François Bott «Un hiver au Vésinet »

Quatrième de couverture

Au Vésinet, dans les jardins où elle déjeune chaque jour en solitaire, une jeune bibliothécaire fait la rencontre d’un vieil homme. Après sa mort, elle apprend dans le journal qu’il s’appelait Émile-Auguste Chartier, dit Alain.

À Argenteuil, un professeur de français instaure des parties de poker en classe pour mieux parler de Rimbaud.

À Bois-Colombes, une postière s’écrit des lettres à elle-même et se raconte son propre chagrin d’amour.

Dans chacun de ces dix-huit récits, François Bott redonne un peu de couleur au gris de l’hiver, des années, de la mélancolie francilienne.

Mon avis

Des nouvelles douces amères empreintes de nostalgie, de mélancolie, d’émotions, perdues dans la grisaille des années, les hivers du cœur et les étés de la vie. Des désemparés de la vie, des éplorés de la vie, des âmes qui doivent se raccommoder et des solitaires… Les ravissements du cœur, les incertitudes de la passion, les émeutes de sentiments et la fragilité du bonheur. Le roman des vies ordinaires, en somme. Un livre d’une poésie fulgurante. Une petite merveille!

Extraits

▪️Il disait aussi que le vrai bonheur, c’était une façon d’être heureux sans raison particulière de l’être…

▪️Tous les sourires sont-ils des mystères, notamment les sourires tristes?

▪️Le génie restera le mystère des mystères, comme la beauté des choses…

▪️Notre vie nous la passons, peut-être, à effacer nos anciennes vies.

▪️Vous ignoriez que les séparations finissent par rendre inutile la mémoire.

▪️les ravissements de l’amour naissent du désarroi qu’il entraîne et des tourments qu’il procure.

▪️les incertitudes sont nécessaires à la passion. Qu’elles la raniment. Qu’elles entretiennent. Et qu’elles ravivent assez le bonheur pour qu’il devienne douloureux.

▪️Vous devinez que les sentiments sont des voyageurs qui partent en secret et reviennent méconnaissables.

▪️C’est drôle, c’est impoli, les souvenirs. Même lorsqu’ils sont fâcheux, ils se présentent sans avoir été annoncés. Ils n’ont aucune prévenance.

▪️C’est le propre de la littérature épistolaire ; elle permet tous les désordres.

▪️Vous pensiez que le Temps est une statuette difforme qui ricane dans son coin, tandis que se perdent les jeunesses.

▪️Vivre c’est une aventure, une chance. C’est être invité parmi les étoiles et les galaxies , c’est rêver sur les bords de mer et sur les quais de la Gare Saint-Lazare. C’est magique, c’est pathétique, c’est surréaliste. C’est marcher sur les nuages, c’est avoir des coups de cœur, des coups de blues et des coups de foudre, c’est se désespérer et s’émerveiller. C’est aimer autant la pâleur des matins d’hiver que les ciels roses des longues soirées d’été, c’est se consoler des hivers du coeur avec les étés de la vie. C’est jouer du saxophone à 6 heures du matin, place de la Concorde. C’est poser des lapins à la mort…

▪️L’histoire de la vie est celle de son dépeuplement.

▪️… trop consciente de la fragilité des choses. Elle avait décidé de fuir le bonheur, pour ne pas le perdre.

▪️La passion était une émeute de sentiments. Et les émeutes étaient des façons d’émouvoir les jours, d’émouvoir l’existence.

▪️Toutes les vies sont romanesques mais elles ne le savent pas.

▪️Les débuts de l’amour sont presque toujours mythologiques. Chacun raconte à sa façon, les invente, les réinvente à son gré, selon son humeur.

▪️Car les âmes qui doivent se raccommoder avec la vie se reconnaissent entre elles.

▪️Le bonheur est sans doute une sorte de lumière.

▪️… Pour observer l’espèce humaine et le manège, le va-et-vient des sentiments, les jeux de l’amour et du désamour, les bonjour du bout des lèvres, les au revoir déjà nostalgiques, les baisers volés, les vaines attentes, les retrouvailles inespérées, le ballet des déceptions, des regrets et des consolations, les caprices de Marianne, les demoiselles qui disparaissent avec des impatiences, des brusqueries d’étoiles filantes, plantant là leurs fiancés, qui n’y comprennent rien. Le roman de l’existence ordinaire, les hivers du cœur et les étés de la vie.

▪️… La douceur émouvante de Paris…

▪️Pour mieux relater l’histoire intime des gens, approcher davantage le secret et la vérité de leur existence, il faudrait faire l’histoire de leurs larmes, de leurs silences, de leurs sourires….

▪️Le vie n’était qu’un théâtre d’ombres…

▪️… Elle s’interroge sur ces raccourcis du destin, quand celui-ci se concentre? Et se joue, s’accomplit en quelques heures, quelques minutes…

▪️Elle avait été désarmée par ses sourires, des larmes, des aveux, des regards – La profondeur ou l’immensité de certains regards. Elle avait été émue par la beauté mélancolique de ces soirées de septembre, qui tardent à faire leurs adieux, sur les bords de mer.

▪️La bibliothèque était cette architecture des passions, des sentiments, des états d’âme… Le silence, la quiétude, les murmures, les confidences de ses livres (tous les mystères du monde) préservaient Sacha des rumeurs, des fureurs et des violences de l’époque. C’étaient ses anges gardiens. Le vieil homme appelait sa bibliothèque « la chambre des secrets »

▪️Écrire, c’est découvrir et faire ressentir la beauté de la pluie, la beauté de l’ennui, la beauté des choses…

Note: 5/5 💙💙

Editions de la Table Ronde, 218, 166p.

« Toutes les vies sont romanesques mais elles ne le savent pas. »

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