Alberto Vigevani «  Un été au bord du lac »

Quatrième de couverture

Sur les bords du lac de Côme, lieu de villégiature privilégié de la bourgeoisie milanaise, les heures s’écoulent encore avec douceur. En cet été d’entre deux guerres, les femmes, dans leurs costumes de bain, osent les coiffures à la garçonne. Les jeunes hommes, en jaquette et cravate, dansent sur le rythme du Saint-Louis blues. Et les adolescents ressentent le trouble des premiers émois amoureux. Giacomo, envoûté par la mère de l’un de ses camarades, fait son éducation sentimentale dans une mélancolie nostalgique. Est-elle due à son âge ou pressent-il déjà le crépuscule de ce monde tissé de privilèges?

Mon avis

La mélancolie des étés au bord du lac de Côme. L’adolescence, la famille, les cousins, les amis, les vacances tant attendues. L’été s’étire. Rien ne semble se passer et pourtant… Une Italie bourgeoise d’une autre époque…

Une subtile éducation sentimentale. Un voile de mélancolie parcourt le livre. Et une douce poésie émane de ces pages. Tout est dans le détail.

Extraits

▪️ Il lisait les romans de Salgari, de Jules Verne et d’Alexandre Dumas. Ayant dévoré tous ceux qu’il avait pu trouver, avec tant de passion qu’il s’étonnait que les auteurs n’en eussent pas écrits davantage, il lisait aussi des abrégés d’histoire ou de classiques – poèmes d’Homère, tragédies de Shakespeare – ou encore les romans d’amour qu’il dénichait dans le cabinet de toilette de sa mère. Il s’emplissait ainsi l’esprit d’une foule de notions et de bizarreries, inutiles à ses études et qui, parfois, échauffaient sa tête, prompte à s’exalter, au point qu’il en souffrait. Alors il s’étendait sur le lit pour se laisser envahir par des situations fantastiques, dont il était le héros principal, et par des rêves de gloire qu’il n’aurait confiés à personne.

▪️La lecture demeurait son seul refuge; la mélancolie de son esprit paraissait. envahir aussi tout son corps

▪️Ainsi naissaient en lui des instantanés, sons ou paroles, comme une route s’ouvre en un point connu, puis devient ensuite inconnue et imprévisible, en même temps que les visages d’amis d’un jour ou de compagnons de bagarres ou que des conversations inachevées: chaque été, une poignée d’impressions s’imprimaient dans ses sens, semblable à un vol d’hirondelles en vrille autour de quelque chose, un clocher derrière les maisons, les toits, les arbres, et Giacomo pensait que là était la vraie vie, dans un monde empli d’humeurs et de lumières violentes.

Note: 4/5

Titre original: « Estate sul lago »

Traductions l’italien: Claude Bonnafont

Éditions Liana Levi, 2015, 160p.

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