Un jour, une citation: Italo Calvino

🇫🇷 des livres que depuis longtemps tu as l’intention de lire, des livres que tu as cherchés des années sans les trouver, des livres qui concernent justement un sujet qui t’intéresse en ce moment, des livres que tu veux avoir à ta portée en toute circonstance, des livres que tu pourrais mettre de coté pour les lire peut-être cet été, des livres dont tu as besoin pour les aligner avec d’autres sur un rayonnage, des livres qui t’inspirent une curiosité soudaine frénétique et peu justifiable. Italo Calvino « Si par une nuit d’hiver un voyageur »

🇮🇹 I libri che da tanto tempo hai in programma di leggere, i libri che da anni cercavi senza trovarli, i libri che riguardano qualcosa di cui ti occupi in questo momento, i libri che vuoi avere per tenerli a portata di mano in ogni evenienza, i libri che potresti mettere da parte per leggerli magari quest’estate, i libri che ti mancano per affiancarli ad altri libri nel tuo scaffale, i libri che ti ispirano una curiosità improvvisa, frenetica e non chiaramente giustificabile. Italo Calvino « Se una notte d’inverno un viaggiatore »

(Photo: Bouquinerie, Ixelles)

Un jour, une citation: Daniel Pennac

🇫🇷 En sorte que nos raisons de lire sont aussi étranges que nos raisons de vivre. Et nul n’est mandaté pour nous de comptes sur cette intimité-là. Daniel Pennac « Comme un roman »

🇮🇹 Cosicché le nostre ragioni di leggere sono strane quanto le nostre ragioni di vivere. E nessuno è autorizzato a chiederci conto di questa intimità. Daniel Pennac « Come un romanzo »

(Photo: Château de Beloeil)

Un jour, une citation: Jorge Luis Borges

🇫🇷 Un livre est une chose parmi les choses, un volume parmi les volumes qui peuplent l’univers indifféremment, jusqu’à ce qu’il trouve son lecteur, l’homme destiné à recevoir ses symboles. C’est alors que survient cette émotion singulière que l’on nomme beauté, ce beau mystère, que ne peuvent déchiffrer ni la psychologie, ni la rhétorique. « La rose est sans pourquoi » a dit Angelus Silesius… Jorge Luis Borges « Le livre des préfaces » suivi de « Essai autobiographique »

🇮🇹 Un libro è una cosa dentro le cose, un volume perso nei volumi che popolano l’indifferente universo, fino a che si imbatte nel suo lettore, nell’uomo destinato ai suoi simboli. Accade allora, la singolare emozione chiamata bellezza, questo stupendo mistero che non viene decifrato né dalla psicologia né dalla retorica. “La rosa è senza perché”, disse Angelus Silesius… Jorge Luis Borges « Prologhi »

(Photo: Librairie Nijinski, Ixelles)

MARIE VAREILLE « LA VIE RÊVÉE DES CHAUSSETTES ORPHELINES »

Quatrième de couverture

En apparence, Alice va très bien (ou presque). En réalité, elle ne dort plus sans somnifères, souffre de troubles obsessionnels compulsifs et collectionne les crises d’angoisse à l’idée que le drame qu’elle a si profondément enfoui quelques années plus tôt refasse surface.

Américaine fraîchement débarquée à Paris, elle n’a qu’un objectif : repartir à zéro et se reconstruire. Elle accepte alors de travailler dans une start-up dirigée par un jeune PDG fantasque dont le projet se révèle pour le moins… étonnant: il veut réunir les chaussettes dépareillées de par le monde. La jeune femme ne s’en doute pas encore, mais les rencontres qu’elle va faire dans cette ville inconnue vont bouleverser sa vie.

Devenue experte dans l’art de mettre des barrières entre elle et les autres, jusqu’à quand Alice arrivera-t-elle à dissimuler son passé ?

L’auteur

Née en 1985, Marie Vareille est diplômée de l’ESCP-Europe et de l’Université de Cornell aux États-Unis. Elle a reçu le Prix Confidentielles pour son best-seller Je peux très bien me passer de toi et de nombreux prix en littérature jeunesse pour sa trilogie Elia la passeuse d’âmes. Elle vit entre Paris et Rotterdam avec son mari et sa fille et se consacre désormais à l’écriture. La Vie rêvée des chaussettes orphelines est son septième roman.

Mon avis

Paris. Pour Alice, l’arrivée à Paris est synonyme de nouveau départ. Elle souhaite repartir à zéro dans une nouvelle ville pour oublier son passé. Peu à peu elle se construit une nouvelle vie. Un appartement, un nouveau boulot pour une start-up aux ambitions aussi poétiques qu’improbables. De nouvelles fréquentations aussi, toutefois, elle reste sur ses gardes, fait des crises d’angoisse. Elle se crée des barrages, incapable de faire confiance aux autres. Quel est donc ce passé secret, qui l’empêche de vivre, et de construire un avenir?

Le roman, alternant le journal d’Alice racontant le passé, et le présent nous immerge dans l’histoire de deux sœurs, l’histoire de cette relation si spéciale qui existe entre elles.

Beaucoup moins léger qu’il n’y parait, ce roman aborde un sujet douloureux pour beaucoup de femmes, l’envie de grossesse et la difficulté de vivre cela au quotidien quand l’enfant n’arrive pas.

On ne peut que s’attacher au personnage qui semble si démuni face à la vie et au sentiment de culpabilité qui la submerge.

On tourne les pages sans y penser, et on ne peut lâcher le livre.

Un énorme coup de cœur.

Extraits

▪️… car écrire soulage, et par ailleurs cela peut aider à mettre en lumière certains sentiments enfouis et refoulés

▪️ notre temps nous est compté. Je voudrais prévenir ceux qui dilapident en activités futiles, le bien le plus précieux que l’univers nous ait donné : le temps; je ne sais pas si tu es au courant, mais un jour on meurt. La vie est courte, elle ne dure pas, chaque instant compte. Le temps s’évapore et emporte avec lui toute possibilité de retour en arrière, ne laissant que les regrets, des débris de coquillages échoués sur une plage à marée basse.

▪️Il y a des visages qu’on remarque, des regards qu’on n’oublie pas.

▪️La vie est faite de minuscules décisions. À chaque pas, chaque action, chaque choix, nous avançons un peu plus sur un chemin plutôt qu’un autre. On sait ce qu’on accepte, mais on ne sait jamais ce à quoi on renonce.

▪️Tu es comme un film d’auteur ou un bouquin très littéraire, mon Alice : complexe et géniale, mais tu demandes un petit effort sur les premiers chapitres pour qu’on commence à t’apprécier vraiment.

Note: 5/5 💙💙

Éditions Charleston, 2019, 400p.

Un jour, une citation: Sándor Márai

🇫🇷 Bien sûr, j’ai beaucoup lu. Mais, vois-tu, tu ne peux rien recevoir des livres si, en échange, tu ne leur donnes pas une part de ton âme – il faut, pour cela, concevoir la lecture comme un duel où l’on inflige et subit des blessures, comme un terrain où l’on se bat, où l’on cherche à convaincre ou, au contraire, on se laisse persuader pour mieux s’enrichir et entreprendre une oeuvre constructive … Sándor Márai « Métamorphoses d’un mariage »

🇮🇹 Leggevo molto. Ma, anche riguardo alla lettura, sai com’è…  riesci ad avere davvero qualcosa dai libri solo se sei capace di mettere qualcosa di tuo in ciò che stai  leggendo. Voglio dire, solo se ti accosti alla lettura come a un duello, con lo stato d’animo di chi è disposto a ferire e a essere ferito, a polemizzare, a convincere e a essere convinto, e poi, dopo aver fatto tesoro di quanto hai imparato, lo impiegherai per costruire qualcosa nella vita o nel lavoro … Sándor Márai « La donna giusta »

(Photo: Saint-Gilles)

Un jour, une citation: Alessandro Baricco

🇫🇷 […] lire ce n’est jamais que fixer un point pour ne pas se laisser séduire, et détruire, par la fuite incontrôlable du monde. Alessandro Baricco « Châteaux de la colère »

🇮🇹 […] Altro non è mai, leggere, che fissare un punto per non essere sedotti, e rovinati, dall’ incontrollabile strisciare via del mondo. Alessandro Baricco «Castelli di rabbia »

(Photo: Galerie Bortier, 1000 Bruxelles)

Un jour, une citation: Joan Didion

🇫🇷 Quand les temps sont difficiles, m’avait-on enseigné depuis toute petite, lis, apprends, révise, va aux textes. Savoir, c’est contrôler. Joan Didion « L’année de la pensée magique  »

🇮🇹 Nei momenti difficili, mi era stato insegnato fin dall’infanzia, leggi, impara, datti da fare, rivolgiti alla letteratura. Essere informati significava non perdere il controllo. Joan Didion « L’anno del pensiero magico »

(Photo: Bouquinerie, Saint-Gilles)