Marc Pautrel « La vie princière »

Quatrième de couverture

«Puisque le Domaine est une propriété privée et qu’il ne passe ici qu’un ou deux véhicules par jour, nous marchons en plein milieu de la chaussée, la route nous appartient, on dirait qu’elle a été tracée pour nous seuls au milieu des vallons, percée à flanc de coteau puis parfaitement aplanie, égalisée et goudronnée uniquement pour que toi et moi puissions y marcher tous les deux côte à côte le plus confortablement possible, et parler, parler sans cesse, expliquer, imaginer, se souvenir, inventer, interroger, démontrer, raconter, échanger nos idées, nos mots, nos vies.»

Mon avis

Un petit bijou!!

Un français, une italienne, un endroit magnifique et une lettre. Celle qu’il lui écrit quand elle part. Il reparcourt leur rencontre et lui fait une splendide déclaration.

J’ai adoré le texte et j’ai adoré l’écriture! Un texte tendre et sensible sur la naissance du sentiment amoureux. Une longue lettre comme on aimerait en recevoir!

Extraits

– … et parler, parler sans cesse, expliquer, imaginer, se souvenir, inventer, interroger, démontrer, raconter, échanger nos idées, nos mots, nos vies. p.30

– … Je me dis qu’il n’y a jamais de hasard, que les choses se tressent les unes aux autres pour former une troublante guirlande, certains atomes du monde se chargeant de passer le relais à d’autres pour que la continuité de mon corps ne soit jamais rompue, et mon corps ce sont aussi ces mots que j’écris. p.32

– … nous échangeons nos souvenirs, nous avons tellement de choses à nous dire, je me rappelle, je ne me rappelle même pas tout ce dont nous parlons, nous nous disons des millions de choses, nous nous disons tout sur tout, l’Italie, la France, la littérature, la musique, les animaux… p.33

– Pour que mes paroles m’importent, finalement il faut sans doute qu’elles deviennent des écrits, et qu’ainsi je puisse les relire et les voir, les tenir à distance. Tout le reste, tout ce que je dis, comme tout ce que je pense, je l’oublie si je ne l’écris pas. p. 36

– … maïs qu’est-ce que la lecture et la littérature en comparaison de ta présence vivante? p.44

– Je ne connais rien de plus douloureux que se retrouver obligé de vivre à côté d’une vérité insupportable, sans pouvoir ni s’en éloigner ni rien faire pour la modifier. p.56

– Se quitter pour se retrouver, encore, encore et encore, c’est sans doute une des multiples formes que peut prendre le paradis ici-bas. p.60

Note: 5/5 💙💙💙

Gallimard, L’Infini, 2018, 78p.

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