Un jour, une citation: Nicolas Barreau

🇫🇷 La première phrase d’un livre s’apparente au premier regard entre deux personnes qui ne se connaissent pas encore. Nicolas Barreau « Le sourire des femmes »

🇮🇹 La prima frase di un libro è come il primo sguardo tra due persone che non si conoscono. Nicolas Barreau « Gli ingredienti segreti dell’amore »

(Photo: Librairie Mot Passant, Avenue de Jette, 300, 1090 Jette)

Un jour, une citation: Gustave Flaubert

Lisez pour vivre. Faites à votre âme une atmosphère intellectuelle qui sera composée de l’émanation de tous les grands esprits. Étudiez, à fond, Shakespeare et Goethe. Lisez des traductions des auteurs grecs et romains, Homère, Pétrone, Plaute, Apulée, etc… Quand quelque chose vous ennuiera, acharnez-vous dessus. Vous le comprendrez bientôt, ce sera une satisfaction pour vous. Il s’agit de travailler, me comprenez-vous? Gustave Flaubert « Correspondance » – Lettre à Mademoiselle Leroyer de Chantepie (6 juin 1857)

(Photo: Bouquinerie, 1050 Bruxelles)

Un jour, une citation: Erik Orsenna

– En quoi les livres te consolent-ils de ne pas naviguer? En quoi remplacent-ils pour toi les bateaux?

– Lire ressemble à regarder l’horizon. D’abord on ne voit qu’une ligne noire. Puis on imagine des mondes.

– Je veux bien. Mais pourquoi ta manie d’écrire dans les marges de tous les livres que tu lis?

– Pour bien lire, j’ai besoin d’écrire. L’écriture est le guide, le garde-fou des pensées déclenchées par la lecture. Sans guide, sans garde-fou, les pensées, je les connais, elles s’en vont n’importe où et ne reviennent jamais.

***

Écrire est une navigation sur la terre ferme, la page blanche est une voile qu’on hisse; les mots, un sillage qui s’efface. Erik Orsenna « L’entreprise des Indes »

(Photo: Librebook, Chaussée de Wavre, 128, 1050Bruxelles)

Un jour, une citation: Elizabeth Barrett Browning

🇫🇷 Des livres! et encore des livres! J’avais découvert un secret. Dans une mansarde on avait empilé des caisses de volumes aux initiales de mon père; il y en avait dans tous les sens et jusqu’en haut. Je me glissais parmi ces caisses géantes – fossiles dès mon passé – comme une toute petite souris qui se promènerait entre les côtes d’un mastodonte. J’allais, moi aussi, grignotant de ça et de là, attirant à moi, à travers une fente, le premier livre qui se présentait, je m’en emparais avec des fièvres de terreur, de hâte, de joie victorieuse; je l’emportais sous mon oreiller, et, le matin, une heure avant que le soleil ne me permit d’y lire, il me semblait en sentir les pulsations sous ma tête. Mes livres!… Elizabeth Barrett Browning « Aurora Leigh »

🇬🇧 Books, books, books!

I had found the secret of a garret room

Piled high with cases in my father’s name;

Piled high, packed large,–where, creeping in and out

Among the giant fossils of my past,

Like some small nimble mouse between the ribs

Of a mastodon, I nibbled here and there

At this or that box, pulling through the gap,

In heats of terror, haste, victorious joy,

The first book first. And how I felt it beat

Under my pillow, in the morning’s dark,

An hour before the sun would let me read!

My books!

Elizabeth Barrett Browning « Aurora Leigh »

(Photo: Se m’ami … Libreria & Ristorante, rue de Namur, 80, 1000 Bruxelles)

Un jour, une citation: Marguerite Yourcenar

🇫🇷 Nous nous prêtions des livres. Nous les lisions ensemble, mais non a voix haute, nous savions trop bien que les paroles rompent toujours quelque chose. C’étaient deux silences accordés. Nous nous attendions à la fin des pages… Marguerite Yourcenar « Alexis ou le traité du vain combat »

🇮🇹 Ci prestavamo dei libri. Li leggevamo assieme, ma non ad alta voce: sapevamo troppo bene che le parole rompono sempre qualche cosa. Erano due silenzi accordati. Ci attendevamo alla fine della pagina… Marguerite Yourcenar « Alexis o il trattato della lotta vana »

(Photo: Bouquinerie, 1050 Bruxelles)

Un jour, une citation: Alan Bennett

🇫🇷 Elle découvrait également que chaque livre l’entraînait vers d’autres livres, que les portes ne cessaient de s’ouvrir, quels que soient les chemins empruntés, et que les journées n’étaient pas assez longues pour lire autant qu’elle l’aurait voulu. Alan Bennett« La reine des lectrices »

🇮🇹 Stava anche scoprendo che un libro tira l’altro; ovunque si voltava si aprivano nuove porte e le giornate erano sempre troppo corte per leggere quanto avrebbe voluto. Alan Bennett « La sovrana lettrice »

(Photo: Se m’ami Libreria & Ristorante, rue de Namur, 80, 1000 Bruxelles)