Un jour, une citation: Dante Alighieri

🇮🇹 Noi leggiavamo un giorno per diletto

di Lancialotto come amore lo strinse;

soli eravamo e senza alcun sospetto.

Per più fiate li occhi ci sospinse quella lettura, e scolorocci il viso;

ma solo un punto fu quel che vinse

Quando leggemmo il disïato riso

esser basciato da cotanto amante,

questi, che mai da me non fia diviso,

la bocca mi basciò tutto tremante.

Galeotto fu ‘l libro e chi lo scrisse:

quel giorno più non vi leggemmo avante. Dante Alighieri « La divina commedia », Inferno, Canto V, versi 133-138

🇫🇷 Un jour, par plaisir, nous lisions de Lancelot, comment l’amour l’enserra de ses liens; nous étions seuls et sans aucune défiance.

Plusieurs fois cette lecture mut nos regards et décolora notre visage; mais un seul moment nous vainquit.

Quand nous lûmes comment les riantes lèvres désirées furent baisées par un tel amant, celui-ci, qui jamais de moi ne sera séparé,

Tout tremblant me baisa la bouche: Galeotto pour nous fut le livre et qui l’écrivit; ce jour nous ne lûmes pas plus avant. Dante Alighieri « La Divine Comédie », « Enfer »

#25marzo #25mars #dantedì

(Photo: Librairie Tropismes, Bruxelles)

Un jour, une citation: Tzvetan Todorov

🇫🇷 La littérature peut beaucoup. Elle peut nous tendre la main quand nous sommes profondément déprimés, nous conduire vers les autres êtres humains autour de nous, nous faire mieux comprendre le monde et nous aider à vivre. Ce n’est pas qu’elle soit, avant tout, une technique de soins de l’âme ; toutefois, révélation du monde, elle peut aussi, chemin faisant, transformer chacun de nous de l’intérieur. Tzvetan Todorov « La littérature en péril » Flammarion

🇮🇹 La letteratura può molto. Può tenderci la mano quando siamo profondamente depressi, condurci verso gli esseri umani che ci circondano, farci comprendere meglio il mondo e aiutarci a vivere. Non vuole essere un modo per curare lo spirito; tuttavia, come rivelazione del mondo, può anche trasformarci nel profondo. Tzvetan Todorov “La letteratura in pericolo” Garzanti

(Photo : Librairie La Licorne, Bruxelles)

Un jour, une citation: Andrea Marcolongo

🇫🇷 En grec ancien, le verbe λέγω (legô), qui évoque immédiatement le latin legere, signifiait aussi bien « cueillir » – des coquelicots dans un pré, des cerises sur un arbre -, que « choisir » – dans la bibliothèque sur la pointe des pieds, la main tendue vers l’étagère -, que « raconter », « dire » – et c’est pour cette raison qu’il est employé au présent en alternance avec le verbe plus complexe φημί, (phēmí), qui désigne exclusivement l’acte de parler. Andrea Marcolongo « Étymologies pour survivre au chaos » Éditions Les belles lettres , p.67

🇮🇹 In greco antico, il verbo λέγω (légo), che rimanda direttamente al latino legere, significava sia «raccogliere», i papaveri in un prato, le ciliegie da un albero, sia «scegliere» – come in biblioteca, sulle punte dei piedi e la mano tesa verso lo scaffale –, sia «raccontare», «dire» – e per questa ragione, al presente, è spesso alternato al più complesso verbo φημί (phemí), che indica esclusivamente l’atto del parlare. Andrea Marcolongo « Alla fonte delle parole » Mondadori

(Photo: Bouquinerie, Anvers)

Un jour, une citation: Leonardo Sciascia

🇫🇷 Un livre est comme réécrit à chaque époque à laquelle on le lit et chaque fois qu’on le lit. La relecture serait alors une lecture, mais une lecture inconsciemment chargée de tout ce qui, entre une lecture et l’autre, est passé sur ce livre et à travers ce livre, dans l’histoire humaine et en nous. Leonardo Sciascia

🇮🇹Un libro, dunque, è come riscritto in ogni epoca in cui lo si legge e ogni volta che lo si legge. E sarebbe allora il rileggere un leggere: ma un leggere inconsapevolmente carico di tutto ciò che tra una lettura e l’altra è passato su quel libro e attraverso quel libro, nella storia umana e dentro di noi. Leonardo Sciascia « Cruciverba »

(Photo: Bouquinerie, Saint-Gilles)