Luc Chomarat « Le polar de l’été »

Quatrième de couverture

– Moi aussi, dit-elle, je vais écrire. Pas des polars, bien sûr. De la littérature.

Je m’abstiens de répondre quoi que ce soit. Cela nous entraînerait trop loin. Je pose quand même la question :

– Quoi comme littérature ?

– Je ne sais pas encore. J’aimerais écrire quelque chose de vraiment universel, un truc qui touche tout le monde. Tous ces livres avec des meurtres, des scènes de sexe, des grossièretés, en fait c’est loin de la vraie vie.

– Il n’y a pas de meurtres dans mon livre. Et pas de grossièretés. Enfin très peu.

Mon avis

Un écrivain en mal de livre passe ses vacances avec sa famille. Il voudrait écrire le polar de l’été, mais les idées lui manquent. Il repense à un livre de la bibliothèque de son père, et part à sa recherche. …

Ce n’est évidemment pas un polar! Mais plutôt, un livre sur la création littéraire, sur l’inspiration, sur le drame de la page blanche. Les références à la littérature policière sont nombreuses et cette quête du polar de l’été n’est peut-être qu’une quête de soi face au temps qui passe…

Extraits

▪️J’aimais beaucoup les livres en tant qu’objets. J’aimais les couvertures des livres. J’aimais leur poids, leur odeur. Leur volume. J’aimais les gros livres parce qu’ils étaient gros. J’aimais les plaquettes parce qu’elles étaient minces et souples. J’aimais les formules choc censées vendre le livre (« un chef d’oeuvre inégalé! »). J’aimais la typographie, quelle qu’elle ût, et la photo de l’auteur sur le rabat ou la quatrième de couverture. C’était avant qu’on voie des écrivains à la télé. Je regardais ces photos et je me demandais qui étaient ces gens-là, qu’elle pouvait être leur vie. J’aimais le mystère des titres et des illustrations de couverture qui existaient pour ainsi dire « à côté » du livre. Tant qu’on ne lisait pas le livre, il restait le monde merveilleux de tous les possibles: qui était cette jeune femme en chemise de nuit et qu’allait-il lui arriver? Pour mon père, évidemment, les livrs appartenaient au monde de l’esprit. pour moi, ils appartenaient au monde physique. »

▪️Là où j’ai grandi, la lecture représentait une fin en soi. On lit pour lire, comme on joue à la pétanque ou comme on se jette dans une piscine en été.

▪️Il y a des livres qu’on dévore, et des livres qu’on a du mal à finir. Ce n’est pas forcément les premiers qu’on préfère, d’ailleurs. On peut trouver des récompenses secrètes et tardives à certaines lectures arides.

▪️Et tout ici-bas est vanité, si ce n’est la douceur de l’air et les couleurs du couchant.

▪️Il faut être une femme pour éprouver de la joie à contenter les autres.

▪️Bien sûr, la vie passe, elle est faite pour ça. Et les rêves d’enfance disparaissent presque naturellement, comme les dents que la petite souris vient chercher la nuit sous l’oreiller.

Note: 4/5

Éditions Points, 2018, 208p.

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