Paul Auster «La nuit de l’oracle»

Quatrième de couverture

Après un long séjour à l’hôpital, l’écrivain Sidney Orr est de retour chez lui. Toujours aussi amoureux de sa femme Grace, il reprend lentement goût à la vie. Mais il est accablé par l’ampleur de ses dettes et par l’angoisse de ne plus jamais retrouver l’inspiration.

Un matin, alors qu’il fait quelques pas dans son immeuble, il découvre une toute nouvelle papeterie, au charme irrésistible. Sidney entre, attiré par un étrange carnet bleu.

Le soir même, presque dans un état second, Sidney commence à écrire dans le carnet une captivante histoire qui dépasse vite ses espérances. Sans qu’il devine où elle va le conduire. Ni que le réel lui réserve les plus dangereuses surprises…

Virtuosité, puissance narrative, défi réciproque de l’improvisation et de la maîtrise, La Nuit de l’oracle précipite le lecteur au cœur des obsessions austériennes, dans un face à face entre fiction et destin. Comme si l’imaginaire d’était rien d’autre que le déroulement du temps avant le mort. Ou pire encore, son origine.

Mon avis

Un carnet bleu fabriqué au Portugal déniché dans une papeterie lors d’une promenade. Et un écrivain recommence à écrire. Les mots jaillissent comme sous la dictée et les événements s’enchaînent dans sa vie et dans son livre… La littérature et la vie se confondent et s’entremêlent. Il y a le livre et le livre dans le livre et même le livre dans le livre qu’il écrit. C’est puissant, dense et envoûtant. Un roman sur l’écriture, l’inspiration, la fiction et la réalité. Et une écriture d’une finesse et d’une précision hors du commun.Un coup de cœur et certainement un des meilleurs Paul Auster!

Extraits

▪️Tout n’est pas bon à dire…

▪️Le monde est régi par le hasard. Des événements fortuits nous guette chaque jour de nos vies.

▪️on tombe amoureux de ce que nous sommes…

▪️dès l’instant où nous passons au-delà d’un catalogue de qualités et d’apparences superficielles, les mots commencent à nous manquer, s’émietter en confusions et en métaphores brumeuses dépourvues de substance

▪️ »l’âme » est toujours communiquée à l’autre au moyen des yeux.

▪️Le mystère du désir commence lorsqu’on plonge les yeux dans les yeux de la personne aimée, car c’est là seulement que l’on peut entrevoir qui elle est.

▪️… il aperçoit un lien entre lui et le sujet du roman, comme si, d’une façon oblique et extrêmement métaphorique, le livre lui parlait, à lui, sur un ton d’intimité, de sa propre situation actuelle.

▪️… il lui est possible, lorsqu’il se perd dans les pages du roman, d’oublier qui il était.

▪️Les mots jaillissaient de moi comme si j’écrivais sous dictée, notant les phrases prononcées par une voix qui parlait dans la langue cristalline des rêves, des cauchemars et des pensées librement associées. p.110

▪️Les pensées sont réels. Les mots sont réels. Tout ce qui est humain est réel et parfois nous savons certaines choses avant qu’elles ne se produisent, même si nous n’en avons pas conscience. Nous vivons dans le présent, mais l’avenir est en nous à tout moment. Peut-être est-ce pour cela qu’on écrit… Pas pour rapporter des événements du passé, mais pour en provoquer dans l’avenir.

▪️Nous savons parfois les choses avant qu’elles ne se produisent, même si nous ne savons pas que nous savons.

▪️C’était le bonheur au-delà de toute consolation, au-delà de toute la laideur et la beauté du monde.

Note: 5/5 💙💙

Titre original: « Oracle night »

Babel, 2006, 236p.

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