Jérôme Colin « Le champ de bataille »

Quatrième de couverture

Le problème avec les enfants, c’est qu’ils grandissent. Un jour, sans prévenir, ils claquent les portes, rapportent de mauvaises notes et ne s’expriment que par onomatopées. Surtout, ils cessent de vous considérer comme un dieu sur terre. Et ça, il faut l’encaisser. La science explique qu’ils n’y sont pour rien. C’est leur cerveau en formation qui les rend feignants, impulsifs et incapables de ramasser leurs chaussettes. N’empêche. On n’a jamais rien créé de pire que les adolescents du virtuolithique. Voici l’histoire d’un couple sur le point de craquer face aux assauts répétés de leur fils de 15 ans. Qu’ont-ils mal fait ? Rien. Mais la guerre est déclarée. Et ils ne sont pas préparés. L’école les lâche, le père part en vrille, la mère essaie d’éteindre l’incendie. C’est un roman sur l’amour familial où les sentiments sont à vif, comme sur un champ de bataille.

Mon avis

Dévoré en quelques heures, ce nouveau roman de Jérôme Colin est un gros gros, gros coup de coeur!!

L’histoire d’un homme, un peu rêveur, très pessimiste, plein de doutes… Il voudrait être un bon père et un bon mari, mais est souvent maladroit. Il se pose énormément de questions. Son refuge: les toilettes. Confronté à la rébellion de son fils adolescent, il en oublie combien celui-ci est merveilleux! Et dans sa vie de couple, rien ne va plus! Une famille, c’est beaucoup d’amour et des conflits!

En toile de fond: les attentants de Paris et ceux de Bruxelles… Personnellement, ce livre m’a fait revivre cette journée du 22 mars 2016, cette journée vécue la peur au ventre…

Un livre actuel, qui colle à notre époque. Et comme pour son premier roman, une écriture qui calque la vie! Ce roman est émouvant, empreint de tendresse, je l’ai terminé la larme à l’œil! À lire absolument!

Extraits

▪️Demain? Que sais-je de demain? Ici , il y a tout l’aujourd’hui qu’il faut. Erri de Luca (épigraphe)

▪️La chambre d’un ado, c’est un savant équilibre agro-écologique.

▪️Comme si l’on pouvait remettre le plaisir au lendemain. Comme si nos heures n’étaient pas comptées. Car demain n’est pas une certitude, c’est au mieux une éventualité.

▪️Vivre, ça ne se faisait pas en trainant les pieds mais en remontant ses manches.

▪️Nous conservons tous, toujours, nos zones d’ombre.

▪️Tu sais comment on élève des enfants? Les élever… Tu as compris le sens de ce mot? Eh bien, on met beaucoup d’amour et un peu d’eau! Voilà comment on fait!

Note: 5/5 💙 💙

Allary Éditions, 2018, 208p.

Lien: Jérôme Colin « Éviter les péages »

https://abookisalwaysagoodidea.wordpress.com/2018/03/06/jerome-colin-eviter-les-peages/

Jérôme Colin « Éviter les péages »

Quatrième de couverture

À partir de quarante ans, la vie est toute tracée. C’est ce qu’il pensait avant de rencontrer Marie un après-midi dans un bar.

Il est chauffeur de taxi, père de trois enfants, marié depuis quinze ans, propriétaire d’une maison avec jardin en périphérie de Bruxelles et sa belle petite vie roulait tranquillement. Jusqu’à ce que Marie lui sourie et lui offre la possibilité d’un nouveau départ.

Ce n’est pas une décision qu’un homme prend facilement. Alors il continue de rouler au son de Bashung, Jeff Buckley et des confidences de ses clients.

Quitter sa femme pour une autre qu’il connaît à peine : il y songe. Rester avec une femme qu’il n’est plus sûr d’aimer : il y songe aussi. En attendant, il s’accroche à son volant et monte le son, espérant trouver dans les paroles de ses chansons préférées la bonne façon d’aimer.

Mon avis

Comment savoir si on est au bon endroit et si ce qu’on fait est juste? Voilà la grande question qui traverse ce livre.

Un chauffeur de taxi bruxellois rencontre une femme alors qu’il est marié et a 3 enfants. Il balade son taxi dans les nuits bruxelloises et fait de brèves rencontres avec des clients qui traversent sa vie le temps d’un instant. La musique l’accompagne toujours. Il se questionne! Un livre générationnel, sur la crise de la quarantaine, les choix que l’on fait ou pas, la routine du quotidien, les rêves et les peurs! Une écriture qui calque la vie!

Extraits

▪️(Épigraphe) Il vaut mieux tomber amoureux que dans l’escalier. Un ami

▪️… parfois les mots nous débordent…

▪️La merde, vaut mieux qu’elle vous tombe dessus d’un coup plutôt que de la voir venir. Attendre, c’est déjà souffrir.

▪️Que ne durent que les moments doux. (Bashung)

Comme tous les ados, j’ai rêvé à un destin extraordinaire. Et comme tous les adultes, en grandissant, j’ai juste fait ce que la vie attendait de moi…

▪️C’est dingue tout de même la capacité de l’homme à tout trouver normal après un certain temps.

▪️Aujourd’hui, tout le monde doit écouter la même musique. C’est tellement plus rassurant.

▪️C’est à cette époque que j’ai compris que la musique était l’art entre tous. Que des chansons pouvaient changer une vie. Que l’on pouvait passer au rouge. Qu’aimer était beau et périlleux. Que l’on pouvait dire non. J’ai tout compris. Même si je n’ai rien appliqué.

▪️Nous parlâmes longuement. De tout et de rien. De rien pour être tout à fait honnête. Nous savions tout deux qu’il était inutile d’entrer dans les détails. Que nos yeux s’étaient déjà tout dit.

▪️Nous avons partagé les peines. Comme d’habitude. C’est l’un des concepts principaux de la vie à deux.

▪️Le problème avec la réalité, c’est qu’elle ne s’arrête jamais. La routine ne fait pas de trêve.

Y a-t-il sur cette terre des gens qui se posent moins de questions ? Des gens qui savent, ne fut-ce qu’une fois de temps en temps, qu’ils sont au bon endroit. Que ce qu’ils font est juste?

▪️Les mots sont inutiles face au mystère des retrouvailles.

▪️Car le courage, paraît-il, ça vient doucement.

Note: 4,5/5

Allary Editions, 2015, 195p.

« marcher sur l’eau

éviter les péages

jamais souffrir

juste faire hennir

les chevaux du plaisir… »

Alain Bashung « Osez Joséphine »

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« Que ne dure que les moments doux… »