STEPHANIE LAND « Maid »

Quatrième de couverture

Il est arrivé qu’un écrivain devienne femme de ménage. Pour vivre de l’intérieur une condition sociale qui n’était pas la sienne, et pouvoir témoigner, dénoncer les conditions de travail indignes, les horaires inhumains, mettre sa plume au service de celles que personne n’écoute. Ce fut le cas de Florence Aubenas, et de Barbara Ehrenreich qui signe la préface de ce livre. Mais il arrive – plus rarement – que ce soit l’inverse. Qu’une femme de ménage devienne écrivain. Au début de ce récit, Stéphanie Land est seule et mère d’une petite fille de 2 ans et, pour (sur) vivre et leur procurer un toit, elle nettoie les maisons auxquelles elle s’amuse à donner des noms romanesques : la Maison du Clown, la Maison Porno, la Maison Triste, la Maison de la Femme qui Entasse… Elle explore ainsi le ventre de l’Amérique depuis sa classe moyenne supérieure à la réalité de ceux qui la servent. À la fin de son récit, sa fille a 7 ans et s’apprête à lui sauter au cou pour la féliciter : Stéphanie va recevoir son diplôme de création littéraire de l’Université de Missoula. Montana. Suivi en cours du soir à distance. Entre les deux, Stéphanie a briqué, balayé, frotté, rangé, et vu l’envers du décor de l’Amérique triomphante. Elle a aspiré la poussière chez les autres, et aspiré à devenir quelqu’un d’autre. Elle raconte.

Mon avis

D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle a toujours rêver d’être écrivain…

Mais suite à une séparation, elle se retrouve dans un foyer pour sans-abri avec sa fille, et c’est là que sa fille apprend à marcher un après -midi de juin. Mère célibataire, elle chancelle au bord du précipice dans lequel la pauvreté risque de la plonger. La précarité devient son quotidien. Jardinière, femme de ménage, elle passe de maison en maison leur donnant même des noms: la maison du clown, la maison du week-end, la maison triste, la maison du chef, la maison de la femme au chat…

À la merci du jugement, du mépris et du regard des autres, elle surmonte obstacle après obstacle…

Son rêve est toujours là… Écrire sa vie avec de belles couleurs…

Un récit autobiographique, témoignage instructif sur le monde de la précarité aux Etats-Unis et sur la difficulté d’être mère célibataire: les luttes au quotidien, la pauvreté et le désespoir. Et l’amour d’une mère pour sa fille…

Extraits

▪️En grandissant, je me suis mise à écrire des histoires et rien ne me plaisait tant que de disparaître des heures entières dans un livre comme je l’aurais fait avec de vieux amis. Je préférais les jours de pluie, quand je commençais à lire un nouveau livre dès le matin au café et le finissais tard le soir dans un bar.

▪️Écrire était un moyen de décrire notre vie et nos aventures avec de belles couleurs.

▪️Quand elle me réveillait en se glissant dans mon lit, mettait ses petits bras autour de mon cou, ses boucles de cheveux encadrant son visage, et qu’elle chuchotait à mon oreille pour me demander si, ce jour là, nous pouvions être des pandas, j’oubliais soudain la semaine que je venais de passer à serrer les dents. Alors, cette gosse sensationnelle et moi, rien que nous deux, nous nous laissions dériver – comme dans une bulle.

Traduction: Christel Gaillard-Paris

Préface: Barbara Ehrenreich

Éditions Globe, 2020, 336p

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