Jean-Louis Aerts « Un demi-siècle de mensonges »

Quatrième de couverture

1940 : Emilie a 14 ans quand la Seconde Guerre mondiale vient bouleverser ses rêves d’adolescente.

1961 : Jeanne a 18 ans lorsque sa vie vole en éclats.

2006 : Marylou a 40 ans au moment où deux drames font basculer son existence et lui rappellent son douloureux passé.

Quel lien unit ces trois femmes? Qui donc a intérêt à déterrer les vieux démons ? L’inspecteur Gleizner mène l’enquête et tente de démêler l’écheveau de mensonges qui entoure les mystérieux incidents dont est victime Marylou.

Entre thriller et récit de vie, le lecteur est forcé de plonger de nouveau dans le passé pour comprendre le présent. Passionnant de bout en bout, ce roman revisite quelques événements marquants de l’histoire de Belgique.

L’auteur

Professeur de français, de latin et de théâtre dans une école bruxelloise depuis plus de vingt-cinq ans, Jean-Louis Aerts a multiplié les expériences littéraires et artistiques: one man show, saynètes et improvisations théâtrales, nouvelles, contes, etc.

Mon avis

Trois femmes, trois destins, trois histoires intimement liées. Emilie, Jeanne et Marylou: trois destins qui s’enchevêtrent… Emilie, amoureuse durant la seconde guerre mondiale. Jeanne, et le secret qui bouleversera sa vie. Et Marylou, qui après mille péripéties, a retrouvé une vie plus tranquille. Son grand-père décéde. Est-ce un accident ou un meurtre? On échappe pas à sa destinée. Le passé refait jour, ainsi que les manipulations les drames et les mensonges….

Une enquête palpitante qui entraîne le lecteur dans une histoire familiale complexe et mystérieuse. Et toujours l’Histoire en toile de fond. De l’exposition universelle de 1958 à l’incendie de l’Innovation en 1967, c’est l’histoire de Belgique qui revit au fil des pages. Un excellent moment de lecture, on tourne les pages sans s’en rendre compte et déjà il faut quitté le personnage de Marylou avec un soupçon de tristesse.

Extraits

▪️Écrire est un acte égoïste de survie, un exutoire utilisé par l’écrivain pour ne pas sombrer dans les abîmes de la la bêtise humaine, une bouée qui l’empêche de se noyer dans l’océan de haine que l’homme déverse jour après jour sur cette terre qu’il méprise.

▪️Quand la réalité est trop dure à supporter, on choisit parfois naïvement l’hypothèse la moins traumatisante.

▪️A-t-on besoin d’étaler sa souffrance pour ne pas l’oublier?

▪️Un petit moment d’hésitation peut vous trahir aussi bien qu’un flagrant délit.

Note: 5/5

180°éditions, 2018, 350p.

Un jour, une citation: Victor Hugo

🇫🇷 Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin

De venir dans ma chambre un peu chaque matin;

Je l’attendais ainsi qu’un rayon qu’on espère;

Elle entrait et disait: «Bonjour mon père»;

Prenait ma plume, ouvrait mes livres s’asseyait

Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,

Puis soudain s’en allait comme un oiseau qui passe.

Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse,

Mon oeuvre interrompue, et, tout en écrivant,

Parmi mes manuscrits je rencontrais souvent

Quelque arabesque folle et qu’elle avait tracée,

Et mainte page blanche entre ses mains froissée

Où, je ne sais comment, venaient mes plus doux vers.

Victor Hugo « Les contemplations »

🇮🇹 Lei aveva l’abitudine quando era una bambina

di venire un po’ nella mia camera ogni mattina.

Io la attendevo così come un raggio di sole in cui si spera;

Lei entrava e diceva: Buongiorno, mio piccolo papà!

Prendeva la mia piuma, apriva i miei libri, si sedeva

sul mio letto, disordinava le mie carte, e rideva

poi improvvisamente se ne andava come un uccello che passa.

Allora io riprendevo, con la testa un po’ meno stanca,

la mia opera interrotta, e immerso nella scrittura,

tra i manoscritti ritrovavo spesso

qualche schizzo che lei aveva disegnato,

e varie pagine bianche sgualcite dalle sue mani

dove, non so come, mi uscivano i più dolci versi.

Victor Hugo « Le contemplazioni »

(Librairie Am Stram Gram, 1 rue Général Mac Arthur. 1180 Bruxelles (Uccle)

Un jour, une citation: Romain Gary

🇫🇷 Toutes ces mésaventures firent que je m’enfermais de plus en plus dans ma chambre et que je me mis à écrire pour de bon. Attaqué par le réel sur tous les fronts, refoulé de toutes parts, me heurtant partout à mes limites, je pris l’habitude de me réfugier dans un monde imaginaire et à y vivre, à travers les personnages que j’inventais, une vie pleine de sens, de justice et de compassion. Romain Gary « La Promesse de l’aube »

🇮🇹 Tutte quelle disgrazie fecero si che mi chiudessi sempre di più in camera mia e mi metessi a scrivere davvero. Attaccato dalla realtà su tutti i fronti, respinto da tutte le parti, scontrandomi ovunque con i miei limiti, presi l’abitudine di rifugiarmi in un mio mondo immaginario e viverci, attraverso i personaggi che inventavo, una vita piena di significato, di giustizia, di compassione. Romain Gary « La promessa dell’alba »

(Photo: Piolalibri, rue Franklin, 66-68, 1000 Bruxelles)

Jean-Louis Aerts « Un siècle de mensonges »

Quatrième de couverture

Jeune journaliste de 33 ans, Marylou est engagée par un richissime vieillard américain pour écrire sa biographie. Le contrat à peine signé, elle se rend compte qu’elle se fait manipuler. Trop tard, le piège se referme inexorablement sur elle. Le compte à rebours est déclenché : il lui reste moins de deux ans pour comprendre les enjeux dont elle est l’objet. Débute alors un véritable bras de fer entre deux êtres que tout semble opposer. De New York à Syracuse, en passant par Bruxelles, Marylou sera forcée de remonter le passé jusqu’en 1907 et d’ouvrir la boîte de Pandore.

Entre thriller et récit de vie, l’auteur nous livre un roman captivant dès la première page, dans lequel il distille, les pièces d’un puzzle qu’on prend plaisir à reconstituer. Au final, une intrigue palpitante qui nous replonge dans quelques événements marquants du XXe siècle !

Mon avis

Journaliste intérimaire, Marylou risque de perdre sa place. C’est alors qu’elle est engagée par un richissime vieillard au passé mystérieux, pour écrire sa biographie. Victime d’une machiavélique manipulation qui l’entraînera de Bruxelles à New-York et Syracuse, en passant par Redu, petit village belge dédié aux livres, elle entame un voyage qui bouleversera sa vie à jamais. Un voyage qui la conduira sur les traces de son passé… Et cette question les crimes familiaux du passé peuvent-ils influencer la vie des générations successives!

Une lecture captivante qui parle de manipulation, de secrets, de drames, de coïncidences. Différentes catastrophes qui ont marqué le dernier siècle comme autant d’étapes de cette histoire. Une intrigue passionnante qui vous emporte et dont le rythme s’accélère au fil des pages! J’ai hâte de commencer le deuxième tome « Un demi-siècle de mensonges » dont je vous parlerai bientôt! À suivre!

Extraits

▪️Les souvenirs, si funestes soient-ils, vous aident à tenir debout, à maintenir le cap, coûte que coûte.

▪️L’homme, qui n’a aucun moyen de prévoir les méfaits du hasard, a toujours essayé de trouver une explication rationnelle aux événements, pour se rassurer,

▪️On a tous des petits secrets qu’on garde jalousement de peur qu’il nous échappent ou nous explosent à la figure.

▪️La vie est un jeu où tout le monde perd, certains un peu moins vite.

▪️La vie n’est pas un jeu où l’on retourne à la case départ.

▪️La vie est ainsi faite: pour qu’il y ai une oasis, il faut un désert.

Note: 4,5/5

▪️Finaliste du Prix des Lecteurs Club 2016

180 éditions, 2017, 380p.

Un jour, une citation: Franck Thilliez

La lecture a ceci de magique qu’elle permet de remonter le temps. Rien ne vous empêche, alors que vous approchez de la fin d’un livre, de relire les premiers chapitres et de retrouver ainsi les personnages tels qu’ils étaient une heure, un mois ou des années auparavant. La réalité est malheureusement toute différente. Ce qui est passé est passé. Normalement… Franck Thilliez « L’anneau de Moebius »

(Photo: Librairie Au vieux quartier, rue de La Croix, 30, 5000 Namur)

Un jour, une citation: Michelle Richmond

… pour qu’un livre soit vraiment bon, il ne suffisait pas de développer les personnages secondaires aussi devaient être bien croqués. Lorsque le lecteur referme un livre, il ne doit pas seulement se souvenir du protagoniste et de l’antagoniste, mais aussi de tous ceux qui traversent l’histoire… Parce que la vie est faite de ça … Elle n’est pas uniquement constituée de personnages principaux et de grands événements. Mais de tout un chacun, de toute chose, dans les interstices. Michelle Richmond « Le carnet de la mathématicienne  »

(Photo: Daunt Books, Marylebone High St, 84, Marylebone, Londres)