Un jour, une citation: Paul Auster

🇫🇷 Quand il parvint à s’en remettre, il ne subsistait plus chez Ferguson le moindre doute quant à son avenir. Si un livre pouvait être cela, si c’était cela, l’effet qu’un roman pouvait provoquer dans le coeur, l’esprit et la vision la plus intime que l’on pouvait avoir du monde, alors, écrire des romans était certainement la meilleure chose que l’on puisse faire dans la vie. Dostoievski lui avait montré que les histoires imaginaires pouvaient aller bien au-delà du plaisir et du divertissement, qu’elles pouvaient vous retourner complètement, vous arracher le sommet du crâne, vous ébouillanter, vous frigorifier, vous déshabiller et vous jeter dehors nu, en proie aux vents violents de l’univers. A compter de ce jour, après s’être débattu dans tous les sens pendant son enfance, perdu dans les miasmes les plus épais de la perplexité, Ferguson enfin savait où il allait, ou du moins, savait où il voulait aller et pas une seule fois au cours des années suivantes, il ne revint sur sa décision. Pas même pendant les années les plus dures quand il avait l’impression d’être au bord du précipice. Paul Auster « 4321 » (Actes Sud)

🇮🇹 e quando riuscí a riprendersi Ferguson non ebbe più dubbi sul futuro, se un libro poteva essere questo, se un romanzo poteva fare questo al tuo cuore, alla tua mente e ai tuoi sentimenti più profondi sul mondo, allora scrivere romanzi era senz’altro la cosa migliore che potevi fare nella vita, perché Dostoevskij gli aveva insegnato che le storie inventate potevano andare ben oltre il semplice divertimento e lo svago, potevano rivoltarti come un calzino e soperchiarti il cervello, potevano scottarti e gelarti e metterti completamente a nudo e scaraventarti tra i venti furiosi dell’universo e da quel giorno in poi, dopo aver annaspato per tutta l’infanzia, perso nei miasmi sempre piú fitti dello smarrimento, finalmente Ferguson capí dove stava andando, e negli anni successivi non tornò mai sulla sua decisione, nemmeno in quelli piú duri, quando gli sembrò quasi di cadere dai confini della terra.. Paul Auster, “4321” (Einaudi)

(Photo: Abbey Bookshop, 29, rue de la Parcheminerie, 75005 Paris)

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