ARNAUD DUDEK « On fait parfois des vagues »

Quatrième de couverture

Quelques jours après son dixième anniversaire, Nicolas apprend que son père – avec qui rien n’est simple, tant l’homme et le garçon paraissent différents – n’est pas son père biologique. Que faire alors du généreux donneur de gamètes? L’oublier? Le nier?

À 30 ans, Nicolas décide de partir à la recherche de son « bon génie » biologique malgré les obstacles administratifs qu’il s’attend à rencontrer.

Depuis ses premiers textes (« Rester Sage », Alma, 2012), presque tous les romans d’Arnaud Dudek tournent autour de la paternité, de l’identité, de la transmission. Il a trouvé, une fois encore, le ton juste pour raconter, à sa manière, une quête des origines à la fois intime et universelle et pose toutes ces questions qui intriguent – sans avoir la prétention d’y répondre: Qu’est-ce qu’un père? Que transmet-on? Comment se construit-on quand on se sent si différent du modèle à suivre?

L’auteur

Arnaud Dudek est né en 1979. Il habite et travaille à Paris. Après « Rester sage » (2012, « Les vérités provisoires »(2026) ou « Laisser des traces », il publie avec « On fait parfois des vagues » son septième roman.

Mon avis

Un père, dont on met les Caterpillar en cachette, un père solide, un roc qui rassure. Et un jour une annonce, un moment qui va bouger les lignes, un trémor … Le monde s’effondre, la vie en est bouleversée. Il ne reste que silence et tout ce qu’on ne se dit pas…

Sous les yeux du lecteur, l’existence qui se construit par petites touches, petits moments du quotidien. Une relation, celle d’un père et d’un fils. Et une recherche, une quête …

La paternité, filiation, la famille sont au centre du récit.

L’émotion monte et envahit dans les dernières pages. La vie comme les vagues qu’on rencontre…

Un très très beau roman. Une très très belle écriture. Un petit bijou.

Extraits

▪️Ma vie ressemble à une brise légère qui traverse des herbes hautes. p.15

▪️… derrière les lumières vives, il y a souvent une nuit cachée près d’un vieux mur fissuré. p.63

▪️Écrire: c’est ainsi que je pense trouver, d’une certaine façon ma place dans l’univers. p.72

▪️Si la certitude est un pays, l’esquive est un empire. p.130

▪️Tout ce qu’il faut savoir, c’est que tu me donnes depuis plusieurs mois des envies de balades au bout du monde,des envies d’alexandrins, des envies de rose thé. p.143

▪️On traverse la vie en faisant des vagues. Quelques vagues. De moins en moins de vagues.

Et à un moment.

Une vague.

Nous renverse. p.177

▪️… ta caresse à la douceur des promesses qu’on fait le matin à voix basse, des petits déjeuners en terrasse; des chemins de halage qui très vite conduisent au milieu d’un nulle part ensoleillé. p.185-186

Note: 5/5

Éditions Anne Carrière, 2020, 192 p.

(Épigraphe)

ANNE SERRE « Au cœur d’un été tout en or » [extraits]

▪️Je sais bien qu’on ignore tout de ses proches. Ou du moins, d’une grande part de ses proches qui peut vous rester dissimulée à la vie et qu’on découvre parfois soudain après leur mort dans les notes d’un agenda, un journal intime ou des lettres… p.14

▪️J’ai connu d’autres cas où deux existences ne purent jamais se mêler. Deux êtres avaient tout pour s’entendre, pour se comprendre, pour s’apporter l’un à l’autre ce qui manquait à l’un et à l’autre, or leurs trajectoires bifurquaient inexorablement et cependant toujours en s’effleurant, comme si, au fond, l’un n’était rien d’autre que le reflet de l’autre. p.20

▪️C’est ainsi que des êtres qui sont faits l’un pour l’autre, et peut-être trop précisément l’un pour l’autre, en sorte que leur ajustement les confondrait, peuvent ne jamais se croiser, même dans un périmètre grand comme un mouchoir de poche. p.22

▪️Car un bon écrivain à ceci de particulier, c’est même l’une de ses caractéristiques, qu’il ne commence jamais un roman de la même manière. p.28

▪️Tous mes souvenirs sont encombrés, recouverts ou remplis de mes lectures, aussi en suis-je arrivée à ne plus m’y fier tout en les chérissant puisque ce sont tout de même mes souvenirs. p.33

▪️Ça doit être gai, les romans italiens, comme les films italiens. J’imagine qu’il y a plein de détails dans les romans italiens, non? Moi j’aime bien quand un livre m’emmène complètement quelque part. Ça m’est arrivé avec celui de Gitta Gritti que vous m’avez passé l’autre fois. J’ai raté ma station de métro parce qu’elle était en train de raconter quelque chose dans un champ vert en plein été. Au bout il y avait ce village, et puis il y avait ce garçon qui me plaisait tellement, à l’ancienne, vraiment à l’ancienne, ça n’existe plus des gens comme ce garçon, avec des sentiments extraordinaires. p.48

▪️Les histoires doivent se mélanger, non? Ce n’est pas grave? Mais si, quand même! Si on vous interroge sur un livre, c’est quand même mieux que vous ne le mélangiez pas avec un autre ou alors on va penser que vous avez l’esprit confus. Et puis un livre, ça raconte une histoire et pas une autre. Moi, si j’en écrivais, comme vous, je n’aimerais pas du tout qu’on les confonde avec d’autres. p.48

▪️Dans les nouvelles, les romans, il y a souvent des chutes en forme d’explication qui permettent d’avaler une histoire et de bien la digérer. Dans la vie, parfois, il n’y en a pas. p.74

▪️… j’ai toujours ressenti les ruptures comme venant du ciel, comme décidées par le destin qui travaille avec acharnement à la tapisserie de votre vie. Et jusqu’ici, rien n’a démenti cette impression. p.74

▪️C’est ainsi que nous nous croisons sur terre, parfois avec cette impression de nous être déjà rencontrés — ce qui d’ailleurs suscite bien souvent des amitiés et des amours, surtout des amours — alors qu’il n’en est rien. Ou bien c’est que nous nous sommes rencontrés dans des sortes de plis du temps, comme si le temps pareil a une immense couverture recouvrant un gigantesque lit formait ici ou là des poches, des coudes, des tunnels obscurs où résident et subsistent mille de nos petites expériences et tous leurs objets. p.78

▪️Notre amitié s’était défaite comme se défont souvent les amitiés, sans cause précise, parce que nos chemins bifurquaient. p.79

▪️… mais un écrivain doit savoir exactement pourquoi il met le passé composé à tel endroit et le passé simple à tel autre […] peu importe si ce n’est pas conforme à l’usage […] mais aux yeux de l’auteur, cela doit avoir un sens, et même s’il ne peut vraiment l’expliquer, son intuition doit lui dir fermement que c’est le bon temps, que c’est celui-ci qui va et pas un autre. p.101

▪️… je me dis qu’au fond c’était ainsi que je devais écrire. Comme si je n’étais pas écrivain. Comme s’il n’y avait aucun enjeu professionnel dans le fait d’écrire et qu’il s’agissait seulement d’un jeu, d’une expérience amusante. p.131

Prix Goncourt de la nouvelle 2020

Anne Serre « Au cœur d’un été tout en or », Mercure de France , 2020, 144 p.

ARMANDE RAHAGA « Ne lui parle pas d’elle »

« On dit qu’on ne peut pas manquer de quelque chose

que l’on a pas connu. Pourtant l’amour manque toujours. »

Quatrième de couverture

Isolée dans son univers, Ann vit avec le fantôme d’Hélène, cette mère qu’elle n’a jamais connue. Il ne lui reste que quelques souvenirs effacés et des rêves palpables. Elle navigue entre ces sensations et y trouve souvent l’inspiration pour écrire.

Le jour où le doute s’installe autour de la mort de sa mère, elle se met en route à la recherche de son histoire.Les rencontres et les récits donnent à Hélène plusieurs visages. Égarée entre le réel et la fiction, Ann s’enfonce alors dans l’opacité de sa propre identité.

Déconcertant roman initiatique « Ne lui parle pas d’elle » embarque le lecteur dans une quête de la vérité, entre présences oniriques et secrets de famille. La plume d’Armande Rahaga trace des personnages criants d’authenticité et d’élan vital.

L’auteur

Née en 1991, Armande Rahaga réside dans le sud de la France, où elle a étudié les sciences du langage et de la communication. En 2019, elle remporte un prix pour une de ses nouvelles. Elle continue dans la voie littéraire en publiant ce premier roman plein de promesses.

Mon avis

Sa vie, c’est écrire. Elle a arrêté de vivre pour écrire. Et ce rêve d’écriture, elle veut le poursuivre, elle le lui a promis… D’elle, elle ne sait rien ou si peu. Qui est cette femme qui fut sa mère? Un mystère, une absence, un vide monstrueusement vaste et creux. Une feuille manuscrite virevolte dans un courant d’air… Un vertige, et c’est le début d’une quête, à la découverte du passé, à la recherche de son histoire.

Un livre sur les choix: les choix que l’on fait en croyant bien faire, les choix dont le poids est parfois trop lourd à porter, les choix que l’on fait par amour, les choix qui conditionnent la vie des autres, les choix qui bouleversent l’avenir, les choix qui deviennent silence et rendent à jamais inconsolable. Et puis les mauvaises rencontres, les vérités cachées, les mensonges et les non-dits. Et ces traces du passé qui hantent la vie et risquent de vous changer. La volonté d’écrire elle, demeure, plus forte que tout…

De belles pages sur la création littéraire…

Une très jolie écriture pour un beau premier roman. Une splendide découverte et une plume à suivre!

Extraits

▪️On dit qu’on ne peut pas manquer de quelque chose que l’on a pas connu. Pourtant l’amour manque toujours. p.53

▪️La violence d’un amour arraché et inconsolable manque à sa vie. Sans la folie et la souffrance de l’amour, elle a raté tellement de trains et de rencontres. Elle manque d’aimer. Elle a le cœur qui brûle. Tout ce qu’elle veut, c’est souffrir de l’amour et en mourir. p.53

▪️La vie n’apporte pas de belles choses, elle apporte le poids des événements, et chacun tente de jouer avec. Personne n’est épargné jamais. p.107

▪️Les non-dits et les tabous façonnent et dispersent parfois les familles. p.129

▪️La vie est imprévisible, mais c’est aussi une boucle qui se referme sur elle-même. La vie est comme un roman, et j’ai choisi d’arrêter de vivre pour écrire. p.168

▪️Écrire pour moi c’est vital, ce n’est pas seulement une façon de s’exprimer, c’est simplement vital. C’est douloureux, c’est angoissant, quelquefois, je me perds dans des endroits de mon esprit que je n’ai pas encore apprivoisés. p.169

▪️Tu es devant ta feuille blanche et tu écris, tu écris et tu décris les feuilles mortes aux couleurs orangées, un lieu imaginaire dans lequel tu n’avais pas prévu d’aller, et ton cœur de met à battre et tes doigts glissent sur le clavier jusqu’au moment où tu arrives en haut d’une montagne, tu as passé les bois sombres, les cailloux qui dégringolaient sous tes pieds et ralentissent ta marche sur les chemins pentus, tu es juste au sommet, au-dessus des nuages, et tu respires avant que l’air redevienne asphyxiant. C’est très court, et c’est intense. p.169

▪️Mais on souffre de ce qu’on ne connaît pas, et c’est peut-être la pire des douleurs qui existe. p.174

▪️Tu sais débuter un roman est l’une des choses les plus difficiles que j’ai eu à faire dans ma vie. La première phrase doit être un vol plané. L’omniscience. Tu es toute-puissante, tu vas créer et bouleverser des destins. Tu dois commencer par une atmosphère, un paysage, un regard qui annonce des événements à venir. Je n’ai jamais fait les choses comme on est censé les faire. J’ai souvent préféré commencer mon récit par l’entrée, directe et sans détour, dans la tête d’un personnage. Je n’ai aucune idée d’où l’action va se dérouler ou comment les événements vont modifier la vie des femmes et des hommes que je vais créer. Mais je connais parfaitement leurs visages et leurs démarches, avant même d’avoir commencé à écrire, j’entrevois leurs doutes, leurs buts et leurs forces. Ils accompagnent mes rêves et créent des souvenirs. Je sens que je perds le contrôle sur mes propres pensées et ils se mettent à envahir mon quotidien, si bien que je finis par voir à travers leurs yeux, je touche avec leurs mains, ils m’habitent à plusieurs quelquefois. Et quand j’écris enfin, je ne suis plus moi-même depuis longtemps. Je suis contrainte de vivre la vie réelle et leurs vies rêvées en même temps. Je me sens entre deux mondes, sans jamais réussir à faire le choix de l’un ou de l’autre. Il me faut pourtant choisir sans cesse entre le monde des vivants et ce qui me semble être celui des morts. L’imaginaire et le réel sont similaires à mes yeux. J’essaie tant bien que mal d’amarrer au bon endroit et au bon moment. p.232-233

Note: 4,5/5

180° éditions, 2020, 240 p.

CORINNE ERNAULT « La maison d’autres »

Quatrième de couverture

Quand Hugo, mystérieux intermittent du spectacle, pose ses valises dans le colombier de La Sauvageonne, maison d’hôtes provençale de Jeanne, le bel équilibre de celle-ci commence à s’effriter. Qui est cet homme qui fait resurgir l’histoire familiale? Bientôt, les secrets de Misia, la grand-mère fantasque et de Tania, la mère trop tôt disparue, sortent des tiroirs, dans un tourbillon de billets de banque oubliés. Les souvenirs et les regrets aussi. Pourquoi Hugo est-il venu? Jeanne va-t-elle sortir indemne de ce voyage dans ses souvenirs? En quelques jours, la vérité dévoilée va recolorer les clichés en noir et blanc du passé.

Mon avis

La Sauvageonne, une maison d’hôtes en Provence. Une maison que Jeanne a hérité de sa grand-mère, Misia. Une maison, et le passé qui bientôt refait surface avec ses secrets, ses non-dits. Peu à peu le puzzle se recompose, et la vérité surgit des tiroirs comme les billets de banque oubliés, un peu partout dans la maison. Et puis l’arrivée de Hugo, un homme mystérieux, un inconnu qui déposera ses valises dans le colombier encore en chantier…

Une très jolie lecture, sur les secrets, les vérités qu’on cache pour protéger, les drames de la vie, les histoires de famille, les destins qui bouleversent et ces silences plus bruyants que les mots … Des personnages très attachants, et une écriture poétique et maîtrisée. La Provence en toile de fond et une maison d’hôtes où l’on aimerait séjourner. Un coup de cœur…

Extraits

▪️Les histoires de famille, c’est parfois si douloureux qu’il vaut mieux entrer dans le passé avec les ballerines légères de la nostalgie plutôt qu’avec les gros godillots de la mélancolie.

▪️Qu’est-ce qu’un non-dit? Un silence coupable muré dans la perpétuité de la honte.

▪️Nous continuâmes à marcher sans but précis. Nos mots étaient le chemin à suivre. Nos arrêts étaient la ponctuation de cette conversation.

Note: 5/5 💙

Corinne Ernault, 212p.

MARION MCGUINNESS « LE TOUR DU MONDE DU BONHEUR »

Quatrième de couverture

Du Japon au Chili, de la Nouvelle-Zélande à la Scandinavie, partez à la découverte des secrets des gens heureux!

Dans toutes les langues et cultures du monde, des mots sont utilisés pour définir des concepts parfois complexes. En quelques syllabes, des arts de vivre, des visions du bonheur ou la façon d’y parvenir sont ainsi « décodés ». Derrière chaque mot, tout un univers de valeurs, d’histoires et de modes de vie jaillit.

Le bonheur ne se définit ainsi pas de la même façon au Danemark ou au Japon, et les valeurs clés pour être heureux ne sont pas les mêmes non plus. Chacun construit son bonheur à partir du contexte dans lequel il naît, mais aussi de son identité profonde. Mais ce qui reste universel, c’est notre quête du bonheur, sous toutes ses formes – et ses mots !

Cet ouvrage est une fenêtre ouverte sur le monde entier, sur différents regards et cultures. Découvrez 44 concepts, des plus connus (Hygge, Lagom, Ikigaï…) aux plus confidentiels, pour avoir une vision globale et bigarrée du bonheur. Composez votre propre recette en piochant ce qui vous « parle » le plus, ce qui résonne le plus en vous et vous aide à construire votre chemin du bonheur.

L’auteur

Spécialiste en développement personnel, Marion McGuinness est autrice, traductrice et lectrice en langue anglaise depuis plusieurs années. Elle est notamment la traductrice de « Livre du Hygge » et du « Livre du Lykke », de Meik Wiking , che First Éditions (2016 & 2017) et du « Petit Livre de l’Ikigaï » de Ken Mogi (Mazarine/Fayard, 2018)

Mon avis

Un voyage à la découverte de tous les bonheurs du monde.

Des mots, des citations, des photos, des portraits de chercheurs de bonheur et des curiosités pour décliner un bonheur multiple et varié.

Hygge, Hakuna Matata, Serendipity, Accords toltèques, Ikigaï, Ho’oponopono, Slow Life….

Arts de vivre, pratiques ancestrales, concepts culturels, théories modernes, croyances, philosophies…

Le bonheur est tantôt bruyant, tantôt silencieux; il se vit au milieu de la foule, ou seul dans la nature.

Mais le lien universel est cette quête du bonheur commune à tous…

Un livre merveilleux à la fois instructif et inspirant … À lire d’une traite ou à laisser traîner sur une table pour y picorer quelques moments de sérénité au hasard d’une page!

Une superbe idée de cadeau à l’approche des fêtes!

Extraits

▪️Serendipité. Rechercher quelque chose, trouver autre chose et réaliser que ce que vous avez trouvé convient mieux à vos besoins que ce que vous pensiez rechercher. Lawrence Block

▪️Le mot « ikigaï signifie littéralement « raison de vivre ( iki veut dire vivre et gaï, raison) c’ est cette force intérieure, immuable et puissante, qui nous pousse à avancer et nous lever chaque matin. p.89

▪️Le sentiment d’être à sa place , comme à la maison. La sensation d’être en sécurité, protégé du monde, et de pouvoir enfin baisser sa garde. Meik Wiking

▪️Sois reconnaissant envers les gens qui te rendent heureux. Ils sont les jardiniers qui font fleurir ton âme. Marcel Proust

▪️Le bonheur n’est pas un état « stable »: il est normal de ressentir des émotions différentes, aussi bien la joie que la tristesse, et surtout, le bonheur n’est pas posé quelque part immobile. Non, il faut vivre et bouger pour le ressentir – le bonheur est vivant, c’est une aventure. Il doit se « travailler »

▪️ »Lagom är bästl » Proverbe suédois signifiant « Le juste milieu, c’est ce qu’il y a de mieux!  »

Lien (vers la chronique du premier roman de Marion McGuinness):

https://abookisalwaysagoodidea.com/2019/07/09/marion-mcguinness-egarer-la-tristesse/

Éditions De Boeck Supérieur, 2019, 192 p.

ALEX RIVA « VOUS ALLEZ DIRE QUE ÇA NE ME REGARDE PAS »

Quatrième de couverture

Depuis le décès de Jeanne, son épouse, Pierre a fait du «Café Saint-Honoré» sa deuxième maison. Non content d’y observer les clients, ce psychiatre à la retraite aime prendre la liberté de leur apporter son assistance affective, comme il la qualifie, après les avoir abordés avec son habituel « vous allez dire que ça ne me regarde pas… ». Être à l’écoute, prodiguer des conseils, mettre des mots sur les maux, tel est son credo pour aider ceux qui retiennent son attention.Mais l’arrivée chez lui de sa petite-fille Léa, la rencontre avec Anna, une fausse inconnue, et la relation compliquée qu’il entretient avec Antoine, son fils cadet, vont mettre à mal son nouvel équilibre de vie.À force de se mêler de ce qui ne le regarde pas et de vouloir tout comprendre, Pierre va apprendre à ses dépens que la vie rattrape parfois ceux qui pensent bien la connaître… La découverte d’un carnet sera-t-elle la clé qui lui permettra de pousser les portes de sa propre histoire?

L’auteur

Alex Riva travaille à son compte dans le domaine de la communication. Elle aime analyser avec humour et lucidité les rapports entre les êtres humains. Après le succès de la trilogie « Les femmes formidables », ce quatrième roman amène le lecteur à se poser des questions essentielles pour éclairer sa propre vie.

Mon avis

Pierre, un psychiatre à la retraite fréquente le « Café Saint-Honoré ». Il est veuf et prodigue des conseils aux clients du café en commençant par cette petite phrase: « Je sais bien que ça ne me regarde pas ». « Une assistance affective » faite de bienveillance, d’écoute et de mots… En douceur, il aime aider ses semblables, que ce soit dans ce café parisien ou dans une association d’alphabétisation où il est bénévole.

Alors que sa petite-fille s’installe chez lui et mouvemente son quotidien, une découverte bouleversera sa vie et redessinera sa propre histoire. Des carnets…

Une histoire touchante, des personnages très attachants; dans leurs fragilités et leurs questionnements. Et des relations humaines faites de sentiments, d’émotions et de secrets.

Il y quelque chose de chaleureux et de bienveillant dans ce roman: un coup de coeur!

Extraits

▪️ »Pardonne-moi »

Pierre n’arrivait pas à détacher ses yeux de ces deux mots. Ces deux mots posés au bas de la lettre qu’il tenait entre ses mains. Désemparé et impuissant, il assistait à une réécriture de sa vie.

▪️On cherche tous à un moment ou un autre a réparer nos blessures du passé.

▪️Qui sait ce qui l’attendait? Mais vous allez me dire que ça ne nous regarde pas…

Note: 5/5

alexriva.fr, 2019, 312 p.

CLARISSE SABARD « LA VIE A PLUS D’IMAGINATION QUE NOUS »

Quatrième de couverture

Après sa récente rupture avec Clément, Léna redoute une nouvelle fois les vacances de Noël dans sa famille quelque peu agitée. Mais elle n’imaginait pas avoir affaire à un nouveau cataclysme! Cette fois, c’est son père qui fait des siennes: une semaine avant Noël, la voilà forcée d’aller le chercher à l’hôpital, car il a été ramassé ivre mort devant la grille du cimetière de Vallenot… Qu’est-ce qui lui a pris? Et pourquoi a-t-il rompu avec sa dernière conquête?

Et comme si cela ne suffisait pas, sa mère a décidé de la recaser avec Clément, Mamie Jacotte l’a inscrite en secret sur un site de rencontres et son oncle Xavier a invité un SDF pour les fêtes… Cette année encore, les vacances ne s’annoncent pas de tout repos.

Heureusement qu’il y aura la neige, le chocolat chaud, le marché de Noël et les traditionnelles décorations au programme!

«CLARISSE SABARD A LE POUVOIR D’ENFERMER LE LECTEUR DANS UNE BULLE DE BIEN-ÊTRE DONT ON A DU MAL À SORTIR.» Élodie, du blog « Au Chapitre »

L’auteur

Clarisse Sabard est née en 1984 dans une petite ville située en plein cœur du Berry. Après un bac littéraire, elle s’oriente vers le commerce. Un AVC la rattrape et elle décide de réaliser enfin son rêve: écrire. Passionnée de littérature et de voyages, elle vit aujourd’hui à Nice et se consacre à l’écriture.

Son premier roman « Les Lettres de Rose », a reçu le Prix du Livre Romantique 2016.

Elle est également l’auteure de « La Plage de la mariée », du « Jardin de l’oubli », de « Ceux qui voulaient voir la mer », ainsi que d’une première comédie de Noël, « La Vie est belle et drôle à la fois ».

Mon avis

« Les mots sont délicats à poser sur des blessures, et il arrive parfois qu’au lieu de les cicatriser, ils les rouvrent. »Quand elle rentre passer les vacances de Noël en famille, Léna ne s’imagine pas que celles-ci seront aussi mouvementées et agitées. Séparée depuis quelques mois de son amoureux, Clément, elle souffre encore de cette rupture. Et son père, dont l’existence est jalonnée de coups de théâtre, la préoccupe énormément… De rebondissement en rebondissement, de secret de famille en secret de famille, d’émotions en émotions, elle vivra une folle semaine auprès des siens et apprendra à laisser ses certitudes de côté. Un Noël plein de surprises et de révélations… Un livre qui réchauffe le cœur comme les fêtes de Noel réchauffent le coeur. La neige , le chocolat chaud , un sapin qu’on décore…, une famille… Une famille ses blessures et ses chagrins, ses secrets, ses révélations, ses problèmes… Des personnages bienveillants auxquels on s’attache. Un agréable moment de lecture.

Extraits

▪️Il n’y a rien de plus trompeur que les souvenirs. S’ils surviennent avec une apparence doucereuse, des centaines de griffes acérées se cachent sous leur surface. Elles sont là pour nous lacérer lentement le cœur en nous rappelant qu’il ne tenait qu’à nous de savourer ces instants à la beauté si parfaite.

▪️… même sous les nuages les plus sombres réside la lumière. Après les drames, il renaît toujours quelque chose de plus fort. L’espoir, l’amour, la vie dans toute sa splendeur.

▪️ La vie est un intarissable nid à emmerdes. Mais que veux-tu! Une fois qu’on est mère, c’est à vie.

▪️La vie a quand même un sens de l’humour parti- culier. Elle devrait s’écrire au crayon de papier pour qu’on puisse en gommer tous les ratés, ce serait bien moins compliqué.

▪️Les mots sont délicats à poser sur des blessures, et il arrive parfois qu’au lieu de les cicatriser, ils les rouvrent.

▪️La poésie, Catherine, ce n’est rien d’autre que des mots que l’on pose pour apaiser un peu le vacarme quand la vie devient trop facétieuse.

▪️Les blessures ont deux pouvoirs : nous détruire ou nous construire. C’est nous qui choisissons de les apprivoiser ou non. Même si cela ne se fait pas en un jour.

▪️À cet instant, je sais que la vie peut devenir une joie, si c’est ce que l’on décide d’en faire. Une joie contagieuse, une joie qui se donne, entière. Une joie dessinée par des cœurs bienveillants. Parce qu’au- delà des peines et des douleurs, la vie est belle et drôle à la fois.

Note: 5/5

Éditions Charleston, 2019, 304 p.