J.M. Coetzee « L’abattoir de verre »

Quatrième de couverture

Une femme, écrivain, face aux assauts de la vieillesse. Chaque jour qui passe la rapproche de l’ombre, et elle constate, avec calme et lucidité, la déliquescence de ses facultés mentales. Autour d’elle se pressent les enfants, qui s’inquiètent pour elle, l’admonestent de quitter l’Australie pour les rejoindre. Elle s’y refuse pourtant, préférant affronter l’inéluctable dans la liberté et l’indépendance de la solitude, s’interrogeant jusqu’au bout, sans relâche, sur le sens de sa propre existence et sur la nature profonde de notre humanité.

En sept tableaux romanesques, J. M. Coetzee nous offre un somptueux portrait de femme et une leçon de littérature, aussi dense que brève. Dans une langue d’une épure admirable, il touche au cœur de nos interrogations les plus complexes et universelles (que restera-t-il de nous lorsque nous serons partis ? que transmet-on à ceux qui restent ?) et les affronte sans jamais se départir de sa suprême élégance, de sa dignité et de son humilité.

Mon avis

Des fragments de la vie d’Elisabeth Costello mis bout à bout et qui parle de la vieillesse, du désir et de la peur, de la condition animale et des rapports mère/enfants. Le regard des enfants sur leur mère vieillissante, des enfants inquiets. Elle est au soir de sa vie, elle est écrivain!

7 nouvelles, qui parlent toutes de la même femme, Elisabeth Costello, qu’elle soit nommée ou non. Cette Elizabeth Costello, à la quelle l’auteur a déjà consacré un livre en 2003. Une forme narrative un peu étrange qui ne permet pas vraiment de rentrer dans l’histoire de cette femme. Et cela malgré une très belle écriture.

Extraits

▪️Elle se comporte comme un personnage de roman.

– Et comment se comportent les personnages de roman?

– Elle se comporte comme un personnage de Tchekhov. Une de ces personnes qui cherchent à retrouver leur jeunesse et se retrouvent mortifiées. Se font humilier.

▪️Elle a construit a vie sur l’ambivalence. Où en serait l’art de la fiction s’il n’y avait aucun double sens? Que serait la vie même s’il n’y avait que des têtes et des queues, sans rien au milieu?

▪️La beauté n’est-elle qu’un bien de consommation, comme le vin? On le déguste, on l’avale, il nous donne une sensation agréable, grisante, mais qu’en reste-t-il au final?

▪️Tout comme le printemps est la saison qui regarde l’avenir, l’automne est la saison qui regarde vers l’arrière. Les désirs conçus par un cerveau automnal sont des désirs d’automne, nostalgiques, entassés dans la mémoire. Ils n’ont plus la chaleur de l’été; même lorsqu’ils sont intenses, leur intensité est complexe, plurivalente, tournée vers le passé plus que vers l’avenir.

▪️La vie comme un ensemble de problèmes à résoudre, la vie comme un ensemble de choix à faire: qu’elle façon bizarre de voir les choses.

Note : 3,5/5

Titre original: « Moral tales »

Traduction: Georges Lory

Seuil, 2018, 166 p.

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