JOSIE SILVER «  UN JOUR EN DÉCEMBRE »

Quatrième de couverture

Laurie est presque sûre que le coup de foudre n’existe que dans les films. Mais un jour de neige en décembre, à travers la vitre embuée d’un bus londonien, elle aperçoit un homme. Leurs regards se croisent… et le bus redémarre. Certaine qu’ils sont voués à se retrouver, Laurie passe une année à scruter les coins de rue, les arrêts de bus et les cafés. Sans succès.

Jusqu’à ce soir de Noël où sa meilleure amie et colocataire lui présente le nouvel homme de sa vie, celui qui l’a convaincue d’abandonner les histoires d’amour éphémères… Jack, l’homme du bus. Dix ans de chassé-croisé, de déchirures, de retrouvailles et d’occasions manquées commencent alors pour Laurie et Jack.

Traduit dans trente langues, un roman poignant et lucide sur l’amitié et l’amour, les choix que l’on fait et les rêves que l’on a, qui a fait vibrer près d’un million de lecteurs à Noël dernier.

LE COUP DE COEUR DE REESE WITHERSPOON !

« Préparez-vous à être emportés dans le tourbillon d’une incroyable histoire d’amour. J’ai été complètement charmée.»

L’auteur

Josie Silver est une romantique assumée qui a rencontré son mari en lui marchant sur le pied à l’âge de 21 ans. Elle vit avec lui, ses deux jeunes enfants et leur chat dans une petite ville des Midlands. Son premier roman, Un jour en décembre, a été l’événement éditorial de l’hiver 2018 : sélectionné par l’actrice Reese Witherspoon pour son Book Club, il s’est hissé dès la première semaine de vente en tête de tous les palmarès.

Mon avis

Comme dans une comédie romantique, leurs regards se croisent, un jour de décembre, à l’arrêt de bus. Elle l’aperçoit à travers la vitre embuée, lui le nez plongé dans son bouquin, lève les yeux, et le temps d’un instant, et les yeux dans les yeux, un éclair… , puis il est trop tard. Commence alors une recherche désespérée partout dans la ville… Un jour pourtant…Un chassé-croisé croisé amoureux et amical. Faut-il se contenter d’une histoire d’amour, presque parfaite, ou préférer viser la perfection? Une histoire d’amour doit-elle être parfaite dès le départ ou peut-on la construire au fil du temps? L’amour est-ce la bonne personne, au bon moment? Et quand l’amour arrive au mauvais moment peut-on décider de le transformer en amitié? Un livre sur l’amour, sur l’amitié, sur les choix aussi. Une comédie romantique sous forme de triangle amoureux dont les équilibres varient continuellement. Une histoire qui vous emporte et qu’il serait doux de lire sous un plaid au coin du feu. Personnellement, j’ai adoré suivre ces personnages qui vont mettre du temps à réaliser leur rêve.

Extraits

⭐️ Un degré de plus dans l’intimité, comme un point de plus sur le patchwork de notre relation… Notre plaid est en patchwork fait main, un délicat assemblage du tulle de nos conversations entrecoupées, de nos regards volés , avec le fil de nos espoirs, pour obtenir cette couverture légère, magnifique, aérienne, qui nous garde au chaud et nous protéger comme un bouclier d’acier…

⭐️ Certains événements deviennent des moments charnières dans nos vies? Et je ne parle pas seulement des étapes qu’on veut franchir….

⭐️ Je ne sais pas comment être avec lui sans être avec lui, tu vois ce que je veux dire?

⭐️Notre amour était comme une chrysalide. On a mûri ensemble, jusqu’à ne plus pouvoir croître.

Note: 5/5 💙💙

Éditions Charleston, 8 octobre 2019, 480 p.

JHUMPA LAHIRI « EN D’AUTRES MOTS »

Quatrième de couverture

Pendant vingt ans, j’ai étudié la langue italienne comme si je nageais le long des contours [d’un] lac. Toujours à côté de ma langue dominante, l’anglais. La longeant toujours. C’était un bon exercice. Bon pour les muscles, pour le cerveau, mais pas vraiment palpitant. En étudiant une langue étrangère de cette façon, on ne peut pas se noyer. L’autre langue est toujours là pour te soutenir, te sauver. Mais on ne peut pas nager sans prendre le risque de se noyer, de couler à pic. Pour connaître une nouvelle langue, pour s’immerger, il faut quitter la rive. Sans bouée de sauvetage. Sans pouvoir compter sur la terre ferme.

J. L.

Mon avis

Ce livre est une déclaration d’amour à la langue italienne. Pendant des années, l’auteur étudie l’italien avec acharnement. Cette langue pour laquelle elle a un véritable « coup de foudre »: elle « éprouve quelque chose de physique, de troublant, d’inexplicable ». Elle, la romancière américaine, originaire du Bengale, finira par s’installer en Italie avec sa famille, et même par écrire en italien. Ce petit livre est le premier rédigé en italien. Un livre sur l’amour d’une langue et sur le besoin d’écrire. Le récit d’une métamorphose linguistique. Un livre passionnant et touchant, tant il fait écho à mon vécu.

Extraits

▪️Pendant vingt ans, j’ai étudié la langue italienne comme si je nageais le long des contours de ce lac. Toujours à côté de ma langue dominante, l’anglais. La longeant toujours. C’était un bon exercice. Bon pour les muscles, pour le cerveau, mais pas vraiment palpitant. En étudiant une langue étrangère de cette façon, on ne peut pas se noyer. L’autre langue est toujours là pour te soutenir, te sauver. Mais on ne peut pas nager sans prendre le risque de se noyer, de couler à pic. Pour connaître une nouvelle langue, pour s’immerger, il faut quitter la rive. Sans bouée de sauvetage. Sans pouvoir compter sur la terre ferme.

▪️Mais au final le désir n’est rien d’autre qu’un besoin fou.

▪️Quand on vit dans un pays où sa propre langue est considérée comme étrangère on peut ressentir un sentiment d’étrangeté permanent.

▪️Parce qu’au final,apprendre une langue, pour se sentir lié à elle, il faut dialoguer, bien que ce soit infantile, bien que ce soit imparfait.

▪️Lire dans une autre langue implique d’être dans un état perpétuel de croissance, de possibilité. Je sais que mon travail de lecture, d’apprentissage de la langue, ne finira jamais.

▪️Quand on est amoureux, on veut vivre pour toujours due désespoir en même temps que de l’espoir.

▪️Pourquoi est-ce que j’écris? Pour connaître le mystère de l’existence. Pour me tolérer moi-même. Pour approcher tout ce qui se se trouve hors de moi. Si je veux comprendre ce qui me touche, ce qui me perturbe, ce qui m’angoisse, en bref, tout ce qui me fait réagir, je dois mettre des mots dessus. L’écriture est ma seule façon d’aborder et d’ordonner la vie. Autrement je m’effraierais, je me torturerais trop.

▪️La langue est le miroir, la métaphore principale. Parce que, dans le fond, la signification d’un mot, comme celle d’une personne est quelque chose de démesuré, d’ineffable.

Sans un sentiment d’émerveillement devant les choses, sans l’étonnement, on ne peut rien créer.

▪️Une langue étrangère, c’est comme un muscle frêle, , délicat. Si l’on ne sert pas, il s’affaiblît.

▪️Les livres sont les meilleurs moyens – privés, discrets, fiables – de dépasser la réalité.

▪️Celui qui n’appartient à aucun lieu spécifique ne peut, en réalité, retourner nulle part. Les concepts d’exil et de retour impliquent une origine, une patrie. Sans patrie et sans véritable langue maternelle, j’erre de par le monde, même à mon bureau. Finalement, je me rends compte que ce n’est pas un véritable jeu d’exil. Je suis exilée de la définition même d’exil.

▪️Dans chaque joie , il y a une douleur. Dans chaque passion fulgurante, un côté sombre.

▪️J’écris pour casser le mur, pour m’exprimer de manière pure. Quand j’écris, mon apparence, mon apparence, mon nom ne comptent pas. Je suis écoutée, sans être vue, sans préjugés, sans filtre. Je suis invisible. Je deviens mes mots et mes mots deviennent moi.

▪️Que cherchons-nous en lisant un roman, en regardant un film, en écoutant un morceau de musique? Nous cherchons quelque chose qui nous change, dont nous n’avions tout d’abord pas conscience. Nous voulons nous transformer…

Note: 5/5

Actes Sud, 2015, 160 p.

MARTHA HALL KELLY « UN PARFUM DE ROSE ET D’OUBLI »

Quatrième de couverture

À l’été 1914, l’Europe est au seuil de la guerre tandis que la monarchie russe vacille chaque jour un peu plus. En ces temps troublés où le destin de chacun est plus que jamais incertain, trois femmes hors du commun verront leurs vies se mêler pour le meilleur et le pire… Sofya, l’aristocrate russe, perdra sa fortune et son pays mais se battra sans relâche pour ce qu’elle a de plus précieux : son fils.

Eliza, la mondaine américaine, tremblera pour ses amis russes et cette guerre qui se rapproche chaque jour un peu plus.

Quant à Varinka, la jeune paysanne russe, presque une enfant, ses choix la feront basculer malgré elle au coeur d’un combat perdu d’avance… Un roman éblouissant qui célèbre la force indéfectible des amitiés féminines aux heures les plus sombres de l’histoire.

L’auteur

Martha Hall Kelly vit à Atlanta, en Géorgie, où elle écrit actuellement le préquel du Lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux, son premier roman. Comparé à Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay, inspiré de faits réels, il est devenu dès sa parution un best-seller du New York Times.

Mon avis

Entre l’américaine, Eliza et la russe Sofya, il existe une amitié indéfectible. Malgré la distance qui les sépare, elles s’écrivent tous les jours. Un jour pourtant les lettres de Russie cessent d’arriver. La situation en Russie, se dégrade et Sofya dont le mari est parti combattre, se voit séparée de son enfant… Eliza, inquiète pour le sort de son amie, voit elle aussi son monde s’écrouler. Varinka, quant à elle, presqu’encore une enfant, vit dans des conditions difficiles et bouscule par ses choix, le destin… Et la rose…

Trois femmes, trois destins au milieu de la tourmente de l’histoire. Trois femmes fortes et courageuses affrontant l’adversité, qui retrouveront le courage d’aimer à nouveau la vie, malgré les souffrances et les souvenirs du passé. Ce passé, si difficile à oublier. Et la conscience que certaines choses sont perdues à jamais. L’amitié, l’amour, le sacrifice, la lutte de classe, l’émigration autant de thèmes abordés dans ce roman.

Une belle histoire émouvante et touchante, malgré quelques longueurs, surtout au début du livre.

Extraits

▪️Les hommes vont et viennent, les livres, eux, ne mentent jamais.

▪️… il faut juste se souvenir d’apprécier ce qui se trouve à portée de la main.

Note: 3,5/5

Éditions Charleston, 2019, 464p.

CHANEL CLEETON « L’ANNÉE PROCHAINE À LA HAVANE »

Quatrième de couverture

La Havane, Cuba, 1958

Elisa Perez et ses trois soeurs sont les joyaux de la dynastie sucrière familiale. Tandis que les hommes Perez président à la destinée du pays, elles évoluent dans un monde fait de luxe et d’oisiveté. Pourtant, les combats font déjà rage dans l’est du pays et bientôt la guerre civile frappera au cœur même de La Havane. Tandis qu’un monde s’éteint, un autre est en train de naître. Et la rencontre d’Elisa avec Paulo, un jeune révolutionnaire idéaliste, la précipitera au cœur du conflit.

Entre loyauté familiale, passion et idéologie, son destin va basculer, ainsi que celui de tout un peuple.

Soixante ans plus tard, la petite-fille d’Elisa, Marisol, découvre La Havane, cette ville qui a abrité les plus grandes joies et les plus grands drames de la vie de sa grand-mère…

LE COUP DE COEUR DES LECTRICES CHARLESTON !

« Un superbe hommage au peuple cubain. »

« Un coup de cœur inattendu qui m’a bouleversée. »

« Une histoire merveilleusement écrite, fascinante. »

« Dépaysement garanti ! »

Mon avis

La famille Perez a dû quitté Cuba, précipitamment, et s’est installée à Miami. Ils ont tout quitté et leur exil commence. Elisa, une des quatre filles, a laissé son cœur à La Havane. Soixante ans plus tard, sa petite-fille adorée, Marisol, à laquelle elle a confié, par testament, la lourde tâche de répandre ses cendres sur la terre qu’elle aime, cette île mythique, ancrée dans son cœur, entreprend le voyage de retour dont sa grand-mère a toujours rêvé. Officiellement, c’est une journaliste qui se rend à Cuba pour écrire un article sur le tourisme. Une fois arrivée sur l’île, elle découvrira le secret de sa grand-mère. Cette grand-mère qui avait en elle une certaine tristesse, une nostalgie… Elle comprendra pourquoi. Une boîte, des lettres, un secret…

L’histoire de Cuba est omniprésente dans le récit, et le roman met en parallèle l’histoire de ceux qui sont partis et celle de ceux qui sont restés. Ils aiment leur pays mais d’une façon diamétralement opposée. Ceux qui ont quitté Cuba rêvent d’un retour au pays, comme un rêve qui ne se réalise jamais. Ceux qui sont restés ont une vision moins idéaliste de leur pays.

Et dans ce contexte, deux histoires d’amour, à 60 ans de distance. Et à chaque fois, l’histoire de Cuba qui conditionne les amours, quel que soit le moment historique et la situation politique.

Deux portraits de femmes courageuses et audacieuses, qui aiment passionnément.

Chapitre après chapitre, les deux voix s’alternent, le passé et le présent, Elisa et Marisol. Un page-turner sur fond historique qui vous transporte à Cuba.

Extraits

▪️Je dirais que c’est comme un puzzle, je sais où je veux arriver, je connais les mots que je vais employer pour ce faire, mais la magie opère lorsque je m’assois face à mon ordinateur et que j’assemble des phrases pour parvenir à l’essence de mon propos.

▪️Le chagrin est ainsi fait: on ne sais jamais quand il nous frappera.

▪️La meilleure chose à faire pour survivre à La Havane, est de garder la tête basse et mener sa vie quotidienne comme si le monde autour de vous ne s’enfonçait pas dans la folie.

▪️C’est comme si la lettre de Pablo tirait un fil en moi, défaisant le noeud serré dans ma poitrine tandis que je m’accroche à ces pages.

▪️Les exilés sont les historiens, les gardiens de la mémoire d’un Cuba perdu, un Cuba presque oublié.

▪️Il arrive un moment où il faut décider si cela vaut la peine, si les souffrances justifient l’exil, si elles pèsent plus lourd que ces quelques moments où l’on connaît le vrai plaisir.

▪️C’est étrange comme le monde autour de nous peut basculer en un battement de paupières ; comment quelques heures peuvent tout changer

▪️Quand on est jeune, la ponctuation de la vie semble souvent finale, alors qu’il s’agit que d’une pause, une virgule.

▪️On ne sait jamais ce qui nous attt, c’est la beauté de la vie. Si tout se passait comme prévu, selon nos souhaits, nous raterions les meilleurs moments, les plaisirs inattendus.

Note: 5/5

Éditions Charleston, 2019, 384p.

ADRIANA TRIGIANI « TRÈS CHÈRE VALENTINE »

Quatrième de couverture

New York, 2007. De génération en génération, les Roncalli ont mis tout leur amour dans la confection d’exquises chaussures de mariage, façonnées dans les cuirs les plus tendres et les satins les plus chatoyants. Une passion qui a permis à la petite entreprise familiale de perdurer, en plein coeur d’un Manhattan envahi par les grandes enseignes. Aujourd’hui, c’est à Valentine qu’il revient de poursuivre cet héritage. Mais prise dans les tumultes de la vie new-yorkaise et son histoire d’amour compliquée avec un jeune chef cuisinier en vogue, l’inspiration lui manque. Et si un voyage en Italie sur les traces de son histoire familiale l’aidait à découvrir sa voix artistique ? Et peut-être beaucoup d’autres choses sur elle-même…

Des rues encombrées de Manhattan aux verdoyantes collines toscanes, à la rencontre d’une jeune femme passionnée et inoubliable.

« POIGNANT, DRÔLE, TENDRE ET INCANDESCENT, TRÈS CHÈRE VALENTINE EST UN MAGNIFIQUE CADEAU POUR TOUS LES FANS D’ADRIANA TRIGIANI. » Boston Globe

L’auteur

Adriana Trigiani est une grande romancière américaine d’origine italienne. Ses romans ont été publiés dans le monde entier (36 pays) et elle a reçu de nombreux prix. « L’italienne son premier roman, publié en France, est un best-seller.

Mon avis

Une famille, c’est des mariages, des naissances, des maladies, des disputes et des incompréhensions. Une famille, c’est des joies et des peines… La famille de Valentine est une famille italo-américaine. Elle vit avec sa grand-mère. Ensemble, elles gèrent une petite entreprise familiale de confection de chaussures de mariage dans Greenwich Village. Dans la famille, elle est considérée comme la rigolote, ses sœurs étant l’intelligente et la jolie.

Mais l’entreprise familiale connaît des problèmes et elle risque de se retrouver sans rien. Elle rencontre l’amour…

Et puis, sa grand-mère l’entraîne dans un voyage en Italie: Arezzo, Capri. Un voyage qui devrait allier le travail et l’amour. Mais l’amour n’est peut-être pas au rendez-vous. Elle décide alors de prendre son destin en main…

Un roman sur les relations familiales, les liens et les traditions… Le portrait d’une femme volontaire et libre. Un roman aux couleurs et au saveurs de l’Italie…

Et quand on tourne la dernière page, on aimerait déjà pouvoir lire la suite.

Extraits

▪️… c’est comme si le soleil italien apparaissait dans cette nuit glaciale.

▪️… l’amour, ce sont les épreuves que l’on traverse ensemble.

▪️… l’art est au cœur de la vie, même dans la souffrance.

▪️Au final, l’amour est un énorme casse-tête.

▪️Tous les mots que j’ai appris dans ma vie ne me permettent pas de décrire ce que j’éprouvais pour elle.

Note: 4/5

Éditions Charleston, 2019, 400p.

JOHN JAY OSBORN « UN MARIAGE SUR ÉCOUTE»

Quatrième de couverture

Gretchen et Steve ont été mariés longtemps. Ils ont deux enfants, des métiers prenants. En bref, des vies bien remplies. Tout allait bien, jusqu’au moment où ils se sont séparés.

Pour trouver une issue au conflit qui les déchire, ils ont décidé d’aller consulter un conseiller conjugal. Entre les murs du cabinet, ces deux personnages vont parler, tenter de tout se dire : vexations, rancœurs, ambiguïté des sentiments, tout y passe. Ce couple en crise essaye de surmonter la fracture, mais un tel projet peut-il aboutir? Se parler, est-ce suffisant pour créer la voix d’un couple?

Un mariage sur écoute est un huis-clos d’un genre un peu spécial : il n’est jamais question d’un crime, mais de la mort d’un amour. Dans ce roman presque entièrement dialogué qui rappelle le dispositif narratif de la série In Treatment (En analyse), John Jay Osborn explore le mariage avec tendresse, férocité, et un sens redoutable de la mise en scène.

L’auteur

Né en 1945, John Jay Osborn est avocat et écrivain. L’un de ses romans, The Paper Chase, a été adapté au cinéma en 1973, puis en série pour la télévision.

Mon avis

Séparés, Gretchen et Steve se retrouvent toutes les semaines chez une thérapeute conjugale! Ces rendez-vous, vont-ils leur faciliter le divorce ou réparer leur relation? La séparation est-elle nécessaire pour pouvoir un jour revivre ensemble? Ils se sont un peu égarés en chemin, mais ce sont des gens biens, et au fil des mois, ils apprennent à identifier ce qu’ils ressentent: leurs sentiments comme leurs émotions! Leur vie se résume à ces séances: ils y parlent de leur vulnérabilité quand ils sont en présence l’un de l’autre, du risque qu’ils sont prêts à prendre pour sauver leur histoire. Ils changent et évoluent dans la manière de mener leurs vies… Est-ce suffisant pour reprendre la vie à deux…. La thérapeute ne prend-elle pas leur histoire trop à cœur? Et un mystérieux fauteuil vert…

Un huis-clos thérapeutique! Un roman original et intimiste, tout en dialogues, qui analyse en profondeur les problèmes d’un couple. Un très bon moment de lecture!

Extraits

▪️Vous avez tous les deux besoin de tout vous dire, mais vous ne pouvez pas l’exiger. Il faut faire en sorte que l’autre veuille tout vous dire, on ne peut forcer personne. Ça ne fonctionne jamais

▪️Tout s’arrêta l’espace d’un instant, Steve et Gretchen se regardaient, elle exprimant sa douleur, et lui commençant à comprendre combien il l’avait blessée. « Je regrette tellement », dit-il. »

▪️Je me suis rendu compte que tout est lié. Quand on tire une des ficelles, tout s’effondre, alors il faut reconstituer l’ensemble, mais d’une autre façon.

▪️La question qui se pose est la suivante. Quelle sorte de vie voulez-vous vivre ? Une vie où vous prenez vos décisions rationnelles parce que vous êtes en possession des faits, ou bien une où vous avancez à l’aveuglette?

▪️L’amour, c’est une guerre où on ne fait pas de quartiers.

▪️La vie est un vrai puzzle, n’est-ce-pas?

Note: 4/5

Traduction : Marc Amfreville

Éditions de l’Olivier, 2019, 224 p.

Douglas Kennedy « La symphonie du hasard » (Tome 1,2,3)

Quatrième de couverture

Tome 1

Toutes les familles sont des sociétés secrètes. Des royaumes d’intrigues et de guerres intestines, gouvernés par leurs propres lois, leurs propres normes, leurs limites et leurs frontières, à l’extérieur desquelles toutes ces règles paraissent souvent insensées.

Comme chaque semaine, Alice Burns, éditrice new-yorkaise, s’apprête à rendre visite à son jeune frère Adam. Jadis jeune loup de Wall Street en pleine ascension, ce dernier croupit désormais en prison.

Mais cette rencontre hebdomadaire va prendre un tour inattendu. Décidé à soulager sa conscience, Adam révèle un secret qui pourrait bien venir rompre les derniers liens qui unissent encore leur famille.

Et Alice de replonger dans l’histoire des siens, celle d’un clan à l’image de l’Amérique: volontaire, ambitieux, assoiffé de réussite, souvent attaqué, blessé parfois, en butte à ses propres démons, mais inlassablement en quête de rachat…

Premier volume d’une fresque à l’ampleur inédite, La Symphonie du hasard marque le grand retour de Douglas Kennedy. Dans le bouillonnement social, culturel et politique des sixties-seventies, de New York à Dublin en passant par l’Amérique latine, un roman-fleuve, porté par un souffle puissant.

Tome 2

Fresque à l’ampleur inédite, La Symphonie du hasard couvre vingt ans d’histoire américaine. Dans le bouillonnement social, culturel et politique des sixties-seventies, de New York à Dublin en passant par l’Amérique latine, un roman-fleuve, porté par un souffle puissant.

Pas évident d’échapper à sa famille, a fortiori quand cette dernière est en conflit permanent, avec une fâcheuse tendance à se mettre dans des situations compliquées. Alice Burns, elle, a choisi une solution radicale : mettre un océan entre elle et les siens et poursuivre ses études en Irlande. D’abord déstabilisée par l’accueil quelque peu revêche des Dublinois, elle se surprend à prendre goût à une existence simple, plus sereine. Et sa rencontre avec Ciaran pourrait même lui laisser entrevoir la possibilité d’une autre vie. Mais alors que résonnent les premiers échos des exactions de l’IRA, voici que resurgit une vieille connaissance, et avec elle un passé qu’Alice aurait préféré oublier à jamais…

Tome 3

On ne peut jamais vraiment prévoir l’avenir ni savoir ce qui nous attend. On peut échafauder des projets, entretenir des espoirs. Mais la symphonie du hasard égrène toujours ses notes, et ses variations incessantes nous rappellent que tout ce que la vie a d’intéressant, de bon, de merveilleux, sera éternellement contrebalancé par le mauvais, le tragique, l’effroyable. C’est le prix à payer pour ce cadeau extraordinaire qui nous est fait : l’absence de certitudes… Sinon celle, absolue, que la présence de chacun de nous dans cet espace grand ouvert touchera un jour à sa fin.
Mais pour ceux d’entre nous qui sont toujours là, sur le chemin, que dire de ce qui nous attend ? Quels mots suffiraient à résumer ce qui s’étend devant nous ?

Mon avis

Une jeune fille, puis une femme! De sa vie d’étudiante à sa vie d’éditrice! Sa famille, son histoire familiale avec ses secrets, ses intrigues, ses incompréhensions; cette famille dont on veut s’échapper, mais vers laquelle on revient toujours! En toile de fond l’histoire des États-Unis, politique, culturelle et sociale! Et le hasard et sa symphonie! Ce qui nous arrive est-il le fruit de nos décisions, de nos choix ou des circonstances?

Une saga familiale et une fresque sociale américaine. Une fine analyse psychologique de la complexité des relations familiales. La littérature américaine en filigrane. Une belle lecture estivale!

Extraits

▪️Toutes les familles sont des sociétés secrètes. Des royaumes d’intrigues et de guerres intestines, gouvernés par leurs propres lois, leurs propres normes, leurs limites et leurs frontières, à l’extérieur desquelles toutes ces règles paraissent souvent insensées. Nous chérissons la famille plus que tout autre forme de communauté, car elle est la clé de voûte de l’ordre social.

▪️Nous ne sommes pas seulement la somme de tout ce qui nous est arrivé au cours de notre vie, mais aussi un témoignage vivant de la façon dont on a interprété ces évènements. La symphonie du hasard mêlée aux accords infiniment complexes de nos décisions – une partition qu’on se surprend à réécrire pour en effacer les erreurs de jugement et les nombreux gâchis.

▪️La vie est ainsi faite: on se retrouve à un certain endroit, à un certain moment, et il suffit d’un regard à travers la pièce, d’une rencontre, d’une amorce de conversation, pour que la trajectoire de notre existence change soudain du tout au tout.

▪️… la vérité pouvait blesser parfois… surtout quand on use du mensonge pour punir les autres de nos propres manquements.

▪️… la vie n’est qu’une suite interminable de questions auxquelles il n’existe nulle réponse simple.

On ne connaît jamais l’étendue de notre malheur jusqu’à ce que, un jour, un détail, parfois insignifiant, déclenche en nous une avalanche de tristesse refoulée depuis des mois, voire des années.

▪️… penser d’une manière complètement indépendante de mes origines et de mon milieu, même si j’étais toujours sous leur emprise.

▪️Mais l’histoire nous enseigne que ce n’est qu’une fois la poussière retombée, comme le dit le proverbe, qu’on peut enfin distinguer dans son ensemble l’héritage immensément complexe et souvent contradictoire d’une personne. L’Histoire en tant que telle est certes une étude des forces géographiques, politiques, sociales, économiques et théologiques qui régissent notre monde ; mais c’est aussi un moyen d’examiner les grandes blessures dans lesquelles nous vivons. « Il se rit des plaies, celui qui n’a jamais reçu de blessures. » Shakespeare, bien entendu. Les blessures sont ce qui définit. Elles sous-tendent la destinée de chaque nation.

▪️N’est-ce pas un phénomène bien curieux que, lorsqu’on apprend une terrible nouvelle – qui va bouleverser à jamais notre existence -, ón ne réagisse pas tout de suite? Comme si notre oreille interne et nous empêchait de comprendre réellement ce qui nous arrive.

▪️Nous sommes composés d’élans contradictoires; suivre l’un c’est forcément renoncer aux autres. Et si bénéfique soit-il, ce renoncement ne cessera de se rappeler à nous, parce que ces choses que nous avons dû abandonner constituent une part fondamentale de nous-mêmes

▪️- Pour faire de la littérature, il faut être un peu romantique, non?

– Ou complètement cinglé.

▪️La symphonie du hasard. Tout ce qui m’arrivait était-il simplement le fruit des circonstances, ou avais-je, par le biais de mes choix et de mes actions, un certain degré d’incidence sur le cours des choses?

▪️Les désastres amoureux ont toujours l’air ternes quand ils sont racontés.

▪️La vie nous joue parfois des tours décourageants, ma chère. Ou peut-être qu’on se les joue à soi-même…

▪️J’aime à croire qu’on lit pour ne plus se sentir aussi seul, pour prendre conscience que quelqu’un est déjà passé par là et a eu les mêmes pensées, les mêmes réactions, quelqu’un qui a affronté les mêmes dilemmes, doutes et regrets que vous.

▪️Peut-être que j’ai besoin de cette douleur. C’est tout ce qui me définit.

▪️Même dans les périodes les plus difficiles, les choses finissent parfois par se mettre en place. Parce que aussi épuisé et détaché du monde qu’on puisse se sentir, une parie de nous se met en tête de survivre, coûte que coûte.

▪️Tu es ce que ton expérience a fait de toi. Mais tu es libre de regarder l’avenir sous un angle différent.

▪️La famille est un foutoir, mais c’est notre foutoir.

▪️Les écrivains ont tous le même démon… Celui du doute.

▪️On ne peut jamais vraiment prévoir l’avenir ni savoir ce qui nous attend. On peut échafauder des projets, entretenir des espoirs. Mais la symphonie du hasard égrène toujours ses notes, et ses variations incessantes nous rappellent que tout ce que la vie a d’intéressant, de bon, de merveilleux, sera éternellement contrebalancé par le mauvais, le tragique, l’effroyable.

Note: 4/5

Belfond, 2017, 2018