Un jour, une citation: Carlos Ruiz Zafón

🇫🇷 Chaque livre, chaque volume que tu vois, a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui. Chaque fois qu’un livre change de mains, que quelqu’un promène son regard sur ses pages, son esprit grandit et devient plus fort. Quand mon père m’a amené ici pour la première fois, il y a de cela bien des années, ce lieu existait déjà depuis longtemps. Aussi longtemps, peut-être, que la ville elle-même. Personne ne sait exactement depuis quand il existe, ou qui l’a créé. Je te répéterai ce que mon père m’a dit. Quand une bibliothèque disparaît, quand un livre se perd dans l’oubli, nous qui connaissons cet endroit et en sommes les gardiens, nous faisons en sorte qu’il arrive ici. Dans ce lieu, les livres dont personne ne se souvient, qui se sont évanouis avec le temps, continuent de vivre en attendant de parvenir un jour entre les mains d’un nouveau lecteur, d’atteindre un nouvel esprit. Dans la boutique, nous vendons et achetons les livres, mais en réalité ils n’ont pas de maîtres. Chaque ouvrage que tu vois ici a été le meilleur ami de quelqu’un. Aujourd’hui, ils n’ont plus que nous, Daniel. Tu crois que tu vas pouvoir garder ce secret? Carlos Ruiz Zafón « L’ombre du vent »

🇮🇹 Ogni libro, ogni volume che vedi possiede un’anima, l’anima di chi lo ha scritto e l’anima di coloro che lo hanno letto, di chi ha vissuto e di chi ha sognato grazie ad esso. Ogni volta che un libro cambia proprietario, ogni volta che un nuovo sguardo ne sfiora le pagine, il suo spirito acquista forza. Molti anni fa, quando mio padre mi portò qui per la prima volta, questo luogo era già vecchio, quasi come la città. Nessuno sa con certezza da quanto tempo esista o chi l’abbia creato. Ti posso solo ripetere quello che mi disse mio padre: quando una biblioteca scompare, quando una libreria chiude i battenti, quando un libro si perde nell’oblio, noi, custodi di questo luogo, facciamo in modo che arrivi qui. E qui i libri che più nessuno ricorda, i libri perduti nel tempo, vivono per sempre, in attesa del giorno in cui potranno tornare nelle mani di un nuovo lettore, di un nuovo spirito. Noi li vendiamo e li compriamo, ma in realtà i libri non ci appartengono mai. Ognuno di questi libri è stato il miglior amico di qualcuno. Adesso hanno soltanto noi, Daniel. Pensi di poter mantenere il segreto? Carlos Ruiz Zafón « L’ombra del vento  »

(Photo: Genicot – Livres Anciens et Modernes, Galerie Bortier, 6, 1000 Bruxelles)

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