CÉCILE PIVOT « Les lettres d’Esther »

Quatrième de couverture

« Cet atelier était leur bouée de sauvetage. Il allait les sauver de l’incompréhension d’un deuil qu’ils ne faisaient pas, d’une vie à l’arrêt, d’un amour mis à mal. Quand j’en ai pris conscience, il était trop tard, j’étais déjà plongée dans l’intimité et l’histoire de chacun d’eux. »

En souvenir de son père, Esther, une libraire du nord de la France, ouvre un atelier d’écriture épistolaire. Ses cinq élèves composent un équipage hétéroclite: une vieille dame isolée, un couple confronté à une sévère dépression post-partum, un homme d’affaires en quête de sens et un adolescent perdu.À travers leurs lettres, des liens se nouent, des coeurs s’ouvrent. L’exercice littéraire se transforme peu à peu en une leçon de vie dont tous les participants sortiront transformés. Roman initiatique, pétri de tendresse et d’humanité, ces Lettres sont un éloge de la lenteur, une ode au pouvoir des mots.

L’auteur

Cécile Pivot est journaliste. Elle a d’abord publié un récit  « Comme d’habitude » (Calmann-Lévy, 2017) et « Lire! » (Flammarion, 2018) un essai à quatre mains. « Battements de coeur » son premier roman paru chez Calmann-Lévy en 2019, a été salué par la critique.

Mon avis

Esther, libraire à Lille, décide de créer un atelier d’écriture. Et plus précisément un atelier d’écriture épistolaire. Une petite annonce et quelques réponses. Un petit groupe hétéroclite se forme: un homme d’affaires, un jeune garçon triste, une vieille dame seule et un couple en rupture de dialogue. Ils ne se connaissent pas mais ils vont s’écrire. Peu à peu, au fil des lettres, ils vont s’ouvrir, se libérer du poids du passé, et se reconstruire. Car « on ne dit pas les mêmes choses à l’écrit et à l’oral » ….

Un atelier comme une bouée de sauvetage. Un atelier comme une thérapie. Et la cabine du vent… écrire pour mieux s’écouter…

Un roman épistolaire profondément humain, sensible et touchant. Le deuil, la maternité, la dépression autant de thèmes traités avec bienveillance grâce au pouvoir des mots.

Décidément, j’aime beaucoup cette auteure. J’avais adoré son précédent roman: « Battements de cœur »

Un coup de cœur, une lecture comme je les aime!

Extraits

▪️Vous espérez qu’écrire vous aidera à mettre des mots sur vos émotions, a lutter contre l’indifférence. Je crois qu’en effet, nous pouvons nous reconstruire avec l’écriture. p.22

▪️C’est l’un des avantages (ou inconvénients) de la correspondance écrite, on ne voit pas l’agacement, la lassitude ou la colère chez son destinataire. p.22

▪️… l’on ne dit pas les mêmes choses à l’écrit qu’à l’oral. Nous usons d’autres mots et expressions, soignons notre style. Nos pensées empruntent des chemins différents, plus difficiles d’accès, plus tortueux, plus imprévisibles. plus exaltants, aussi. Nous nous livrons, nous exposons, nous prenons des risques. Écrire une lettre, la poster, attendre une réponse en retour donne une autre valeur aux jours, un poids plus conséquent me semble-t-il, au message dans l’enveloppe. Il prend son temps et trace sa route. p.23-24

▪️Ce que je préfère dans la correspondance écrite, c’est l’idée que le temps prend son temps. p.30

▪️Jeanne a reconnu chez Juliette la vie qui peine. p.32

▪️Tous autant que nous sommes, nous bâtissons notre vie d’adulte sur notre enfance. Elle est plus ou moins solide, stable, fiable, mais dit beaucoup de nos peurs, de nos incapacités, de nos enthousiasmes et du feu qui nous anime. p.58

La maternité et la paternité sont parfois des terrains minés qui peuvent nous faire basculer du côté obscur de la force. C’est dingue ce qu’on traine tous avec nous. p.58

▪️On peut beaucoup pour les gens qu’on aime, mais on ne peut pas tout. p.70

▪️La lecture… Elle est une porte ouverte sur le monde, la nature humaine, les siècles passés et à venir. p.77

▪️La lecture nous ouvre des portes. p.77

▪️Margaux sait mieux que quiconque combien la culpabilité abîme, il n’y a pas mieux qu’une prison pour en étudier les différentes formes, les maux qu’elle engendre, il y a celle qui tue à petit feu, celle qui vous ronge de l’intérieur, celle qui rend fou, appelle la violence, la mort. p.146

▪️Les lettres ont-elles le pouvoir, de créer un lien particulier entre ceux qui les écrivent? p.154

Note: 5/5 💙💙💙

Merci Netgalley et Calmann-Lévy

Calmann-Levy, 2020, 320 p.

2 réflexions sur “CÉCILE PIVOT « Les lettres d’Esther »

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