Leïla Slimani « Comment j’écris » (Conversation avec Éric Fottorino [Extraits]

[Extraits]

▪️Si la littérature ne change pas tout à fait le monde, elle change ceux qui écrivent comme ceux qui lisent, et c’est déjà beaucoup. p.9

▪️… nous rendre plus familière l’aventure des mots, des émotions et des idées qu’ils transportent. Une aventure qui n’est jamais anodine, tant elle est faite de peurs et d’appréhensions, de vertiges, de solitude domptée pour qu’enfin, au bout du chemin, surgisse une histoire à partager, humaine, pleinement humaine. p.9

▪️J’ai toujours voulu un lecteur qui soit engagé, j’ai toujours cherché à le bousculer, à le déranger. (Toni Morrison)

▪️J’aime, quand je referme un livre, me sentir presque mal, en tout cas perturbée. Avoir le sentiment que ça a changé quelque chose. p.15

▪️… ce qui est important , comme toujours dans un roman, c’est le climat, c’est l’ambiance qui surgit, et comment l’écriture , comment les mots y contribuent. (Eric Fottorino)

▪️Si les romans ne changent pas le monde, ils modifient substantiellement la vision que l’on en a. Ils la questionnent, l’affinent, ils interrogent ce que l’homme sait du fait d’être. p.26

▪️Si je n’avais pas été la lectrice que je suis, je ne serais pas la personne que je suis. p.27

▪️Je sais combien le rapport que l’on peut avoir à la littérature est charnel, à tel point que ça fait partie de vous, que ça devient un organe à part entière. p.27

▪️je suis persuadée, donc, que le lecteur est un citoyen plus fort, que la lectrice est une femme plus forte. Je crois que lire pour les femmes du monde entier, c’est très important parce qu’une femme qui lit, c’est une femme qui s’émancipe, c’est une femme qui s’affranchit, c’est une femme qui a droit à un moment de solitude – comme le dit Virginia Woolf. p.28

▪️La chambre à soi, ce n’est pas seulement pour écrire des livres, c’est aussi pour en lire. p.28

▪️D’abord, je crois que ce qui est important dans l’écriture, comme dans tout processus de création, c’est que cela demande un mélange à la fois d’orgueil, parce qu’il faut croire un minimum en soi, et surtout de très , très grande modestie. C’est à dire d’accepter qu’on s’est planté, que ce n’est pas bon,que cette fois ce n’est pas bien, que cette fois on a échoué, et donc être capable d’entendre ce que l’autre a à vous dire de votre texte, de ce que vous écrivez. p.36

▪️Savoir faire la différence entre une situation et un événement dans un roman. C’est fondamental. p.38

▪️Ne t’appesantis pas à raconter ce que tes personnages pensent, dis ce qu’ils font et fais confiance au lecteur pour en tirer ses propres conclusions. (Jean-Marie Laclavetine)

▪️Parfois, des petites situations du quotidien en disent plus que des discours théoriques. p.41

Leïla Slimani « Comment j’écris » (Conversation avec Éric Fottorino) Le 1 en livre/Éditions de l’Aube,2018

[ Un entretien ayant eu lieu le 25 janvier 2017 à la mairie du 9e arrondissement de Paris ]

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