CANESI et RAHMANI « Ultime preuve d’amour »

Quatrième de couverture

Alger, avril 1962.

Inès, une Algérienne de seize ans, est emportée par sa passion pour Pierre, un jeune pied-noir qu’elle connaît depuis l’enfance.

Mais l’Histoire n’a que faire des sentiments, elle avance, implacable, et broie tous les destins.

Alors que la violence est partout, Inès et Pierre se retrouvent dans une chambre de l’Aletti, le grand palace d’Alger. C’est leur dernière rencontre. Pierre, comme tant d’autres, sera bientôt exilé en France.

Le silence s’installe, les années passent.

Inès et Pierre, qui se sont reconstruits tant bien que mal, oublieront-ils jamais l’Aletti?

« Ultime preuve d’amour » brosse un émouvant portrait de femme. Il évoque avec puissance l’Algérie et la France des années soixante et quatre-vingt-dix. C’est dans l’amour d’une terre perdue, d’un pays déchiré, que s’exacerbent les sentiments de tous les personnages du roman.

Mon avis

L’Histoire « se joue de la liberté des êtres, elle se moque de leurs étreintes et de leurs désirs. » Et l’Histoire de l’Algérie des années soixante, se moque des amours d’Inès et de Pierre. Ils sont jeunes, ils s’aiment, d’un amour fou et passionné, mais en avril 1962, l’Histoire bouleverse leurs existences… Elle balaye leurs rêves de bonheur… Elle les sépare… En 1996, une ultime preuve d’amour…

L’Histoire de l’Algérie qui côtoie une histoire d’amour hors du commun… Et l’histoire d’amour qui vit au rythme de l’Histoire. D’un côté, la laideur et la dureté, de l’autre, la passion et la beauté. Une belle histoire, et cette ultime preuve d’amour qui émeut.

Les premiers émois amoureux et tout ce qui peut s’y opposer: la guerre bien sûr, mais également la famille, la condition sociale, l’engagement politique, la religion…

Une belle lecture et une belle écriture …

Extraits

▪️L’Histoire se joue de la liberté des êtres, elle se moque de leurs étreintes et de leurs désirs. p.24

▪️Je compris ce jour-là que la violence du bonheur est à la mesure de la souffrance qu’il engendre. p.27

▪️Voyager dans l’enfance, rechercher le temps d’avant, fouiller sa mémoire et se perdre en une douloureuse errance sur des chemins ponctués de noir, de nuit, d’oubli… p.32

▪️Le jeu de la mémoire mêle plusieurs images d’un même lieu, sans souci de chronologie, polluant, si l’on y prend garde, le souvenir originel. Il peut même associer deux lieux différents. p.35

▪️L’oubli du bonheur masquait la douleur de la perte. p.76

Note: 4/5

Lien:

Canesi & Rahmani « Villa Taylor »

Éditions Anne Carrière, 2020.

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