Jane Austen « Les Watson »

Quatrième de couverture 

Emma Watson retourne vivre parmi les siens dans le Surrey après plusieurs années passées chez une tante fortunée.Redigee en 1804, cette nouvelle rassemble tous les thèmes qui feront le succès de Jane Austen.

Mon avis

Ce roman inachevé de Jane Austen, raconte le retour dans sa famille d’une jeune fille ayant toujours vécu chez sa tante. Son premier bal, la maladie de son père, les prétendants, son attirance pour l’un des jeunes gens présents au bal, tout est ébauché, et l’on aimerait continuer l’histoire. Un joli moment de lecture à siroter comme une tasse de thé!!

Citations

La première soirée d’hiver, à D., dans le Surrey, devait avoir lieu le jeudi 13 octobre, et de l’avis général elle serait fort réussie. On parcourut en toute confiance une longue liste des familles du comté dont la présence était acquise, en caressant le ferme espoir que les Osborne eux-mêmes seraient présents. (Incipit)

Note: 5/5

Titre original « The Watsons »

Archipel, 2017, 89p.

William Somerset Maughan « Il suffit d’une nuit »

Quatrième de couverture 

Florence, 1938, dans une demeure prêtée par des amis, Mary, jeune veuve mélancolique, reçoit la visite d’Edgar qu’elle connaît depuis l’enfance. Aux antipodes de son défunt mari, joueur invétéré porté sur la boisson, cet homme bon et attentionné la demande en mariage. Mary se donne le temps de réfléchir. En attendant qu’Edgar revienne à Florence, elle accepte une invitation à une soirée mondaine où elle fait la connaissance de Rowley, séducteur impénitent, dont elle sait la réputation et n’est pas dupe. Mais alors qu’elle repart seule chez elle, elle fait une rencontre inattendue qui l’obligera à se tourner vers lui pour se sortir d’une situation délicate. 

Mon avis

Une demande en mariage, un délai de réflexion, une nuit, une rencontre inattendue et tout bascule. Un court roman à lire d’une traite. 

Citations 

– Les amoureux sont toujours ridicules. 

– Il y a une chose dans cet air léger de la Toscane qui vous émeut au point que toute impression physique met en branle des correspondances spirituelles. Vous ressentez la même émotion que, par exemple, en écoutant la musique de Mozart, mélodieuse et gaie avec un arrière-fond de mélancolie… Pendant quelques minutes bénies, toute grossièreté se voit épurée, et le chaos de la vie s’ordonne en une harmonieuse perfection.

– c’est pour cela que la vie est faite: courir des risques. 

Note: 4/5

Titre original : « Up at the villa »

La petite vermillon, 2016, 157p. 

Graham Swift « Le dimanche des mères »

Quatrième de couverture

Angleterre, 30 mars 1924. Comme chaque année, les aristocrates donnent congé à leurs domestiques pour qu’ils aillent rendre visite à leur mère le temps d’un dimanche. Jane, la jeune femme de chambre des Niven, est orpheline et se trouve donc désœuvrée. Va-t-elle passer la journée à lire? Va-t-elle parcourir la campagne à bicyclette en cette magnifique journée? Jusqu’à ce que Paul Sheringham, un jeune homme de bonne famille et son amant de longue date, lui propose de le retrouver dans sa demeure désertée. Tous deux goûtent pour la dernière fois à leurs rendez-vous secrets, car Paul doit épouser la riche héritière Emma Hobday. Pour la première – et dernière – fois, Jane découvre la chambre de son amant ainsi que le reste de la maison. Elle la parcourt, nue, tandis que Paul part rejoindre sa fiancée. Ce dimanche des mères 1924 changera à jamais le cours de sa vie. Graham Swift dépeint avec sensualité et subtilité une aristocratie déclinante, qui porte les stigmates de la…

Mon avis

Une journée dans la vie d’une femme, qui va bouleverser sa vie. Cette journée est celle du « dimanche des mères »et elle a un dernier rendez-vous avec son amant avant que celui-ci ne se marie! Mon troisième coup de coeur de cette rentrée de janvier! Un roman qui parle de classe sociale, de lecture,d’écriture, des mots, des choses,de réalité et de fiction, avec une touche de sensualité. Très très réussi!

Citations

– … condition idéale pour devenir écrivain – surtout romancière. N’avoir aucune référence… « êtr »e soi-même une feuille vierge.

– Elle deviendrait écrivain et parce qu’elle était écrivain, ou parce que c’était précisément cela qui l’avait incitée à devenir écrivain, elle était obsédée par le caractère changeant des mots. Un mot n’était pas une chose, loin de là. Une chose n’était pas un mot. Cependant, d’une certaine façon, les deux – choses – devenaient inséparables. Tout n’était-il qu’une pure et simple fabrication ? Les mots étaient comme une peau invisible qui enveloppait le monde, qui lui conférait une realite. Pourtant vous ne pouviez pas dire que le monde n’existerait pas, ne serait pas réel si vous supprimiez les mots. Au mieux, il semblait que les choses pouvaient remercier les mots qui les distinguaient les unes des autres et que les mots pouvaient remercier toute chose.

– Et quelles autres qualités sont, à votre avis, nécessaires pour devenir écrivain ?- Eh bien, vous devez comprendre que les mots ne sont que des mots, un peu de vent, c’est tout…

– Et pouvait-elle faire la part des choses  et séparer ce quelle avait vu en imagination de ce qu’elle avait réellement vécu?… Le propre de l’écrivain n’était-il pas de saisir la vie à bras-Le corps?

– Les livres étaient une nécessité, Le rocher sur lequel était fondée sa vie.

– Qui sait si certaines choses, certains endroits ne se mettent pas à exister avec plus d’authenticité dans l’esprit ?

– Elle ne saurait jamais… jusqu’à quel point les autres- ceux qui n’étaient pas écrivains-« écrivaient » les événements de leur vie.

– Un « conte » avait quelque chose de plus séduisant qu’une « histoire », cela sans doute parce qu’il suggérait qu’il n’était pas fidèle à la vérité, qu’il pouvait comporter une plus grande part d’invention. Restait en arrière-plan une question au sujet de chacun de ces mots- conte, histoire et même récit- à savoir , quelle errait la part de vérité dans chacun d’eux.

– … tous les écrivains sont des agents secrets.

-… car trouver un langage, trouver le langage, c’était , comme elle finirait par le comprendre, l’essentiel de l’écriture.

– … dans la vie des choses- oh! bien davantage que nous ne l’imaginons! – ne sauraient, en aucune façon, s’expliquer.

Note: 5/5
Gallimard, 2017, 141p.