Un jour, une citation: Thomas Gunzig

… Mais, comme des feux au milieu de la nuit, comme des étoiles aperçues à travers le brouillard, les mots et les phrases et les histoires se matérialisaient parfois dans son esprit avec la force d’objets véritablement solides ou d’émotions véritablement vécues. C’était chaque fois, une expérience étonnante qui le bouleversait autant qu’elle l’excitait: avec le chien de « Construire un feu » de Jack London, il avait soudain véritablement faim et véritablement froid. Avec le cancrelat de « La Métamorphose  » de Franz Kafka, il entendait vraiment battre la pluie contre les fenêtres tandis qu’une tristesse ténébreuse, pareille à une marée d’équinoxe, l’envahissait tout entier, comme elle envahissait Gregor Samsa et dans « L’éducation sentimentale  » de Flaubert, son cœur s’enflammait authentiquement avec celui de Frédéric quand celui-ci avait rendez-vous avec Madame Arnoux. Thomas Gunzig « Feel good » Éditions Au diable vauvert « , p.99-100.

(Photo: Cook and Book, Bruxelles)

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