Stefan Zweig «Angoisses»

Irène, une femme de la bourgeoisie viennoise s’ennuie dans sa vie et entretient une relation avec un jeune pianiste. Un jour, alors qu’elle sort de chez ce dernier, une femme l’arrête et la menace de tout révéler à son mari. Sa vie devient un enfer. La femme lui extorque de l’argent. Toujours un peu plus. L’angoisse et la peur ne la quittent plus…

Cette nouvelle analyse de manière minutieuse les sentiments, la psychologie et les comportements humains. Magistralement mené, en un crescendo d’angoisse et de peur digne d’Hitchcock, le récit finit par un coup de théâtre. Stefan Zweig est décidément un de mes auteurs préférés.

Extraits

▪️Sans vraiment le vouloir et quasi sans comprendre pourquoi.

▪️Un avant-goût de ce monde supérieur dont les livres lui montraient les couleurs et le théâtre les romantiques intrigues…

▪️Elle se pencha sur son passé comme sur un abîme.

▪️Voilà qu’elle percevait toute la richesse de la vie et qu’elle savait que plus jamais une heure ne saurait être pauvre dans sa destinée.

▪️La peur est pire que la punition, car cette dernière est précise, car celle-ci est une chose bien déterminée, plus que ne l’est en tout cas, avec son affreuse indétermination, son flou atroce, l’attente. Dès qu’elle a connu sa punition, elle a respiré.

▪️Crois-tu… que c’est toujours … que c’est toujours seulement la peur qui paralyse les gens?… Est-ce que ce ne pourrait pas … être la honte… la honte de s’exposer… de se mettre à nu devant tout le monde?

▪️La vie est toujours tentante. C’était l’une de ses journées printanières toutes simples, comme il en éclôt quelquefois impétueusement au sein de l’hiver, une journée d’un azur infini dont on pensait éprouver la haute vastitude comme si l’on respirait enfin, après tant d’heures sombrement hivernales.

▪️Un petit sourire flotta sur ses lèvres et s’y attarda en silence.

▪️Au fond d’elle-même quelque chose faisait encore un peu mal, mais c’était une douleur prometteuse, bouillante et néanmoins douce comme brulent les plaies avant de cicatriser à jamais.

Titre original: « Angst »

En français, cette nouvelle est parfois appelée « La peur »

Pléiade, 2013, p.427-484

Elle se pencha sur son passé comme sur un abîme.

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