CHANEL CLEETON « L’ANNÉE PROCHAINE À LA HAVANE »

Quatrième de couverture

La Havane, Cuba, 1958

Elisa Perez et ses trois soeurs sont les joyaux de la dynastie sucrière familiale. Tandis que les hommes Perez président à la destinée du pays, elles évoluent dans un monde fait de luxe et d’oisiveté. Pourtant, les combats font déjà rage dans l’est du pays et bientôt la guerre civile frappera au cœur même de La Havane. Tandis qu’un monde s’éteint, un autre est en train de naître. Et la rencontre d’Elisa avec Paulo, un jeune révolutionnaire idéaliste, la précipitera au cœur du conflit.

Entre loyauté familiale, passion et idéologie, son destin va basculer, ainsi que celui de tout un peuple.

Soixante ans plus tard, la petite-fille d’Elisa, Marisol, découvre La Havane, cette ville qui a abrité les plus grandes joies et les plus grands drames de la vie de sa grand-mère…

LE COUP DE COEUR DES LECTRICES CHARLESTON !

« Un superbe hommage au peuple cubain. »

« Un coup de cœur inattendu qui m’a bouleversée. »

« Une histoire merveilleusement écrite, fascinante. »

« Dépaysement garanti ! »

Mon avis

La famille Perez a dû quitté Cuba, précipitamment, et s’est installée à Miami. Ils ont tout quitté et leur exil commence. Elisa, une des quatre filles, a laissé son cœur à La Havane. Soixante ans plus tard, sa petite-fille adorée, Marisol, à laquelle elle a confié, par testament, la lourde tâche de répandre ses cendres sur la terre qu’elle aime, cette île mythique, ancrée dans son cœur, entreprend le voyage de retour dont sa grand-mère a toujours rêvé. Officiellement, c’est une journaliste qui se rend à Cuba pour écrire un article sur le tourisme. Une fois arrivée sur l’île, elle découvrira le secret de sa grand-mère. Cette grand-mère qui avait en elle une certaine tristesse, une nostalgie… Elle comprendra pourquoi. Une boîte, des lettres, un secret…

L’histoire de Cuba est omniprésente dans le récit, et le roman met en parallèle l’histoire de ceux qui sont partis et celle de ceux qui sont restés. Ils aiment leur pays mais d’une façon diamétralement opposée. Ceux qui ont quitté Cuba rêvent d’un retour au pays, comme un rêve qui ne se réalise jamais. Ceux qui sont restés ont une vision moins idéaliste de leur pays.

Et dans ce contexte, deux histoires d’amour, à 60 ans de distance. Et à chaque fois, l’histoire de Cuba qui conditionne les amours, quel que soit le moment historique et la situation politique.

Deux portraits de femmes courageuses et audacieuses, qui aiment passionnément.

Chapitre après chapitre, les deux voix s’alternent, le passé et le présent, Elisa et Marisol. Un page-turner sur fond historique qui vous transporte à Cuba.

Extraits

▪️Je dirais que c’est comme un puzzle, je sais où je veux arriver, je connais les mots que je vais employer pour ce faire, mais la magie opère lorsque je m’assois face à mon ordinateur et que j’assemble des phrases pour parvenir à l’essence de mon propos.

▪️Le chagrin est ainsi fait: on ne sais jamais quand il nous frappera.

▪️La meilleure chose à faire pour survivre à La Havane, est de garder la tête basse et mener sa vie quotidienne comme si le monde autour de vous ne s’enfonçait pas dans la folie.

▪️C’est comme si la lettre de Pablo tirait un fil en moi, défaisant le noeud serré dans ma poitrine tandis que je m’accroche à ces pages.

▪️Les exilés sont les historiens, les gardiens de la mémoire d’un Cuba perdu, un Cuba presque oublié.

▪️Il arrive un moment où il faut décider si cela vaut la peine, si les souffrances justifient l’exil, si elles pèsent plus lourd que ces quelques moments où l’on connaît le vrai plaisir.

▪️C’est étrange comme le monde autour de nous peut basculer en un battement de paupières ; comment quelques heures peuvent tout changer

▪️Quand on est jeune, la ponctuation de la vie semble souvent finale, alors qu’il s’agit que d’une pause, une virgule.

▪️On ne sait jamais ce qui nous attt, c’est la beauté de la vie. Si tout se passait comme prévu, selon nos souhaits, nous raterions les meilleurs moments, les plaisirs inattendus.

Note: 5/5

Éditions Charleston, 2019, 384p.

ADRIANA TRIGIANI « TRÈS CHÈRE VALENTINE »

Quatrième de couverture

New York, 2007. De génération en génération, les Roncalli ont mis tout leur amour dans la confection d’exquises chaussures de mariage, façonnées dans les cuirs les plus tendres et les satins les plus chatoyants. Une passion qui a permis à la petite entreprise familiale de perdurer, en plein coeur d’un Manhattan envahi par les grandes enseignes. Aujourd’hui, c’est à Valentine qu’il revient de poursuivre cet héritage. Mais prise dans les tumultes de la vie new-yorkaise et son histoire d’amour compliquée avec un jeune chef cuisinier en vogue, l’inspiration lui manque. Et si un voyage en Italie sur les traces de son histoire familiale l’aidait à découvrir sa voix artistique ? Et peut-être beaucoup d’autres choses sur elle-même…

Des rues encombrées de Manhattan aux verdoyantes collines toscanes, à la rencontre d’une jeune femme passionnée et inoubliable.

« POIGNANT, DRÔLE, TENDRE ET INCANDESCENT, TRÈS CHÈRE VALENTINE EST UN MAGNIFIQUE CADEAU POUR TOUS LES FANS D’ADRIANA TRIGIANI. » Boston Globe

L’auteur

Adriana Trigiani est une grande romancière américaine d’origine italienne. Ses romans ont été publiés dans le monde entier (36 pays) et elle a reçu de nombreux prix. « L’italienne son premier roman, publié en France, est un best-seller.

Mon avis

Une famille, c’est des mariages, des naissances, des maladies, des disputes et des incompréhensions. Une famille, c’est des joies et des peines… La famille de Valentine est une famille italo-américaine. Elle vit avec sa grand-mère. Ensemble, elles gèrent une petite entreprise familiale de confection de chaussures de mariage dans Greenwich Village. Dans la famille, elle est considérée comme la rigolote, ses sœurs étant l’intelligente et la jolie.

Mais l’entreprise familiale connaît des problèmes et elle risque de se retrouver sans rien. Elle rencontre l’amour…

Et puis, sa grand-mère l’entraîne dans un voyage en Italie: Arezzo, Capri. Un voyage qui devrait allier le travail et l’amour. Mais l’amour n’est peut-être pas au rendez-vous. Elle décide alors de prendre son destin en main…

Un roman sur les relations familiales, les liens et les traditions… Le portrait d’une femme volontaire et libre. Un roman aux couleurs et au saveurs de l’Italie…

Et quand on tourne la dernière page, on aimerait déjà pouvoir lire la suite.

Extraits

▪️… c’est comme si le soleil italien apparaissait dans cette nuit glaciale.

▪️… l’amour, ce sont les épreuves que l’on traverse ensemble.

▪️… l’art est au cœur de la vie, même dans la souffrance.

▪️Au final, l’amour est un énorme casse-tête.

▪️Tous les mots que j’ai appris dans ma vie ne me permettent pas de décrire ce que j’éprouvais pour elle.

Note: 4/5

Éditions Charleston, 2019, 400p.

JOHN JAY OSBORN « UN MARIAGE SUR ÉCOUTE»

Quatrième de couverture

Gretchen et Steve ont été mariés longtemps. Ils ont deux enfants, des métiers prenants. En bref, des vies bien remplies. Tout allait bien, jusqu’au moment où ils se sont séparés.

Pour trouver une issue au conflit qui les déchire, ils ont décidé d’aller consulter un conseiller conjugal. Entre les murs du cabinet, ces deux personnages vont parler, tenter de tout se dire : vexations, rancœurs, ambiguïté des sentiments, tout y passe. Ce couple en crise essaye de surmonter la fracture, mais un tel projet peut-il aboutir? Se parler, est-ce suffisant pour créer la voix d’un couple?

Un mariage sur écoute est un huis-clos d’un genre un peu spécial : il n’est jamais question d’un crime, mais de la mort d’un amour. Dans ce roman presque entièrement dialogué qui rappelle le dispositif narratif de la série In Treatment (En analyse), John Jay Osborn explore le mariage avec tendresse, férocité, et un sens redoutable de la mise en scène.

L’auteur

Né en 1945, John Jay Osborn est avocat et écrivain. L’un de ses romans, The Paper Chase, a été adapté au cinéma en 1973, puis en série pour la télévision.

Mon avis

Séparés, Gretchen et Steve se retrouvent toutes les semaines chez une thérapeute conjugale! Ces rendez-vous, vont-ils leur faciliter le divorce ou réparer leur relation? La séparation est-elle nécessaire pour pouvoir un jour revivre ensemble? Ils se sont un peu égarés en chemin, mais ce sont des gens biens, et au fil des mois, ils apprennent à identifier ce qu’ils ressentent: leurs sentiments comme leurs émotions! Leur vie se résume à ces séances: ils y parlent de leur vulnérabilité quand ils sont en présence l’un de l’autre, du risque qu’ils sont prêts à prendre pour sauver leur histoire. Ils changent et évoluent dans la manière de mener leurs vies… Est-ce suffisant pour reprendre la vie à deux…. La thérapeute ne prend-elle pas leur histoire trop à cœur? Et un mystérieux fauteuil vert…

Un huis-clos thérapeutique! Un roman original et intimiste, tout en dialogues, qui analyse en profondeur les problèmes d’un couple. Un très bon moment de lecture!

Extraits

▪️Vous avez tous les deux besoin de tout vous dire, mais vous ne pouvez pas l’exiger. Il faut faire en sorte que l’autre veuille tout vous dire, on ne peut forcer personne. Ça ne fonctionne jamais

▪️Tout s’arrêta l’espace d’un instant, Steve et Gretchen se regardaient, elle exprimant sa douleur, et lui commençant à comprendre combien il l’avait blessée. « Je regrette tellement », dit-il. »

▪️Je me suis rendu compte que tout est lié. Quand on tire une des ficelles, tout s’effondre, alors il faut reconstituer l’ensemble, mais d’une autre façon.

▪️La question qui se pose est la suivante. Quelle sorte de vie voulez-vous vivre ? Une vie où vous prenez vos décisions rationnelles parce que vous êtes en possession des faits, ou bien une où vous avancez à l’aveuglette?

▪️L’amour, c’est une guerre où on ne fait pas de quartiers.

▪️La vie est un vrai puzzle, n’est-ce-pas?

Note: 4/5

Traduction : Marc Amfreville

Éditions de l’Olivier, 2019, 224 p.

Douglas Kennedy « La symphonie du hasard » (Tome 1,2,3)

Quatrième de couverture

Tome 1

Toutes les familles sont des sociétés secrètes. Des royaumes d’intrigues et de guerres intestines, gouvernés par leurs propres lois, leurs propres normes, leurs limites et leurs frontières, à l’extérieur desquelles toutes ces règles paraissent souvent insensées.

Comme chaque semaine, Alice Burns, éditrice new-yorkaise, s’apprête à rendre visite à son jeune frère Adam. Jadis jeune loup de Wall Street en pleine ascension, ce dernier croupit désormais en prison.

Mais cette rencontre hebdomadaire va prendre un tour inattendu. Décidé à soulager sa conscience, Adam révèle un secret qui pourrait bien venir rompre les derniers liens qui unissent encore leur famille.

Et Alice de replonger dans l’histoire des siens, celle d’un clan à l’image de l’Amérique: volontaire, ambitieux, assoiffé de réussite, souvent attaqué, blessé parfois, en butte à ses propres démons, mais inlassablement en quête de rachat…

Premier volume d’une fresque à l’ampleur inédite, La Symphonie du hasard marque le grand retour de Douglas Kennedy. Dans le bouillonnement social, culturel et politique des sixties-seventies, de New York à Dublin en passant par l’Amérique latine, un roman-fleuve, porté par un souffle puissant.

Tome 2

Fresque à l’ampleur inédite, La Symphonie du hasard couvre vingt ans d’histoire américaine. Dans le bouillonnement social, culturel et politique des sixties-seventies, de New York à Dublin en passant par l’Amérique latine, un roman-fleuve, porté par un souffle puissant.

Pas évident d’échapper à sa famille, a fortiori quand cette dernière est en conflit permanent, avec une fâcheuse tendance à se mettre dans des situations compliquées. Alice Burns, elle, a choisi une solution radicale : mettre un océan entre elle et les siens et poursuivre ses études en Irlande. D’abord déstabilisée par l’accueil quelque peu revêche des Dublinois, elle se surprend à prendre goût à une existence simple, plus sereine. Et sa rencontre avec Ciaran pourrait même lui laisser entrevoir la possibilité d’une autre vie. Mais alors que résonnent les premiers échos des exactions de l’IRA, voici que resurgit une vieille connaissance, et avec elle un passé qu’Alice aurait préféré oublier à jamais…

Tome 3

On ne peut jamais vraiment prévoir l’avenir ni savoir ce qui nous attend. On peut échafauder des projets, entretenir des espoirs. Mais la symphonie du hasard égrène toujours ses notes, et ses variations incessantes nous rappellent que tout ce que la vie a d’intéressant, de bon, de merveilleux, sera éternellement contrebalancé par le mauvais, le tragique, l’effroyable. C’est le prix à payer pour ce cadeau extraordinaire qui nous est fait : l’absence de certitudes… Sinon celle, absolue, que la présence de chacun de nous dans cet espace grand ouvert touchera un jour à sa fin.
Mais pour ceux d’entre nous qui sont toujours là, sur le chemin, que dire de ce qui nous attend ? Quels mots suffiraient à résumer ce qui s’étend devant nous ?

Mon avis

Une jeune fille, puis une femme! De sa vie d’étudiante à sa vie d’éditrice! Sa famille, son histoire familiale avec ses secrets, ses intrigues, ses incompréhensions; cette famille dont on veut s’échapper, mais vers laquelle on revient toujours! En toile de fond l’histoire des États-Unis, politique, culturelle et sociale! Et le hasard et sa symphonie! Ce qui nous arrive est-il le fruit de nos décisions, de nos choix ou des circonstances?

Une saga familiale et une fresque sociale américaine. Une fine analyse psychologique de la complexité des relations familiales. La littérature américaine en filigrane. Une belle lecture estivale!

Extraits

▪️Toutes les familles sont des sociétés secrètes. Des royaumes d’intrigues et de guerres intestines, gouvernés par leurs propres lois, leurs propres normes, leurs limites et leurs frontières, à l’extérieur desquelles toutes ces règles paraissent souvent insensées. Nous chérissons la famille plus que tout autre forme de communauté, car elle est la clé de voûte de l’ordre social.

▪️Nous ne sommes pas seulement la somme de tout ce qui nous est arrivé au cours de notre vie, mais aussi un témoignage vivant de la façon dont on a interprété ces évènements. La symphonie du hasard mêlée aux accords infiniment complexes de nos décisions – une partition qu’on se surprend à réécrire pour en effacer les erreurs de jugement et les nombreux gâchis.

▪️La vie est ainsi faite: on se retrouve à un certain endroit, à un certain moment, et il suffit d’un regard à travers la pièce, d’une rencontre, d’une amorce de conversation, pour que la trajectoire de notre existence change soudain du tout au tout.

▪️… la vérité pouvait blesser parfois… surtout quand on use du mensonge pour punir les autres de nos propres manquements.

▪️… la vie n’est qu’une suite interminable de questions auxquelles il n’existe nulle réponse simple.

On ne connaît jamais l’étendue de notre malheur jusqu’à ce que, un jour, un détail, parfois insignifiant, déclenche en nous une avalanche de tristesse refoulée depuis des mois, voire des années.

▪️… penser d’une manière complètement indépendante de mes origines et de mon milieu, même si j’étais toujours sous leur emprise.

▪️Mais l’histoire nous enseigne que ce n’est qu’une fois la poussière retombée, comme le dit le proverbe, qu’on peut enfin distinguer dans son ensemble l’héritage immensément complexe et souvent contradictoire d’une personne. L’Histoire en tant que telle est certes une étude des forces géographiques, politiques, sociales, économiques et théologiques qui régissent notre monde ; mais c’est aussi un moyen d’examiner les grandes blessures dans lesquelles nous vivons. « Il se rit des plaies, celui qui n’a jamais reçu de blessures. » Shakespeare, bien entendu. Les blessures sont ce qui définit. Elles sous-tendent la destinée de chaque nation.

▪️N’est-ce pas un phénomène bien curieux que, lorsqu’on apprend une terrible nouvelle – qui va bouleverser à jamais notre existence -, ón ne réagisse pas tout de suite? Comme si notre oreille interne et nous empêchait de comprendre réellement ce qui nous arrive.

▪️Nous sommes composés d’élans contradictoires; suivre l’un c’est forcément renoncer aux autres. Et si bénéfique soit-il, ce renoncement ne cessera de se rappeler à nous, parce que ces choses que nous avons dû abandonner constituent une part fondamentale de nous-mêmes

▪️- Pour faire de la littérature, il faut être un peu romantique, non?

– Ou complètement cinglé.

▪️La symphonie du hasard. Tout ce qui m’arrivait était-il simplement le fruit des circonstances, ou avais-je, par le biais de mes choix et de mes actions, un certain degré d’incidence sur le cours des choses?

▪️Les désastres amoureux ont toujours l’air ternes quand ils sont racontés.

▪️La vie nous joue parfois des tours décourageants, ma chère. Ou peut-être qu’on se les joue à soi-même…

▪️J’aime à croire qu’on lit pour ne plus se sentir aussi seul, pour prendre conscience que quelqu’un est déjà passé par là et a eu les mêmes pensées, les mêmes réactions, quelqu’un qui a affronté les mêmes dilemmes, doutes et regrets que vous.

▪️Peut-être que j’ai besoin de cette douleur. C’est tout ce qui me définit.

▪️Même dans les périodes les plus difficiles, les choses finissent parfois par se mettre en place. Parce que aussi épuisé et détaché du monde qu’on puisse se sentir, une parie de nous se met en tête de survivre, coûte que coûte.

▪️Tu es ce que ton expérience a fait de toi. Mais tu es libre de regarder l’avenir sous un angle différent.

▪️La famille est un foutoir, mais c’est notre foutoir.

▪️Les écrivains ont tous le même démon… Celui du doute.

▪️On ne peut jamais vraiment prévoir l’avenir ni savoir ce qui nous attend. On peut échafauder des projets, entretenir des espoirs. Mais la symphonie du hasard égrène toujours ses notes, et ses variations incessantes nous rappellent que tout ce que la vie a d’intéressant, de bon, de merveilleux, sera éternellement contrebalancé par le mauvais, le tragique, l’effroyable.

Note: 4/5

Belfond, 2017, 2018

Paul Auster «La nuit de l’oracle»

Quatrième de couverture

Après un long séjour à l’hôpital, l’écrivain Sidney Orr est de retour chez lui. Toujours aussi amoureux de sa femme Grace, il reprend lentement goût à la vie. Mais il est accablé par l’ampleur de ses dettes et par l’angoisse de ne plus jamais retrouver l’inspiration.

Un matin, alors qu’il fait quelques pas dans son immeuble, il découvre une toute nouvelle papeterie, au charme irrésistible. Sidney entre, attiré par un étrange carnet bleu.

Le soir même, presque dans un état second, Sidney commence à écrire dans le carnet une captivante histoire qui dépasse vite ses espérances. Sans qu’il devine où elle va le conduire. Ni que le réel lui réserve les plus dangereuses surprises…

Virtuosité, puissance narrative, défi réciproque de l’improvisation et de la maîtrise, La Nuit de l’oracle précipite le lecteur au cœur des obsessions austériennes, dans un face à face entre fiction et destin. Comme si l’imaginaire d’était rien d’autre que le déroulement du temps avant le mort. Ou pire encore, son origine.

Mon avis

Un carnet bleu fabriqué au Portugal déniché dans une papeterie lors d’une promenade. Et un écrivain recommence à écrire. Les mots jaillissent comme sous la dictée et les événements s’enchaînent dans sa vie et dans son livre… La littérature et la vie se confondent et s’entremêlent. Il y a le livre et le livre dans le livre et même le livre dans le livre qu’il écrit. C’est puissant, dense et envoûtant. Un roman sur l’écriture, l’inspiration, la fiction et la réalité. Et une écriture d’une finesse et d’une précision hors du commun.Un coup de cœur et certainement un des meilleurs Paul Auster!

Extraits

▪️Tout n’est pas bon à dire…

▪️Le monde est régi par le hasard. Des événements fortuits nous guette chaque jour de nos vies.

▪️on tombe amoureux de ce que nous sommes…

▪️dès l’instant où nous passons au-delà d’un catalogue de qualités et d’apparences superficielles, les mots commencent à nous manquer, s’émietter en confusions et en métaphores brumeuses dépourvues de substance

▪️ »l’âme » est toujours communiquée à l’autre au moyen des yeux.

▪️Le mystère du désir commence lorsqu’on plonge les yeux dans les yeux de la personne aimée, car c’est là seulement que l’on peut entrevoir qui elle est.

▪️… il aperçoit un lien entre lui et le sujet du roman, comme si, d’une façon oblique et extrêmement métaphorique, le livre lui parlait, à lui, sur un ton d’intimité, de sa propre situation actuelle.

▪️… il lui est possible, lorsqu’il se perd dans les pages du roman, d’oublier qui il était.

▪️Les mots jaillissaient de moi comme si j’écrivais sous dictée, notant les phrases prononcées par une voix qui parlait dans la langue cristalline des rêves, des cauchemars et des pensées librement associées. p.110

▪️Les pensées sont réels. Les mots sont réels. Tout ce qui est humain est réel et parfois nous savons certaines choses avant qu’elles ne se produisent, même si nous n’en avons pas conscience. Nous vivons dans le présent, mais l’avenir est en nous à tout moment. Peut-être est-ce pour cela qu’on écrit… Pas pour rapporter des événements du passé, mais pour en provoquer dans l’avenir.

▪️Nous savons parfois les choses avant qu’elles ne se produisent, même si nous ne savons pas que nous savons.

▪️C’était le bonheur au-delà de toute consolation, au-delà de toute la laideur et la beauté du monde.

Note: 5/5 💙💙

Titre original: « Oracle night »

Babel, 2006, 236p.

Jacqueline Woodson « Un autre Brooklyn »

Quatrième de couverture

« La première fois que j’ai vu Sylvia, Angela et Gigi, ce fut au cours de cet été-là. Elles marchaient dans notre rue, en short et débardeur, bras dessus bras dessous, têtes rejetées en arrière, secouées de rire. Je les ai suivies du regard jusqu’à ce qu’elles disparaissent, me demandant qui elles étaient, comment elles s’y étaient prises pour… devenir. »

Mon avis

Une histoire par petites touches. Celle de quatre adolescentes dont peu à peu on découvre le parcours. La naissance d’une amitié, l’absence d’une mère, l’acceptation de la douleur et de la réalité, le deuil, la religion. De cours paragraphes décousus qui dévoilent une histoire! Une façon de raconter les choses un peu déroutante!

Extraits

– … la tragédie ne se vit pas sur le moment. Mais dans le souvenir

– À un moment donné nous avons tous la même destination, ai-je pensé. À un moment donné, tout, la moindre chose, chacun de nous se mue en souvenir.

À propos de l’écriture de « Un autre Brooklyn »

– Un écrivain écrit pour exister.

– En fin de compte, un écrivain vit seul avec son histoire, se débat avec les personnages, le cadre, la façon dont la lumière éclaire une scène et en disparaît. Les messages plus profonds lui échappent souvent. Tantôt je prends pour un dû l’écriture d’un roman, cette traversée des apparences, tantôt je maudis la puissance de la muse. L’un dans l’autre je vis chacune de mes journées inondée de gratitude.

Note: 3,5/5

Stock, 2018, 176p.