Un jour, une citation: Marcel Proust

đŸ‡«đŸ‡· Puis la derniĂšre page Ă©tait lue, le livre Ă©tait fini. Il fallait arrĂȘter la course Ă©perdue des yeux et de la voix qui suivait sans bruit, s’arrĂȘtant seulement pour reprendre haleine, dans un soupir profond. Alors, afin de donner aux tumultes depuis trop longtemps dĂ©chaĂźnĂ©s en moi pour pouvoir se calmer ainsi d’autres mouvements Ă  diriger, je me levais, je me mettais Ă  marcher le long de mon lit, les yeux encore fixĂ©s Ă  quelque point qu’on aurait vainement cherchĂ© dans la chambre ou dehors, car il n’était situĂ© qu’à une distance d’ñme, une de ces distances qui ne se mesurent pas par mĂštres et par lieues, comme les autres, et qu’il est d’ailleurs impossible de confondre avec elles quand on regarde les yeux « lointains » de ceux qui pensent « Ă  autre chose ». Alors, quoi? ce livre, ce n’était que cela? Ces ĂȘtres Ă  qui on avait donnĂ© plus de son attention et de sa tendresse qu’aux gens de la vie, n’osant pas toujours avouer Ă  quel point on les aimait, et mĂȘme quand nos parents nous trouvaient en train de lire et avaient l’air de sourire de notre Ă©motion, fermant le livre, avec une indiffĂ©rence affectĂ©e ou un ennui feint; ces gens pour qui on avait haletĂ© et sanglotĂ©, on ne les verrait plus jamais, on ne saurait plus rien d’eux. Marcel Proust « Sur la lecture »

🇼đŸ‡č Poi, letta l’ultima pagina, il libro era finito. Bisognava fermare la corsa a perdifiato degli occhi e della voce che li seguiva in silenzio, interrompendosi solo per riprendere slancio, con un sospiro profondo. Allora per dare al tumulto, che da troppo tempo infuriava in me per potersi calmare cosi, altri moti da dirigere, mi alzavo, mi mettevo a camminare lungo il letto, gli occhi ancora fissi su un punto che invano si sarebbe cercato dentro la stanza o fuori , perchĂ© si trovava a una distanza d’anima, una di quelle distanze che non si misurano in metri o in leghe, come le altre, e che del resto Ăš impossibile confondere con esse quando si guardano gli occhi « distanti » di chi pensa « ad altro ». E allora? era tutto lĂŹ, il libro? Quelle creature a cui si era concessa piĂč attenzione e tenerezza che alle persone della vita, non sempre osando confessare fino a che punto le si amava e addirittura, quando i nostri genitori ci trovavano immersi nella lettura e avevano l’aria di sorridere della nostra emozione, chiudendo il libro con ostentata indifferenza o finta noia; quelle persone per cui avevamo trattenuto il fiato e pianto, non le avremmo mai piĂč riviste, non avremmo piĂč saputo nulla di loro. Marcel Proust « Il piacere della lettura »

(Photo: Tulibris, Rue de la Tulipe, 25, 1050 Ixelles)

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