Un jour, une citation: Mélissa Da Costa

La librairie était calme. Elle commença à sortir des livres et à en lire des passages. Puis, elle en reposa certains sur leur rayon et en mit d’autres de côté.
« Comment tu les choisis? demanda Tim dans son dos. Tu ne regardes même pas le résumé.

– Non. Je les ouvre au hasard, au milieu.

– Et tu lis un passage?

– Ouais. Si le livre arrive à m’accrocher en trois lignes, c’est bon signe. »
Elle nota qu’il avait déjà deux livres sous le bras. Il avait été rapide.
« Et toi? demanda-t-elle.

– Je lis la dernière phrase. Si elle me donne envie de lire les dix mille qui la précèdent, alors j’achète. »
Elle eut un haussement d’épaules amusé.
« Pourquoi ils font encore des résumés, alors?
– Pour les gens normaux, tiens! »
Elle lui rendit son sourire. C’était un premier signe de complicité, à ne pas s’y tromper. Mélissa Da Costa « Je revenais des autres » Albin Michel, p.86-87

Photo: Librairie Point-Virgule, Namur

Brigitte Peeters “Un le matin, un le soir”

Quatrième de couverture

Pour fuir un mari infidèle, Victoire accepte de remplacer Hubert, le pharmacien du village de son enfance. Une nouvelle vie se reconstruit au rythme du quotidien où se croisent Clovis, le petit-fils d’Hubert, Marius, un électricien particulièrement attentionné, et les clients qui révèlent leurs blessures, leurs fêlures, leurs manies. La boîte à livres accolée à l’officine se révèle intrigante, entre les billets que lui laisse un admirateur inconnu et le journal intime écrit en 1943 par une jeune fille de quinze ans, séduite par un soldat allemand. Le destin d’une femme peut-il bouleverser celui d’une autre ? Un le matin, un le soir est l’histoire de la réinvention d’une femme entre présent et passé, drames et passions, racontée avec humour et tendresse.

Mon avis

Une boîte à livres d’un petit village et deux femmes… La première s’est réfugiée, ici, dans le village de son enfance, après une séparation douloureuse. La seconde a déposé un carnet recouvert de papier kraft dans la boîte à livres. Une écriture manuscrite, à l’encre bleue ou noire recouvrent les pages écrites autrefois …
Et puis, des feuillets bleus glissés page 322 de « Guerre et Paix »par un admirateur mystérieux…
Deux femmes racontent deux époques…
L’histoire d’une renaissance et l’histoire d’une confession…

Un roman tendre et touchant, et des personnages très attachants. Des êtres cabossés qui s’apprivoisent peu à peu. Émotions et sourires. La partie historique dévoile une des terribles faces cachées de la seconde guerre mondiale. Un épisode sombre et terrifiant. Une fois commencé, j’ai dévoré les pages de ce roman.


Extraits
▪️L’amour fait mal. Il vous hérisse l’épiderme, vous cisaille les entrailles, vous fait glisser à la fois sur du velours et de la soie, à la fois dans les orties et les chardons. p.190
▪️L’amour fait vivre, respirer, avaler l’air à grandes foulées, le rendre plus pur, fait voir l’herbe plus verte, le ciel plus bleu. p.190
▪️J’ai à découvrir le monde “avec”. Le monde avec bonheur, avec espoir, avec des abeilles qui butinent, avec des oiseaux qui chantent, avec des lendemains qui enchantent, peut-être des après-demain qui déchantent, mais des surlendemains qui déjantent. p.222


Editions Academia (Évasion), 2021, 232p.

Un jour, une citation: Daniela Raimondi

🇫🇷 Edvige ne quittait pas son livre. Elle le lisait en cachette, jusque tard dans la nuit, à la lueur d’une bougie. Daniela Raimondi « Le sortilège de Stellata » Slatkine et compagnie
🇮🇹 Edvige non riusciva a smettere di leggere. Lo faceva di nascosto fino a tarda notte, al lume di candela. Daniela Raimondi « La casa sull’argine » Casa Editrice Nord

Photo: Bouquinerie, Wavre

Un jour, une citation: Daniela Raimondi

Mais c’était trop tard: Edvige avait déjà pris goût à la lecture et, avec le temps, l’attachement aux livres donna un sens à sa vie. Elle commença à demander des romans à son ancienne maîtresse d’école qui fut heureuse de les lui procurer. Chaque mois, la maîtresse allait à la bibliothèque Ariostea à Ferrare, et revenait à Stellata le sac débordant de livres. Grâce à elle, Edvige fit la découverte des auteurs russes. Elle lut « Guerre et Paix », « Anna Karénine », « Les frères Karamazov ». Et se tourna ensuite vers les auteurs français: Hugo, Balzac, Dumas… Finalement elle découvrit « Madame Bovary » et en fut éblouie. Daniela Raimondo « Le sortilège de Stellata » Slatkine et compagnie, p.93-94

Photo: Pêle-Mêle, Bruxelles

Un jour, une citation: Tzvetan Todorov

🇫🇷 La connaissance de la littérature n’est pas une fin en soi, mais une des voies royales conduisant à l’accomplissement de chacun. Tzvetan Todorov « La littérature en péril »

🇮🇹 La conoscenza della letteratura non è fine a se stessa, ma rappresenta una delle vie per la realizzazione di ciascuno. Tzvetan Todorov « La letteratura in pericolo »

(Photo: Bouquinerie Thomas, Bruxelles)