Un jour, une citation: Laurence Cossé

🇫🇷 Mon grand-père m’a laissé bien davantage, la passion de la littérature, et quelque chose en plus, de fondamental, la conviction que la littérature est importante. Il en parlait souvent. La littérature est source de plaisir, disait-il, c’est une des rares joies inépuisables mais pas seulement. Il ne faut pas la dissocier de la réalité. Tout y est. C’est pourquoi je n’emploie jamais le mot fiction. Toutes les subtilités de la vie sont la matière des livres. Il insistait: tu notes bien que je parle du roman? Il n’y a pas que les situations d’exception, dans les romans, les choix de vie ou de mort, les grandes épreuves, il y a aussi les difficultés ordinaires, les tentations, les déceptions banales; et en réponse, toutes les attitudes humaines, tous les comportements, des plus beaux aux plus misérables. Lisant cela, on se demande: Et moi, qu’est ce que j’aurais fait? Il faut se le demander. Écoute moi bien: c’est une façon d’apprendre à vivre. Des adultes vont te dire que non, que la littérature n’est pas la vie, que les romans n’enseignent rien. Ils auront tort. La littérature informe, elle instruit, elle entraîne. Laurence Cossé « Au bon roman » Gallimard, p.176-177

🇮🇹 Ma il nonno mi ha lasciato molto di più, mi ha lasciato l’amore per la letteratura e un’altra cosa fondamentale, la convinzione che la letteratura sia importante. Ne parlava spesso. La letteratura è fonte di piacere, diceva, è una delle rare gioie inestinguibili, e non solo. Non deve essere separata dalla realtà. Nella letteratura c’è tutto. È il motivo per cui non uso mai la parola finzione. La materia dei libri è costituita dalle sottigliezze della vita. Insisteva: hai capito che sto parlando del romanzo? Non ci sono solo le situazioni eccezionali nei romanzi, le questioni di vita o di morte e le grandi prove, ci sono anche le difficoltà ordinarie, le tentazioni, le delusioni banali. E rispondono a tutte le attitudini umane, a tutti i comportamenti, dal più nobile al più miserabile. Uno legge e si domanda: che cosa avrei fatto io? Deve domandarselo. Ascoltami bene: è un modo di imparare a vivere. Certi adulti ti diranno di no, che la letteratura non è la vita, che i romanzi non insegnano niente. Sbagliano. La letteratura informa, istruisce, addestra. Laurence Cossé “La libreria del buon romanzo” Edizioni e/o

(Photo: Bouquinerie, Charleroi)

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