Un jour, une citation: Emmanuelle Favier

Elle lit et soudain une phrase l’immerge dans le vertige d’un souvenir d’enfance, tout son être coule au fond d’un puits, elle est prête à toucher à sa propre vérité, elle tend la main pour la capturer et c’est déjà la fin de la phrase, de nouveau le plein jour aveuglant. Elle la relit mais en vain, c’est fini, c’est parti, elle ne pourra plus jamais descendre dans ce puits-là, il lui faudra attendre une nouvelle et hypothétique concordance entre une disponibilité parfaite et une autre phrase capable de provoquer l’immersion. En écrivant, peut-être davantage qu’en lisant, elle provoquera, cette concordance merveilleuse. Emmanuelle Favier « Virginia » Albin Michel, p.215

(Photo: Tulibris, Ixelles)

Un jour, une citation: Emmanuelle Favier

Elle passe ses journées à lire, les livres qu’elle dérobe sur les étagères paternelles, chargés des magies de la clandestinité […] Elle lit le matin, l’après-midi, le soir avant de s’endormir. Elle lit à table, dans un fauteuil ou allongée sur le tapis,elle lit en marchant sur les larges trottoirs, et c’est miracle qu’elle ne se cogne pas aux lampadaires.

Mais rien de mieux que de lire le matin, de prolonger le sommeil par la clarté d’un rêve de papier avant d’entrer dans le réel et ses brumes… » Emmanuelle Favier « Virginia » Albin Michel, p.59

(Photo: Filigranes Corner, Bruxelles)

Un jour, une citation: Émile Zola

🇫🇷 La lecture lui ouvrit des horizons romanesques qu’elle ignorait encore ; elle n’avait aimé qu’avec son sang et ses nerfs, elle se mit à aimer avec sa tête. » Émile Zola « Thérèse Raquin »

🇮🇹 La lettura le aprì orizzonti romanzeschi che ancora ignorava; finora aveva amato soltanto con il sangue e con i nervi; cominciò ad amare con la testa. Emile Zola « Thérèse Raquin »

(Photo: Librairie Tropismes, Bruxelles)

Un jour, une citation: Tatiana de Rosnay

Alors pourquoi continuait-elle à écrire? Parce qu’elle n’avait pas le choix, parce que les mots constituaient un rempart, une protection. Elle écrivait pour faire entendre sa voix, même frêle, assourdie; elle écrivait pour laisser une trace, même si elle ignorait qui la recueillerait. Elle écrirait. Tatiana de Rosnay « Les fleurs de l’ombre » RobertLaffont/ Héloïse d’Ormesson, p.156

(Photo: Bouquinerie, Bruxelles)