DOMINIQUE JEZEGOU « LE SECRET DERRIÈRE LE MUR »

Quatrième de couverture

« Le secret derrière le mur » est une aventure du cœur et de l’esprit qui vous fera remonter le temps, de notre époque à celle des corsaires… Anne et Gil se rencontrent à Lisbonne, au Portugal et tombent follement amoureux l’un de l’autre. Ils s’installent tous deux au Pays basque et Anne découvre le destin incroyable de la famille de Gil, les Alméida, à la fois basques et portugais. Après qu’un drame terrible eut brisé leur union, Anne décide de retourner habiter au Croisic, avec leur fils Nicolas. Luttant contre son chagrin, elle décide de restaurer une vieille demeure sur la côte. En y découvrant une pièce murée, elle va faire ressurgir des évènements très anciens et peu à peu comprendre que, quelque chose d’unique la lie à cet endroit et à ceux qui l’ont fréquenté. En trois lieux et trois époques, cette histoire explore les sentiments, montre qu’ils peuvent transcender le temps, mais aussi comment, des êtres, malgré des périodes et des vies très différentes, ont finalement beaucoup en commun : la solitude, le chagrin lié à la disparition d’un être cher, la quête du bonheur. En réalité, une seule chose agit sur notre destinée à tous. L’amour.

L’auteur

Longtemps journaliste dans la presse écrite, Dominique Jézégou a notamment vécu et travaillé en Afrique ainsi qu’en Polynésie française. Après « Vin de Tahiti, jusqu’au bout du rêve », l’histoire d’un vignoble, publiée aux éditions Féret, elle poursuit son expérience littéraire avec son premier roman intitulé « Le secret derrière le mur ».

Mon avis

Une rencontre à Lisbonne, dans un musée, et c’est l’amour fou. Le Portugal, ses poètes, le fado, la saudade en toile de fond de cet amour qui se dessine …

Mais ses vacances se terminent, et elle rentre à Nantes. Lui se partage entre le Portugal et le Pays basque…

Le Pays Basque où il décident de s’installer et de construire leur vie. Mais, un jour, c’est le drame …

Une maison au Croisic, une demeure qui vous trouve…

Un livre comme un voyage dans le temps et dans l’espace où l’amour, le deuil, le courage de surmonter les épreuves se côtoient. Le parcours douloureux d’une femme qui lentement se reconstruira pour elle et pour son enfant. S’accordera-t-le droit de vivre à nouveau?

C’est aussi une histoire de corsaires, l’histoire d’un secret…

Et puis il y a l’amour pour les livres: Pessoa, Tabucchi , Saramago…

Des personnages bienveillants et touchants. Une écriture précise et délicate.

L’art de raconter une histoire, est totalement maîtrisé, dans ce roman. Une belle lecture.

Extraits

▪️« Peut-être, est-ce cette demeure qui m’a trouvée…

Elle était là au détour d’un chemin, surgissant derrière un bouquet d’arbres et je l’ai aimée tout de suite…

L’air sentait bon, le soleil dardait ses derniers rayons et la lumière était belle en cette fin d’après-midi. C’était l’heure que je préfère, ce court instant où le temps et l’espace semble se conjuguer, un vrai moment de paix où tout est suspendu.

L’heure douce, comme l’appelait mon bien-aimé…

▪️Voyager, c’est aussi prendre des leçons d’histoire.

▪️ … les livres qui s’accumulaient sur les rayonnages de leur bibliothèque. Celle ci penchait d’ailleurs dangereusement sous le poids de la quantité d’ouvrages qu’elle contenait. Indifférents à la distinction de styles et d’idées, les auteurs voisinaient. Certains ouvrages avaient du être lus à plusieurs reprises, car la reliure était fatiguée. Je constatais que Pessoa avait effectivement une large place. J’aimais ces bibliothèques qui révèlent la vraie nature de leur lecteur, plus passionné par le contenu que par le contenant.

▪️Les souvenirs deviennent précieux lorsqu’on sait qu’on ne reviendra pas en arrière.

▪️Les livres avaient toujours eu pour moi, un effet profondément rassurant. Je sentais, comme toute lectrice qui se reconnait, l’odeur familière des livres, du papier et de l’encre d’imprimerie.

▪️En rentrant, je m’assis sur le canapé et sortis de mon sac le livre découvert ce jour là. Je caressai sa tranche dorée et sa reliure de vieux cuir, décorée de mords et de nerfs dorés. Je fermai les yeux tout en humant son odeur au charme poussiéreux, celle que j’aimais chez les livres anciens et qui ne manquait pas d’ouvrir dans mon esprit, mille portes imaginaires.

▪️J’avais toujours aimé les livres aussi loin que je me souvienne. Enfant, j’étais déjà fascinée par leur odeur, puis par les images et les personnages. C’était des objets simples et élégants. Uniques. Je les ouvrais et ils révélaient des mondes inconnus. Ils me faisaient voyager. Plus tard, en grandissant, cette passion avait pris une autre dimension, j’avais découvert une autre pensée que la mienne. Le livre avait ainsi façonné ma conscience, enrichi ma sensibilité, ouvert mon esprit.

▪️On dit parfois que les livres sont des âmes fortes.

▪️La correspondance passée est toujours très intéressante. C’est pour moi comme un véritable laboratoire intérieur. Les épistoliers en sont rarement conscients, mais ils nous éclairent en profondeur sur leur espace intérieur, mais aussi sur l’époque, le contexte et l’histoire.

▪️Pour l’avoir expérimenté jeune, je savais que lorsqu’on a commencé, le bonheur de découvrir des histoires, ne cesse jamais.

▪️Je ne crois pas non plus au hasard, je crois plutôt à une coïncidence pleine de sens qui dirige la destinée.

▪️… des livres. Je réalisai qu’ils avaient toujours été de solides compagnons dont j’avais recherché la proximité dans les moments les plus complexes de ma vie. J’éprouvais donc un certain plaisir à ouvrir chaque jour la porte du magasin, à longer les rangées de livres, à caresser du bout des doigts les reliures, à découvrir les couvertures, à tourner les pages … A eux seuls, ils m’offraient des voyages immobiles.

▪️… tout ce, à quoi nous tenons, est fragile. Combien nos existences sont fragiles. Comme du cristal. Tout peut se briser. En un instant.

▪️Lorsque nous nous plongeons dans notre histoire familiale, bien plus souvent qu’on ne croit, la petite et la grande histoire se confondent, jusqu’à faire émerger, des secrets, des souvenirs lointains, refoulés, avec leur héritage de blessures et de chagrins. J’avais plongé très profondément dans ce passé inconnu, j’étais allée bien plus loin que je ne l’aurais imaginé. Sans doute fallait il creuser encore davantage pour avoir toutes les réponses.

▪️les mots s’effacent pour toujours, si on ne les prononce pas, au bon moment.

▪️Penchée sur le livre, je restai plusieurs minutes à fixer les mots. Si nous pensions comme ce violoncelliste, en combien de secondes se résumerait notre existence?

▪️j’ai découvert que dans ce qui nous lie les uns aux autres, les frontières n’existent pas, elles peuvent être repoussées toujours plus loin. L’amour est infini. Et quand tout s’achève ici bas, en réalité tout commence, car il reste l’éternité.

Note: 4,5/5

5 sens Éditions, 2019, 544 p.

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