Un jour, une citation: Camille de Peretti

C’est si difficile d’écrire un livre. Au départ, tout est neuf, tout est beau, comme aux débuts d’un amour. Les premiers mots font battre le coeur comme un premier baiser, ils sont irrésistibles. Les pages défilent dans un tourbillon d’euphorie jusqu’au point final. C’est alors seulement que commence le véritable travail. Il faut tout reprendre et tout corriger. La relecture constitue une déception immense. « C’est donc ça mon livre? » On fait des petits ajouts, on supprime de gros paragraphes. A la deuxième relecture, rien ne va plus, les personnages sont bancals, les situations psychologiques superficielles, le style déplorable nous saute au visage. L’éditeur conseille de laisser reposer le manuscrit un moment, de ne plus y toucher, de ne plus y penser. Puis on repart au combat. Des chapitres entiers disparaissent, les virgules se bousculent. Encore un effort. Puis un jour, c’est terminé. On est libéré. On se jure de ne plus retomber, de trouver un travail sérieux, un travail avec des horaires et des congés payés, un travail respectable. Quand, un beau matin, elle est là qui se tient devant nous, la première phrase d’un nouveau roman. Ce sera un alexandrin; ce sera « Le bébé est là, qui vagit dans le berceau. Camille de Peretti « La Casati »

(Photo: Galerie Bortier, 1000 Bruxelles)

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