Un jour, une citation: Yves Simon

Le livre et les mains, le livre et les yeux. On feuillette, on lit, le livre passe de mains en mains. Pas de Technicolor, malgré le progrès technique, le roman demeure en noir et blanc, les couleurs du deuil. Portant que de vie et d’exubérance dans ces pages lues, la lumière des villes toscanes, la neige de New-York, comme celle de Kyoto, les cités et la lande, les poneys irlandais, Le « Ville de Montereau, prêt à partir, qui fume à gros bouillons devant le quai Saint-Bernard »(début de « L’Education sentimentale  » ) , quartiers gris de la Mitteleuropa chez Musil et leurs autos filant « dans la clarté d’avenues sans profondeur « , un brouillard urbain qui s’illumine autour de cafés tristes et de leurs tables en Formica, une buée qui s’échappe d’un baiser donné auprès d’une ambassade où flotte un drapeau rouge et or…

Dans le métro, les trains de banlieue, les trains à grande vitesse, des livres sont ouverts entre des mains rugueuses ou manucurées, qu’il neige ou s’unir vente, les yeux s’écrivent à ce qui n’est pas un paysage défilant au travers d’une vitre, mais le spectacle du monde, l’anatomie des sentiments, les écorchés de la vie, la passion, la faute. Qui n’a pas de regrets?

Je voudrais les avoir conservé s tout auprès de moi comme des anges tutélaires, mes protecteurs, des visiteurs attentifs qui m’ont tout enseigné de mondes qui n’étaient pas le mien. Yves Simon « Épreuve d’artiste (dictionnaire intime » Calmann-Lévy, p.200-201

(Photo: Galerie Bortier, Bruxelles)

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