille.

Chaque jour, aux bords de la folie, aux limites de la douleur, Anne attend le bateau qui lui ramènera son fils. Pour survivre, elle lui écrit la fête insensée qu’elle offrira pour son retour. Telle une tragédie implacable, l’histoire se resserre sur un amour maternel infini.

Avec « Une longue impatience  » , Gaëlle Josse signe un roman d’une grande retenue et d’une humanité rare, et un bouleversant portrait de femme, secrète, généreuse et fière. Anne incarne toutes les mères qui tiennent debout contre vents et marées.

« C’est une nuit interminable. En mer le vent s’est levé, il secoue les volets jusqu’ici, il mugit sous les portes, on croirait entendre une voix humaine, une longue plainte, et je m’efforce de ne pas penser aux vieilles légendes de mer de mon enfance, qui me font encore frémir. Je suis seule, au milieu de la nuit, au milieu du vent. Je devine que désormais, ce sera chaque jour tempête.

Mon avis

Une femme et l’attente. Une attente qui ressemble à celle de Pénélope attendant Ulysse, mais elle, elle attend son fils parti. Une attente quotidienne, lancinante, qui empêche de vivre, qui détruit. Un livre triste et touchant. Une jolie écriture!

Extraits

• C’est le temps des mots secrets, ceux qui permettent de dénouer la journée, de la reposer dans ses plis avant de la laisser s’enfuir, se dissoudre… p.15

• … les livres… c’est le bonheur retrouvé, auquel je ne m’attendais pas. p.28

• Chaque jour est comme une pierre jetée d’une falaise, qui tombe avec un bruit mat et s’immobilise dans l’oubli. p.32

• Il faut du temps pour se déchiffrer à ses propres yeux. p. 23

• … je me fabrique toute une collection de bonheurs dans lesquels puiser pour le consoler. Je m’invente des ancres pour rester amarrée à la vie, pour ne pas être emportée par le vent mauvais, je m’invente des poids pour me tenir au sol et ne pas m’envoler, pour ne pas fondre, me dissoudre, me perdre. p.118

• Aimer c’est aussi aider l’autre à porter le poids qui l’empêche de vivre.p.164

Note: 4/5

Éditions Noir sur Blanc, Notabilia, 2018, 191p.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s