JEANNE-MARIE SAUVAGE-AVIT « CÉLESTE, FILLE DE PERLINE »

Quatrième de couverture

Saint-Étienne, 1945

À la libération, Céleste a vingt ans. Alors que les scènes d’épuration se multiplient partout en France, sa vie bascule brutalement dans l’horreur lorsqu’elle est accusée à tort de liens avec l’occupant allemand. Incapable de reprendre une vie normale auprès des siens, elle part s’installer à Lyon où elle fait bientôt la connaissance d’Alexander, un jeune G.I.

Par amour pour lui, elle deviendra une « épouse américaine », une de ces femmes qui vont traverser seules l’Atlantique vers une nouvelle famille, tandis que leurs maris continuent leur progression à travers l’Europe. Mais Céleste peut-elle devenir l’épouse soumise qu’on attend d’elle dans l’Illinois puritain des années quarante ou, à l’exemple de sa cousine Claire, exigera-t-elle davantage de la vie ? Une vie de femme libre ? 

Après le best-seller Cueilleuse de thé, Jeanne-Marie Sauvage-Avit revient à ses premières amours en nous offrant un magnifique destin de femme plongée en plein cœur de l’Histoire.

L’auteur

Professeure d’histoire et de géographie à la retraite, Jeanne-Marie Sauvage-Avit a vécu ses vingt premières années à Saint-Étienne. Installée désormais dans la région de Martigues, elle partage ses loisirs entre l’écriture, le jardin et les randonnées. Elle est l’auteure du best-seller Cueilleuse de thé, qui a remporté le Prix du Livre Romantique en 2017, et de Perline, Clémence, Lucille et les autres, lauréat du Prix Femme Actuelle.

Mon avis

Accusée à tort, Céleste subit l’humiliation, en ce 22 août 1944. Traumatisée, elle se réfugie à Lyon où elle rencontre un soldat américain, blessé.

Ils s’aiment. Ils se marient, et alors qu’il reste combattre en France, elle part seule, rejoindre sa nouvelle famille américaine de l’autre côté de l’Atlantique…

De beaux portraits de femmes qui rêvent d’indépendance. Des femmes fortes et volontaires. Des femmes qui cherchent leur chemin vers l’émancipation, la liberté, dans un monde qui change, mais qui parfois leur impose encore d’épouser tel ou tel mari. Ce monde qui les voit encore trop souvent prisonnières des conventions et de la bienséance.

Au cœur du roman, une belle histoire d’amour, comme un parcours semé d’embûches… Une jolie écriture.

Extraits

▪️Ils apprirent plus à se connaître par l’écriture qu’ils ne l’avaient fait en bavardant. L’écriture a quelque chose de magique; les sentiments s’y expriment sans fausse pudeur, les anecdotes révèlent les passions et les désirs, le mot ne se cache pas derrière un geste qui pourrait l’affaiblir.

▪️La lettre ne disait rien des émotions éprouvées par la jeune fille. Comment savoir si les yeux brillent ou si les lèvres tremblent quand on n’a que des mots à lire ?

▪️L’amour est une passion friable qui ne dure qu’un temps. Il ne faut pas regretter le sentiment qui s’éloigne mais passer à autre chose, la tendresse, l’estime ou l’amitié.

▪️… le temps était un implacable consommateur de rêves et de sentiments…

▪️La haine est un sentiment dangereux, disait-il. Elle ruine la vie de celui qui s’en repaît. » Et il ajoutait : « Tiens-toi à l’écart des gens haineux. Ils pourraient te détruire. »

▪️Il n’y a pas plus léger soulagement que celui qu’on éprouve quand on a dépassé ses peurs.

Note: 4/5

Éditions Charleston, 2019, 288p.

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