Françoise Héritier « Le sel de la vie (Lettre à un ami)»

Quatrième de couverture

«Il y a une forme de légèreté et de grâce dans le simple fait d’exister, au-delà des occupations, au-delà des sentiments forts, au-delà des engagements, et c’est de cela que j’ai voulu rendre compte. De ce petit plus qui nous est donné à tous : le sel de la vie.» F. H.

Dans cette méditation tout en intimité et en sensualité, l’anthropologue Françoise Héritier traque ces choses agréables auxquelles notre être profond aspire, ces images et ces émotions, ces moments empreints de souvenirs qui font le goût de notre existence, qui la rendent plus riche, plus intéressante que ce que nous croyons souvent et dont rien, jamais, ne pourra être enlevé à chacun.

Mon avis

Une petite pépite que ce livre! Dans ce court texte, Françoise Héritier flâne dans ses souvenirs, ces petits riens qui font le sel de la vie, moments infimes, intimes, mais parfois universels! On peut s’y retrouver! Une lecture merveilleusement délicieuse, dont on sort avec une seule envie, celle de prendre un carnet et d’écrire ce qui fait le sel de notre vie!

Extraits

▪️Il y a une forme de légèreté et de grâce dans le simple fait d’exister, au-delà des occupations, au-delà des sentiments forts, au-delà des engagements politiques et de tout ordres.

▪️De ce petit plus qui nous est donné à tous: le sel de la vie.

▪️… je vous parle des frémissements intimes qu’apportent de petits plaisirs, des interrogations et même des déconvenues si on leur laisse le loisir d’exister.

▪️J’oublie tellement de choses encore. Et vous, qu’est-ce qui vous manquerait le plus si tout cela devait disparaître à jamais de votre vie?

▪️… sourire à qui ne s’y attend pas, parler sérieusement d’un sujet frivole et plaisanter d’un sujet grave (mais pas avec n’importe qui!)…

▪️retrouver des souvenirs enfouis ( mon dieu! c’est vrai!) , prendre son temps pour choisir un rien (et décider à l’emporte-pièce des choses importantes)…

▪️… caresser, être caressé, embrasser, être embrassé, enlacer, être enlacé (avec amour, complicité, tendresse, se sentir plein d’allant, d’enthousiasme, de passion, avoir des élans du cœur…

▪️… avoir conscience du caractère fugace des choses et de la nécessité d’en profiter…

▪️… commencer la lecture du journal par la dernière page…

▪️… ouvrir une lettre le cœur battant…

▪️… s’éveiller dans Paris avec Jacques Dutronc, lécher consciencieusement le fond des plats, s’asseoir au soleil à Rome Piazza Navona en février et manger une salade de roquette avec un verre d’orvieto…

▪️…. passer une nuit blanche pour finir un roman…

▪️… être heureux quand son enfant l’est, être une éponge à sentiments…

▪️… être ébloui par un beau spectacle ou subjugué par un beau discours…

▪️… humer un livre par petits bouts avant de le reprendre de la première ligne si la première impression a été bonne, découvrir de nouveaux mots…

▪️avoir un penchant pour la forme romanesque épistolaire comme dans  » Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates », avoir une prédilection pour ce qui se murmure, se chuchote, parvient à l’oreille comme des gouttes de cristal coulant le long des stalactites, vivre dans la fidélité à ses idées, ses amis, ses amours, avoir des grandes bouffées d’enthousiasme mais aussi d’inquiétude….

▪️… donner rendez- vous au bout du monde mais dans un lieu très précis (et dans six mois) a quelqu’un qu’on aime et ne pas retrouver l’endroit (qui n’existe plus) mais bien que sans portable à l’époque se retrouver quand même, tenir la liste de tous les lieux où l’on a dormi au hasard d’un voyage…

▪️Il s’agit tout simplement de la manière de faire de chaque épisode de sa vie un trésor de beauté et de grâce qui s’accroît sans cesse, tout seul, et où l’on peut se ressourcer chaque jour.

▪️Et ce « je » qui est notre richesse est fait d’une ouverture au monde – d’une aptitude à observer, d’une empathie avec le vivant, d’une capacité à faire corps avec le réel. »Je » n’est pas seulement celui qui pense et qui fait mais celui qui ressent et éprouve selon les lois d’une énergie souterraine sans cesse renouvelée.

Odile Jacob, 2012, 87p.

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