Un jour, une citation: Clémentine Mélois

« Mes livres »

[…]

Je les respire.

Je les accumule.

Je les chéris.

Je les empile.

Je les lis.

Je les relis.

Je n’arrive pas à les lire.

Je ne les termine pas.

Je les range.

Je les oublie.

Je les perds.

Je les cherche.

Je les rachète.

Je les retrouve.

Je les rachète en double.

Je les rachète en triple.

Je les emporte avec moi.

Je les transporte.

Je les oublie.

Je les redécouvre.

Je m’aperçois qu’en fait je les ai déjà lus.

J’y glisse des marque-pages, souvenirs de moments de lecture.

Je note au crayon, sur la page de garde, le lieu et la date de leur acquisition. 

Clémentine Mélois « Dehors la tempête » Grasset , p.24-25

(Photo: Livre ou verre, Charleroi)

Un jour, une citation: Hermann Hesse

🇫🇷 Tous les livres du monde

Ne t’apporteront point le bonheur,

Mais ils te ramèneront sans tapage

A l’intérieur de ton être

Là, tu trouveras tout ce dont tu as besoin,

Le soleil, les étoiles, la lune

Car la lumière que tu recherches

réside en toi.

La sagesse que tu as si longtemps cherchée

Dans les livres

Surgira, resplendissante, de chaque page

Car désormais cette sagesse sera devenue tienne. Hermann Hesse

🇮🇹 Tutti i libri del mondo non ti danno la felicità, però in segreto ti rinviano a te stesso.

Lì c’è tutto ciò di cui hai bisogno, sole stelle luna.

Perché la luce che cercavi vive dentro di te.

La saggezza che hai cercato a lungo in biblioteca ora brilla in ogni foglio, perché adesso è tua. Hermann Hesse

(Photo: Galerie Bortier, Bruxelles)

Un jour, une citation: Clémentine Mélois

Parfois, au détour d’un texte, j’ai l’impression que l’auteur m’invite à entrer chez lui. Ravie, un peu intimidée, je m’installe dans son fauteuil préféré, consciente du privilège qui m’est offert de pénétrer ainsi dans l’intimité de l’écrivain. J’ai le sentiment de capter quelque chose de sa « vérité ». Clémentine Mélois « Dehors, la tempête » Grasset, p.76

(Photo: Pêle-Mêle, Bruxelles)

Kate Milie « Le mystère Spilliaert »

Quatrième de couverture

Peintre reconnu pour une œuvre intense mêlant mélancolie, cauchemars et plages énigmatiques, Léon Spilliaert est souvent perçu comme un symboliste perdu dans de sombres angoisses existentielles… Il n’en est rien. Admirateur de Nietzsche, ami d’Émile Verhaeren et de Stefan Zweig, Spilliaert, qui ne peignit quasi que des arbres à la fin de sa vie, fut, avant tout, un visionnaire.

Les personnages de ce roman vont se rencontrer et se raconter en retraçant sa vie et son œuvre. Dans une dynamique mêlant passé et présent, amour perdu, homme chancelant, buveuse d’absinthe et nature guérisseuse, ce livre emmène ses lecteurs à Ostende, Bruxelles et Paris sur les pas d’un immense artiste.

L’auteur

Kate Milie a publié plusieurs ouvrages, du polar au guide de balades. Elle aime la mer, les arbres, le crépuscule et horizons mystérieux. Avec son nouveau livre, elle signe son retour au roman intimiste. Et affirme, une fois de plus, sont goût pour les mises en abyme.

Mon avis

Depuis plusieurs semaines, elle rêve de « l’homme chancelant » Cet homme représenté dans un tableau de Léon Spilliaert, « La nuit ». Le musée abritant l’œuvre est fermé pour rénovation. Elle se tourne alors vers un autre musée, le visite et décide dans la foulée d’écrire sur le peintre belge Léon Spilliaert.

Elle organise un atelier d’écriture consacré à Spilliaert, à l’Hôtel Métropole. Ils sont deux à s’inscrire: Adrienne et William. Elle, veut écrire son histoire familiale, lui, a connu un amour inoubliable… quelque chose les relie au peintre…

Et l’auteur, elle, traîne son envie d’écriture dans le port et sur la plage d’Ostende…

Entre Bruxelles, Ostende et Paris, la vie du peintre se mêle et à celle des autres personnages du livre. On entre dans l’univers du peintre: sa mélancolie, sa solitude, mais aussi les arbres… Verhaeren, Ensor, un éditeur bruxellois. Et les lieux qui racontent…

Un très beau roman, riche et très original.

Extraits

▪️Un homme, vu de dos, vêtu d’une redingote, coiffé d’un haut-de-forme, erre la nuit, en bord de mer, le long des majestueuses Galeries royales d’Ostende. Il semble tituber, tend une main hagarde vers les imposantes colonnes. Qui est cet homme? Un noctambule égaré sur la digue après la fermeture des cabarets? Un promeneur perdu? Un être dévasté venu confier une douleur intenable à la mer? p.9

▪️À quoi tient une rencontre? Parfois à rien, à pas grand chose, quelques minuscules secondes qui vont devenir des éclats d’infini et bouleverser une vie. p.33

▪️Je veux écrire… Mais les mots se dérobent.. Les phrases ne veulent pas de moi… p.53

▪️L’obscurité s’est abattue sur la rue. Il pleut. La lumière du réverbère fait danser d’étranges silhouettes sur les murs des façades, les ombres de la nuit ont métamorphosé le salon. À nouveau, quand le soir tombe, l’effroi le saisit. p. 139

▪️Durant leurs promenades, Rachel aime imaginer la vie qui se déroule derrière les rideaux soyeux. Lui a eu un immense coup de cœur pour l’allée centrale ornée de petits arbres, de parterres de fleurs. Ici et là, des bancs public incitent au repos et à la contemplation. Mais ce matin, il fait trop froid… p.143-144

▪️Le bonheur, c’est ça, ces petits moments bleus…p.147

180 éditions, 2021, 164 p.

Un jour, une citation: Maria Messina

Les livres qu’il lui apportait, les belles choses qu’il lui montrait, ses conversations étaient pour elle la révélation d’une vie spirituelle plus noble et élevée que sa vie de tous les jours, où elle se traînait médiocrement, comme enfermée dans une ouate de brouillard gris. Maria Messina « La maison dans l’impasse » Éditions Cambourakis, p.114

(Photo: Cook and Book, Bruxelles)