Un automne avec Madame de Sévigné (54)

Je suis ici dans une fort grande solitude, et pour n’y être pas accoutumée je m’en accommode assez bien. C’est une consolation que de lire. J’ai ici une petite bibliothèque qui serait digne de vous. Mais vous seriez bien digne de moi et, si nous étions voisins, nous ferions un grand commerce de nos esprits et de nos lectures. Madame de Sévigné  » Lettre à Bussy-Rabutin » du 19 juin 1680 (Pléiade, tome 2, lettre 775, p.979)

Un jour, une citation: John Keats

🇫🇷 Donnez- moi des livres, des fruits, du vin de France ainsi que du beau temps et un peu de musique dehors jouée par quelqu’un que je ne connais pas – sans avoir à payer le prix de son temps pour une gigue – mais un petit air de musique au hasard: et je peux passer un été tout ce qu’il y a de plus tranquille sans me soucier beaucoup… John Keats lettre à Fanny Keats du 28 août 1819, Belin, p.441

🇬🇧 Give me books, fruit, French wine and fine weather and a little music out of doors, played by someone I do not know – not pay the price for a gig – but a little chance music: and I can pass a summer very quietly without caring much…

Un automne avec Madame de Sévigné (52)

Enfin, que ne pense-t-on point quand on pense toujours, avec beaucoup de silence et de loisir? Je ne vous dis point tous les pays que j’ai battus, ni tous les chemins que fait mon imagination, ma lettre serait aussi longue que d’ici à Orléans. Ce qui est vrai, c’est que je trouve toujours une égale tendresse dans mon cœur. J’aimerais fort à vous parler sur certains chapitres, mais ce plaisir n’est pas à portée d’être espéré. Ainsi, ma bonne, « je pense donc je suis »; je pense avec tendresse, donc je vous aime; je pense uniquement à vous de cette manière, donc je vous aime uniquement. Madame de Sévigné « Lettre à Madame de Grignan » du 11 mai 1680 (Pléiade, tome 2, lettre 763, p.926)

Un automne avec Madame de Sévigné (51)

Je veux vous écrire tous les soirs, ma chère enfant; rien ne me peut contenter que cet amusement. Je tourne, je marche, je veux reprendre un livre; j’ai beau faire, je m’ennuie, et c’est mon écritoire qu’il me faut. Il faut que je vous parle, et qu’encore que ma lettre ne parte ni aujourd’hui ni demain, je vous rende compte tous les soirs de ma journée. Madame de Sévigné « Lettre à Madame de Grignan » du 9 mai 1680 (Pléiade, tome 2, lettre 762, p. 921)