Erri De Luca « Les poissons ne ferment pas les yeux »

Quatrième de couverture

« À dix ans, on est dans une enveloppe contenant toutes les formes futures. On regarde à l’extérieur en adultes présumés, mais à l’étroit dans une taille de souliers plus petite. »

Comme chaque été, le narrateur descend de Naples pour passer l’été sur l’île. Il y retrouve le monde des pêcheurs et les plaisirs de la mer mais ne peut échapper à la mutation débutée avec son dixième anniversaire. Une fillette fait irruption sur la plage et, avec elle, trois garçons jaloux. De quoi remettre en question son ignorance du verbe aimer et sa vision de la justice.

Erri De Luca nous offre ici le récit envoûtant des mues de l’enfance.

Mon avis

L’enfance, l’été, les vacances sur l’île, la plage, la pêche, les premières lectures, les premiers émois, les premiers baisers. On ne ferme pas les yeux quand on embrasse car les poissons ne les ferment pas. Grandir n’est pas toujours facile!

Et écrire cinquante ans plus tard pour retrouver l’enfant qu’on a été.

Un texte nostalgique sur l’enfance et sur l’apprentissage du verbe « aimer ». Une écriture poétique!

Extraits

▪️L’enfance se termine officiellement quand on ajoute le premier zéro aux années.

▪️Ce qui me gênait le plus, c’était l’écart entre leurs phrases et les choses.

▪️Je le comprenais parce que je lisais ses livres et je connaissais les nerfs et les pensées qui étaient derrière les gestes.

▪️Dans les livres, il y avait une grande agitation autour du verbe »aimer ». En tant que lecteur, j’y voyais un ingrédient des histoires, au même titre qu’un voyage, un crime, une île, une bête fauve.

▪️À travers l’écriture, je m’approche du moi-même d’il y a cinquante ans, pour un jubilé personnel. L’âge de dix ans ne m’a pas porté à écrire, jusqu’à aujourd‘hui. Il n’a pas la foule intérieure de l’enfance ni la découverte physique du corps adolescent. À dix ans, on est dans une enveloppe contenant toutes les formes futures. On regarde à l’extérieur en adultes présumés, mais à l’étroit dans une taille de souliers plus petite.

▪️Le destin, selon sa définition, est un parcours prescrit. Dans la langue espagnole, c’est simplement une arrivée. Pour celui qui est né à Naples , le destin est dans son dos, c’est venir de là. Être né et avoir grandi là tarit le destin : où qu’il aille, il l’a déjà reçu en dot, l’est et sauf-conduit à la fois.

▪️En lisant, on rencontre des phrases sismiques.

▪️Il existe des raisons qui sont pire que les faits.

▪️Ils s’aimaient, ces deux-là, ils s’offraient des livres.

▪️Grandir comportait un précipice d’effets inconnus.

Note: 4/5

Titre original: «I pesci non chiudono gli occhi»

Traduction: Danièle Valin

Folio, 2014, 128p.

« Si amavano, quei due, si regalavano libri. »

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