Christophe Carlier « Ressentiments distingués »

Quatrième de couverture

Sur l’île, le facteur ne distribue plus de lettres d’amour. Mais des missives anonymes et malveillantes qui salissent les boîtes aux lettres.

Un corbeau avive les susceptibilités, fait grincer les armoires où l’on cache les secrets. Serait-ce Tommy, le benêt? Irène, la solitaire? Ou bien Adèle qui goûte tant les querelles? Ou encore Émilie, Marie-Lucie ou Félicien? Bien vite, les soupçons alimentent toutes les conversations. Et l’inquiétude s’accroît. Jusqu’où ira cet oiseau maléfique?

Avec L’assassin à la pomme verte, Christophe Carlier avait séduit les amateurs de polars sophistiqués. Il nous offre ici une réjouissante histoire de rancœurs, pleine de sel et vent.

Mon avis

Une île, un caillou, « rincée par la pluie, battue par les vents. » Et sur cette île, ce bout du monde, pleuvent les lettres anonymes. On commence à s’interroger, à se soupçonner, on se surveille, on s’épie de plus en plus. On cherche des liens? Qui peut bien être ce corbeau?

Un huis-clos à l’écriture poétique et fine. De courts paragraphes incisifs qui rythment le roman! Le courrier et la mer rythment l’histoire! Un bonheur de lecture!

Extraits

▪️Il y a des dos, dans la rue, qui appellent le couteau… Pourquoi?… Octave Mirbeau « Le jardin des supplices » – Épigraphe

▪️Rien de définitif n’arrive sur ce caillou. On y mène son existence au brouillon, on la trace au hasard, chaque jour chassant le précédent, cahin-caha, jusqu’à la fin.

▪️Toute la vie est une question sans réponse.

▪️Le mystère des êtres ne se dissipe jamais.

▪️Autrefois? On se souvient de l’époque très lointaine où les jours étaient baignés de lumière. C’était la belle saison.

▪️Où étaient donc passées les lettres amicales et bénisseuses qu’on s’envoyait jadis à tout propos?

▪️Jadis, les passions calaient leur rythme sur celui du courrier. On s’aimait follement à l’époque où l’on prenait la plume. On s’espérait des années. On apprenait à s’écrire et à se ressembler. Puis, un jour, au bout d’une allée, on voyait poindre une silhouette que le temps avait transformée. Et l’on mesurait la supériorité de la vie épistolaire sur la vie réelle.

▪️Elle avait toujours été troublée par la capacité de certains objets à ressurgir quand on ne les attend pas après s’être cachés pendant des années.

▪️La vague pétrit la mer sans fin. Elle sculpte et elle anéantit. Comme la vie, elle s’étire, en dérobant ce qu’elle avait offert. On met des années à ce construire une existence. Surgit une force sans visage, qui dévaste tout. Elle prend la forme de la rumeur, du vent, du hasard.

Note: 5/5

Éditions Phébus, 2017, 174p.

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