Sophie de Baere « La dérobée »

Quatrième de couverture

« Je fixe les petits personnages en plastique qui surplombent l’édifice de choux et de nougatine ; des larmes grelottent sur ma langue et griffent mon cou. Je songe à mon propre mariage, à ces secondes identiques pendant lesquelles mon jeune et beau mari a mis sa main sur la mienne pour entailler l’immense gâteau. Je pense au baiser qu’il m’a tendu et au léger recul de mes lèvres à L’instant où sa bouche a fondu sur la mienne. On ne peut pas dire que mon existence soit un écrin de béatitudes, mais elle ne m’apparaît pas non plus comme un lourd fardeau. C’est plutôt un bain moussant qui tiédit et qu’on hésite à quitter car on s’y est trop alangui. Malgré La peau qui se fripe. Malgré la mousse qui s’étiole et nous signifie qu’il faut sortir. »

Antoine, l’ancien amour de jeunesse de Claire, s’installe avec son épouse dans un appartement situé juste au-dessus de celui qu’elle occupe avec son mari depuis presque vingt ans. En l’obligeant à interroger ses choix et à fouiller les drames du passé, l’irruption de cet homme singulier et secret va bouleverser son existence. Dans un même élan, Sophie de Baere nous livre une quête émancipatrice, une enquête haletante et le récit d’un amour fou. Mise à nu de la complexité des rapports humains et de la violence des non-dits, La Dérobée est un roman poignant qui offre une plongée dans l’intimité de l’âme humaine.

Mon avis

Elle s’est construit une « petite » vie à Nice. Mais un jour son amour de jeunesse réapparaît. Et c’est tout son passé qui ressurgit: son amour pour lui, les drames de sa jeunesse, les souffrances de cette époque…

Combien de temps faut- il pour s’affranchir de son passé? Et pour transformer les souvenirs en racines. Des racines « imparfaites et nécessaires »

Ce premier roman de Sophie de Baere est une bien jolie découverte! On se laisse emporter par une histoire, par le parcours, l’amour fou et les tourments de cette femme. Et l’écriture est précise et toujours juste. Une auteure à suivre!

Extraits

▪️[enfants] … Ils ont été notre thermomètre, l’étalon de notre existence.

▪️… nous renouons également avec les racines de notre histoire. Avec son armature et ses fondements. Et de pas en pas, de fleur en fleur, nous tentons de nous broder un nouvel horizon et un nouveau souffle.

▪️Je veux toucher la vie. La serrer. Sentir qu’elle existe encore.

▪️Les figures du passé sont à mes côtés, j’ai le sentiment que je pourrais presque les toucher. Je me déleste d’un poids énorme. Et ce n’est pas le poids des souvenirs. Bien au contraire : alors que je croyais les avoir enfouis, ils resurgissent avec une incroyable netteté et m’enveloppent de leur aura bienfaisante. Ce sont des souvenirs contre lesquels je ne suis plus en lutte; je ne cherche plus à les anéantir, je les accueille, les transforme, j’en fais autre chose. Des racines. Rien d’autre que des racines. Imparfaites et nécessaires.

Note: 5/5 💙

Éditions Anne Carrière, 2018, 234p.

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