Odile d’Oultremont « Les déraisons »

Quatrième de couverture

La vie d’Adrien et de Louise est un chaos enchanteur. Méritant et réservé, il travaille pour assurer leur quotidien. Ouvrière qualifiée de l’imaginaire, elle désaxe la réalité pour illuminer leur ordinaire. Leur équilibre amoureux est bouleversé le jour où l’agenda stratégique de l’employeur d’Adrien coïncide avec la découverte de tumeurs dans les poumons de sa femme. Pendant que les médecins mettent en place un protocole que Louise s’amuse à triturer dans tous les sens, l’employé modèle est exilé par un plan social aux confins d’un couloir. Sidéré, Adrien choisit pour la première fois de désobéir: il déserte son bureau vide pour se dévouer tout entier à Louise, qui, jour après jour, perd de l’altitude. Mais peut-on vraiment larguer les amarres et disparaître ainsi sans prévenir? Et les frasques les plus poétiques peuvent-elles tromper la mélancolie, la maladie et finalement la mort?

Mon avis

Une histoire d’amour magnifique, un couple hors du commun. Et la déraison, qui aide à affronter la douleur envers et contre tout, quoiqu’il en coûte. Un livre poétique et bouleversant qui nous fait passer du sourire aux larmes! Un bonheur de lecture dévoré en quelques heures!! Une écriture originale et riche.

Extraits

– Peut-être l’a-t-elle aimé pour une raison qui se trouve n’en être aucune. Juste parce que l’aimer, c’était pile l’endroit où se trouver, le point entouré sur la carte de Louise, le millimètre carré où s’enfonce la fléchette lancée sur la cible. Ou peut-être l’a-t-elle aimé instinctivement. Sans hiérarchie de pourquoi ou de parce que… p.13

– … permettant à Louise de se multiplier… de créer, d’interpréter, d’élaborer, de rêver, d’imaginer, de peindre, de fonder, de rire, de fabriquer, de concevoir, d’innover, d’écrire, de dessiner, de susciter, de bâtir, de jouer. De devenir Louise. p.49-50

– … l’amour est la langue secrète d’une minuscule communauté où l’on réside seul la plupart du temps. p.79

– Ses fantasqueries, ses bizarrettes, son imaginatie, son inventivitelle, ses pensettes créatiques, sa follesse, sa légèretère. Encouragées, entretenues, quoi qu’il lui en coûte, elles demeureraient, survivantes. p.154

– L’amour est à vivre… Le reste, c’est du reportage. p.207

– Mais la loi ne connaît pas l’amour, ni la complexité de ses méandres, les filaments de son silence, ses vallées perdues, les accélérations soudaines de son tempo, sa fébrilité, ses parages miraculeux, ses salves électriques, le sang qui monte et vient bâtonner les tempes, l’éclosion du sentiment jusqu’à la surface d’un être vivant et toute son existence à suivre. p.212

Note: 5/5 💙💙

Editions de l’Observatoire, 2018, 220p.

« Rien n’est sérieux en ce bas monde que le rire » Flaubert

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