SYLVAIN PRUDHOMME « PAR LES ROUTES »

Quatrième de couverture

J’ai retrouvé l’autostoppeur dans une petite ville du sud-est de la France, après des années sans penser à lui. Je l’ai retrouvé amoureux, installé, devenu père. Je me suis rappelé tout ce qui m’avait décidé, autrefois, à lui demander de sortir de ma vie. J’ai frappé à sa porte. J’ai rencontré Marie.»

Avec Par les routes, Sylvain Prudhomme raconte la force de l’amitié et du désir, le vertige devant la multitude des existences possibles.

L’auteur

Sylvain Prudhomme, né en 1979, est auteur de romans et de reportages. Ses livres ont reçu plusieurs prix littéraires et sont traduits à l’étranger. Dans la collection « L’Arbalète », il a notamment publié « Là, avait dit Bahi », « Les grands » et « Légende ». Avec Par les routes, Sylvain Prudhomme raconte la force de l’amitié et du désir, le vertige devant la multitude des existences possibles.

Mon avis

« Le monde se divise en deux catégories. Ceux qui partent. Et ceux qui restent. »

L’auto-stoppeur est de ceux qui partent, Sacha est de ceux qui restent…

Entre les deux Marie et Augustin…

Une petite ville du sud-est de la France…

Et la mélancolie des paquebots…

Une atmosphère se dégage de ces pages.

L’amitié, l’amour et cette envie de partir…

Et nous sommes nous de ceux qui partent ou de ceux qui restent? J’aurais tendance à dire que je suis de celles qui restent.

Des mots, des phrases qui charment.

Délicieusement beau et délicat! Un superbe coup de cœur! Un roman dont on aime les moments où il nous accompagne !

Extraits

▪️La moitié de notre existence est là, en arrière, racontant qui nous sommes, qui nous avons été jusqu’à présent, ce que nous avons été capables de risquer ou non, ce qui nous a peinés, ce qui nous a réjouis. p.11

▪️Il y a deux options face au destin: s’épuiser à lutter contre. Ou lui cèdre. L’accepter joyeusement, gravement, comme on plonge d’une falaise. Pour le meilleur et pour le pire. p.19

▪️J’ai demandé de quoi le livre parlait.

Toujours de la même chose. La vie qui passe. Le temps qui s’en va. C’est tout simple, il n’y a jamais rien de spectaculaire. Simplement les hommes et les femmes qui naissent, grandissent, désirent, deviennent adultes, aiment, n’aiment plus, renoncent à leurs rêves, au contraire s’y accrochent, vieillissent. S’en vont peu à peu, remplacés par d’autres.

Qu’est-ce qu’il faudrait raconter de plus, j’ai dit. C’est la seule chose à raconter. p.43

▪️Il voyagea. Il connut la mélancolie des paquebots, les froids réveils sous la tente, l’étourdissement des paysages et des ruines, l’amertume des sympathies interrompues. Il revint. Gustave Flaubert

▪️D’une certaine façon c’est ça qui me pèse: les aimer tant. p.123

▪️J’ai réalisé qu’il ne se passerait rien. Qu’il n’y avait rien à attendre. Que toujours ainsi les semaines continueraient de passer, que le temps continuerait d’être cette lente succession d’années plus ou moins investies de projets, de désirs, d’enthousiasmes, de soirées plus ou moins vécues. De jours tantôt habités avec intensité, imagination, lumière, des jours pour ainsi dire pleins, comme on dit carton plein devant une cible bien truffée de plombs. Tantôt abandonnés de mauvais gré au soir venu trop tôt. Désertés par excès de fatigue ou de tracas. Perdus. Laissés vierges du moindre enthousiasme, de la moindre récréation, du moindre élan véritable. Jours sans souffle, concédés au soir trop tôt venu, à la nuit tombée malgré nos efforts pour différer notre défaite, et résignés alors nous marchons vers notre lit en nous jurant d’être plus rusés le lendemain — plus imaginatifs, plus éveillés, plus vivants. p.125

▪️À lire du matin au soir. À avaler presque un livre par jour. Parfois deux. […] Avoir lu sept nouveaux livres à la fin de la semaine. Trente à la fin du mois. Trois cents à la fin de l’année. Et autant de mondes arpentés, autant de pays reconnus, de vies écoutées, de voix entendues…. p.135

▪️Je suis heureux que tu te sois trouvé sur ma route. Parole de voyager. Parole d’habitué des routes, des carrefours, des rencontres. Parole de vrai amoureux de la vie, reconnaissant aux surprises qu’elle réserve. p.286

Note: 5/5 💙💙

Prix: Prix Femina 2019

Gallimard, L’Arbalète, 2019, 306 p.

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