Un jour, une citation: John Williams

🇫🇷 Cet amour de la littérature, de la langue, du verbe, tous ces grands mystères de l’esprit et du cœur qui jaillissaient au détour d’une page, ces combinaisons mystérieuses et toujours surprenantes de lettres et de mots enchâssés là, dans la plus froide et la plus noire des encres, et pourtant si vivants, cette passion dont il s’était toujours défendu comme si elle était illicite et dangereuse, il commença à l’afficher, prudemment d’abord, ensuite avec un peu plus d’audace et enfin…fièrement. John Williams « Stoner », J’ai lu, p.153-154

🇮🇹 L’amore per la letteratura, per il linguaggio, per il mistero della mente e del cuore che si rivelano in quella minuta, strana e imprevedibile combinazione di lettere e parole, di neri e gelidi caratteri stampati sulla carta, l’amore che aveva sempre nascosto come se fosse illecito e pericoloso, cominciò a esprimersi dapprima in modo incerto, poi con coraggio sempre maggiore. Infine con orgoglio… John Williams « Stoner »

(Photo: Pêle-mêle, Bruxelles)

Un jour, une citation: Umberto Eco

🇫🇷 Celui qui lit aura vécu au moins cinq mille ans: il était là quand Cain tua Abel, quand Renzo épousa Lucia, quand Leopardi admirait l’infini. La lecture, c’est une immortalité à rebours. Umberto Eco

🇮🇹 Chi legge avrà vissuto 5000 anni: c’era quando Caino uccise Abele, quando Renzo sposò Lucia, quando Leopardi ammirava l’infinità, perché la lettura è un’immortalità all’indietro. Umberto Eco Perché i libri allungano la vita, La bustina di Minerva, in “L’Espresso”, 2 giugno 1991

(Photo: Millefeuille, Café littéraire, Bruxelles)

Un jour, une citation: Eloïse Lièvre

La lecture achevée, les pages n’ont plus besoin d’être marquées, mais, nulle inadvertance, on n’oublie pas ce qu’on laisse dans les livres. On le laisse là sciemment, pour le retrouver plus tard, ou pour qu’il soit trouvé plus tard, quand on rouvrira le livre et qu’il exhalera, sous la forme de ce vestige pauvre, un fragment du passé, ou le souvenir d’un être cher. Ces bribes modestes de réel transforment les livres en herbiers, en albums, en écrins. Boîtes à moments. Memento mori. Bouteilles à la mer. Capsules de temps. A l’échelle de la bibliothèque, chaque livre joue ce même rôle. Eloïse Lièvre « Notre dernière sauvagerie » Fayard, p.306

(Photo: Librairie Nijinski, Bruxelles)