Jens-Christian Grøndahl « Quelle n’est pas ma joie »

Quatrième de couverture

«Voilà, ton mari est mort lui aussi, Anna. Ton mari, notre mari. J’aurais aimé qu’il repose à côté de toi.»

Ellinor a soixante-dix ans. Elle vient de perdre Georg, son mari, et elle a rapidement décidé de vendre leur maison, dans la banlieue chic de Copenhague, afin de retourner vivre à Vesterbro, le quartier populaire de son enfance. Et Ellinor va se raconter. Elle s’adresse à Anna, sa meilleure amie, qui était la première femme de Georg. Et la maîtresse de Henning, son mari à elle. Anna et Henning ont été emportés par une avalanche dans les Dolomites, pendant des vacances que les deux couples passaient ensemble, au cours des années soixante.

Ce roman d’une vie vécue longuement à la place d’une autre mêle les surprises, la rancœur, l’agressivité et la jalousie. Et les regrets : «Nous, qui ne sommes plus aimés, nous devons choisir entre la vengeance et la compréhension», écrit ainsi Ellinor. Ce livre est une apostrophe, à la fois exercice de deuil, de mémoire et de réflexion, où le «tu» donne une immédiateté nouvelle à la palette du grand écrivain qu’est Jens Christian Grøndahl

Mon avis

Une femme écrit à son amie morte…. Elle se raconte. Sa vie, ses secrets, la honte de ses origines, sa solitude… Un beau livre sur le deuil, l’absence, le manque, la mémoire, les relations compliquées entre les êtres, les choses que l’on cachent celles qui nous sont cachées. J’aime beaucoup cet auteur, depuis que je l’ai découvert dans « Quatre jours en mars » et ce dernier texte est une petite pépite!!

Extraits

▪️On a l’habitude que la réalité ne renvoie que ce que l’on pense et ressent.

▪️Ta vie, toute ta vie, se réduit à une poignée de faits quand elle prend fin.

▪️Comment peut-on connaître quelque chose aussi bien sans avoir les mots pour le décrire?

▪️À quel moment le souvenir d’un sentiment cesse-t-il d’être le sentiment lui-même?

▪️Ses paroles me faisaient penser à ces fleurs japonaises, pliées comme un coquillage, et qui s’ouvrent lorsqu’elles sont plongées dans un verre d’eau.

▪️Il nous faut choisir la douleur qui nous convient.

▪️L’amour ne sait pas , pas vrai? Il ne connaît que le présent, tant que ça dure.

▪️Les mots s’adressent toujours à quelqu’un. Sinon ils restent dans le dictionnaire à attendre qu’il cesse de pleuvoir. On a le droit de s’en saisir à condition de les retransmettre tout de suite. On ne peut les garder pour soi, sinon, là, ils sont insignifiants.

▪️Les faits et les moments décisifs d’une vie sont tellement mystérieux une fois que cette vie est passée.

▪️On vieillit, la ville change, mais ce sont les mêmes yeux, et les mêmes rues.

▪️Nous pardonnons à nos parents qu’ils nous oublient à condition qu’ils s’aiment.

Note: 5/5 💙💙

Gallimard, 2018, 160p.

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